Faith

Faith

The Cure

18 / 20 1981 Fiction Album / CD  Vinyle  K7 Audio

Chronique de Obscure17 (Xsilence) 20 / 20

Posté le 11/12/2008
Bien qu'on l'ait souvent qualifié d'album mal-aimé, renié voire rejeté, c'est très certainement l'album de The Cure que je préfère. Il a en effet, contrairement à ce que certains peuvent croire su garder et imposer sa couleur. Si Seventeen Seconds entrait peu à peu à l'âge adulte, il restait encore bien naïf à côté de ce qu'allait être Pornography plus tard. Ce second album de Cure est encore blanc, un blanc s'orientant vers le gris pour Faith et enfin vers un noir aigre et bilieux pour Pornography (album beaucoup plus reconnu que Faith). Quelqu'un d'inexpérimenté et inhabitué à ce genre de son jugerait Faith comme mortellement ennuyeux et insipide. Il est vrai que ce n'est pas un album très facile d'écoute et qu'il peut sembler répétitif mais lorsqu'on prête une oreille attentive aux textes et à la mélodie parfois vaporeuse ("The Funeral Party"), parfois mystique ("The Holy Hour") à l'occasion entraînante ("Primary"), on ne peut qu'être séduit par le râle enfantin de Robert Smith, de ce son désespéré et de ses textes élégiaques. Cet album a d'ailleurs reçue une influence directe d'un genre de littérature appelé "fantasy gothique" dans la chanson "The Drowning Man" titre en effet inspiré du deuxième tome de la trilogie de Gormenghast par Mervin Peake.
Si le texte peut avoir, comme ici, de l'importance, sur d'autres titres, il en a beaucoup moins comme dans "All Cats Are Grey" où il n'y a que fort peu de texte qui se fonde dans la masse de son.
Cet album a également subi une très grande influence religieuse, pour l'histoire, Lol Tolhurst venait de perdre sa mère et Robert Smith sa grand-mère, ce qui leur a valu une sérieuse remise en question qui s'est traduite par une véritable plainte funèbre ; un titre comme "The Funeral Party" nappé de synthés, prend alors toute sa signification.
Mais l'album tout entier véritable remise en question de la foi, ne saurait se trouver mieux résumé que dans son dernier titre, éponyme, et plus précisément dans sa dernière phrase : "I went away alone with nothing left but faith..." C'est, je trouve, une très belle conclusion à ce que j'appellerais le passage de la douleur calme et plaintive à la détresse désespérée et d'une rare violence régnant dans Pornography.

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