Chronique de Obscure17 (Xsilence)
Posté le 07/07/2009
Après une trilogie aussi noire que Seventeen Seconds / Faith / Pornography, il était assez improbable que les Cure livrent une oeuvre encore plus sombre que celles-ci. Le taux de suicide s'en serait largement ressenti. Ainsi, il mes semble que changer (quasi)radicalement de registre a été la meilleure solution qui se présentait à eux, quitte à prendre le risque de perdre un public pour en gagner un autre certes moins averti mais plus large.
Cet album dépasse de beaucoup le stade de compilation de singles et de faces B. Il constitue, je pense, une transition entre ce qu'avait été la trilogie glaciale et ce que sera l'âge d'or commercial de The Cure. Il est dans un certain sens, à mon avis, un moyen pour Robert Smith de faire un pied de nez à tous ceux qui l'avaient déjà adoubé comme le nouveau Ian Curtis.
Le commencement de la renaissance de The Cure prend la forme de singles : l'insensé et coloré (tout comme son clip) "Let's Go To Bed" : phrases décousues mises les unes à la suite des autres rythme régulier, air facile et entêtant. "The Lovecats", hommage jazzy et minaudant aux Aristochats, certainement une des réponses les plus fréquentes à la question : "Tu connais The Cure ?". "The Walk", promenade étourdie et ludique, présentant un vieil air de famille avec "Blue Monday" de New Order. Ces trois singles montrent bien la capacité de Robert Smith à se réinventer et son désir acharné à en finir avec The Cure-le-ténébreux pour presque basculer dans l'autodérision.
Cependant, malgré la bonne humeur et l'atmosphère psychédélique émanant de la majorité de l'album, deux morceaux se permettent de faire bande à part et pourraient presque faire réveiller en l'auditeur les vieilles pulsions de pendaison de Faith (réveiller seulement...) : "Lament", petit conte morbide relatant l'histoire d'une noyade, au riff de guitare lancinant ; et "Just One Kiss", invocation d'un univers décrépissant que seul l'amour pourrait sauver. Ils ajoutent deux taches obscures dans cette ode au renouveau qui comporte par ailleurs tout le lexique récurrent jalonnant toute la discographie de The Cure : aimer, mourir, mort, oeil, froid, nuit... Et bien sûr le plus important de tous : je.
Cet album dépasse de beaucoup le stade de compilation de singles et de faces B. Il constitue, je pense, une transition entre ce qu'avait été la trilogie glaciale et ce que sera l'âge d'or commercial de The Cure. Il est dans un certain sens, à mon avis, un moyen pour Robert Smith de faire un pied de nez à tous ceux qui l'avaient déjà adoubé comme le nouveau Ian Curtis.
Le commencement de la renaissance de The Cure prend la forme de singles : l'insensé et coloré (tout comme son clip) "Let's Go To Bed" : phrases décousues mises les unes à la suite des autres rythme régulier, air facile et entêtant. "The Lovecats", hommage jazzy et minaudant aux Aristochats, certainement une des réponses les plus fréquentes à la question : "Tu connais The Cure ?". "The Walk", promenade étourdie et ludique, présentant un vieil air de famille avec "Blue Monday" de New Order. Ces trois singles montrent bien la capacité de Robert Smith à se réinventer et son désir acharné à en finir avec The Cure-le-ténébreux pour presque basculer dans l'autodérision.
Cependant, malgré la bonne humeur et l'atmosphère psychédélique émanant de la majorité de l'album, deux morceaux se permettent de faire bande à part et pourraient presque faire réveiller en l'auditeur les vieilles pulsions de pendaison de Faith (réveiller seulement...) : "Lament", petit conte morbide relatant l'histoire d'une noyade, au riff de guitare lancinant ; et "Just One Kiss", invocation d'un univers décrépissant que seul l'amour pourrait sauver. Ils ajoutent deux taches obscures dans cette ode au renouveau qui comporte par ailleurs tout le lexique récurrent jalonnant toute la discographie de The Cure : aimer, mourir, mort, oeil, froid, nuit... Et bien sûr le plus important de tous : je.