Seventh Tree

Seventh Tree

Goldfrapp

14 / 20 2008 Mute Album / CD  Vinyle

Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 10/03/2008

Encensé à la sortie de son premier album, Felt Mountain, en 2001, le duo britannique Goldfrapp a quelque peu désarçonné ses tout premiers fans avec ses deux opus subséquents, Black Cherry en 2003 et Supernature en 2005, qui, bien qu'excellents, témoignaient d'un changement de direction musicale assez improbable, le groupe osant le grand écart entre de subtiles plages aériennes et les rythmes grassouillets voire putassiers de la disco, au point d'être choisi pour illustrer un spot publicitaire pour un parfum Armani... Que ces thuriféraires de la première heure qui ont pu se désintéresser depuis lors des aventures d'Alison Goldfrapp et Will Gregory, tendent à nouveau l'oreille : Goldfrapp revient en force dans un genre proche de ses premières amours.

Car, visiblement attiré de nouveau par la préciosité et les mélodies cristallines, Goldfrapp a en effet décidé d'opérer une forme de retour en arrière assez spectaculaire avec ce nouvel et quatrième album, Seventh Tree, dont la pochette, sublime, parvient à traduire en une seule image toute la sensualité qui s'en dégage. On connaissait Alison Goldfrapp, sexy icône glam-chic et décadente ("Strict Machine", sur Black Cherry), prompte à montrer sa petite culotte malgré un âge relativement mûr, on la découvre douce et tendre ("Road to Somewhere"), au charme presque campagnard et suranné ("Eat Yourself"), à la voix en tout cas toujours aussi érotisante ("Clowns", en ouverture), pour ne pas dire autre chose.

Sans renier les machines et les rythmes électroniques ("Little Bird"), Goldfrapp se veut aujourd'hui plus classique, sans sombrer dans le classicisme, en optant pour le piano et les cordes ("Some People"), plus pop également ("A&E", "Caravan Girl"), quitte parfois à flirter dangereusement avec la FM kitsch ("Happiness"). Album lumineux et particulièrement chaleureux, invitation à batifoler dans les hautes herbes, ce Seventh Tree pourrait donc bien réconcilier Goldfrapp avec ses premiers fans et, pourquoi pas, lui permettre de conserver ses adorateurs plus récents, même si la transition avec l'album précédent s'avère quelque peu brutale lorsque l'on ne s'y attend pas. Cet album envoûtant témoigne en tout état de cause de la vitalité de ce groupe toujours aussi mystérieux et de plus en plus incontournable.


Chronique de Jekyll (Xsilence) 11 / 20

Posté le 29/05/2008
Au premier abord, Seventh Tree a tout pour affoler. Présenté comme un retour aux (bonnes) sources chaudes de Felt Mountain après un retournement de veste disco-dance pour le moins moribond, on pouvait légitimement se demander si la magie pourrait de nouveau opérer... Car combien sont-ils, ces groupes qui, après un dérapage (in)contrôlé, ont recherché de nouveau et en vain la virginité des premiers moments ? Hum.

Eh bien, soyons francs, ce n'est pas ce nouveau Goldfrapp qui va faire évoluer cette triste statistique. Pourtant, on croit d'abord au miracle, "Clowns" parvenant en quelques arpèges et cordes somptueux à défaire ses compositeurs du vêtement des charmants personnages sus-nommés, empruntés le temps des abominables Black Cherry et autre Supernature. Beurk.
Joie de courte durée puisque le duo se perd ensuite dans des chansons convenues, qui sans être franchement mauvaises laissent un grand sentiment de vide... Arrangements fadasses, rhytmiques éculées, ça sent le pâté.

Mais on se reprend à rêver en milieu d'album avec "Eat Yourself", folk-pop dépouillé et bucolique, où la diva Alison retrouve de cette grâce perdue qui faisait merveille sur le premier opus. La suite, sans être du même acabit, est somme toute sympathique, et c'est finalement une surprise : on ne se mouille pas, c'est mignon tout plein, ça glisse dans la tête comme une jolie pensée... Mais c'est tout. C'est là tout l'attrait de ce nouveau virage pris par le duo, mais aussi sa principale limite : ça passe par une oreille, et ça ressort par l'autre.
Beau de loin (on réécoute parce que certaines ambiances et mélodies sont aguicheuses) mais loin d'être beau (parce que finalement facile et sans surprise), voilà en fait ce qu'on pourrait dire de ce Seventh Tree, pour résumer.

La meilleure preuve en est certainement ce "A&E", qui touche de très près la variétoche, mais qui parvient à séduire on ne sait comment...
Bizarrement, c'est presque le meilleur morceau de l'album, mises à part les deux perles folk déjà citées !
Alors, si ce quatrième album peut quelque peu rassurer les fans de Felt Mountain sur la forme (c'est frais, léger) le fond est tout de même plus proche de La Petite Maison Dans La Prairie que du Déjeuner Sur l'Herbe. A bon entendeur...

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