Parades

Parades

Efterklang

19 / 20 2007 Leaf Album / CD  Vinyle

Chronique de TiComo La Fuera (Xsilence) 19 / 20

Posté le 15/10/2007
On n'aura même pas eu le temps de se remettre de la splendeur de Under Giant Trees qu'Efterklang récidive. Toujours à travers une espèce de chaos musical minimaliste, ils continuent leur procession initiatique. L'air est un peu plus lourd, l'entreprise plus corsée puisqu'ils ont rallongé leur temps de parole. Vingt minutes supplémentaires pour nous enrôler dans leur sainte croisade mais aussi pour changer un peu la donne sur Parades. Principale évolution, l'envie de mettre des mots sur chacun des morceaux comme s'ils ne parlaient pas assez d'eux-mêmes. Les danois passent à l'offensive dès "Polygyne" très torturé et agité et ne se contentent plus d'être les acteurs de leur musique. Des roulements de tambours véhéments ont remplacé la douceur des arrangements d'antan et guident maintenant les musiciens sur leur chemin de croix notamment sur "Mirador" dressé en prévision d'avenirs incertains. Cuivres et cordes sont rentrés dans les rangs et laissent champ libre aux chœurs menés par la baguette de Casper Clausen qui se propagent sans plus aucune retenue. Airs réfractaires, militaires ou prophétiques à vous de le dire selon votre tempérament, le leur ou encore la ferveur qui se dégage de leur repaire inébranlable. Le meilleur exemple est sans doute "Frida Found A Friend" clé de voûte de ce nouveau volet qui laisse place à toutes ces interrogations avant que ne s'érige "Maison De Réflexion" tout aussi époustouflante croisant tambours battants et chants célestes. Au final on ressort une nouvelle fois étourdi par l'esthétisme d'Efterklang sur ce Parades qui s'ouvre en véritable défilé d'humeurs complexes et se referme sans que l'on ait pu en extraire tous les secrets. Le mystère réside. Le succès également...

Chronique de Simon (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 11/12/2007

Découvert avec bonheur il y a de cela trois ans, le collectif danois ne cesse d’étonner. Avec un album de la trempe de Tripper, album d’electronica chantée flamboyant et intimiste, il ne faisait aucun doute que la suite se ferait attendre avec une toute grande impatience. Réjouissez-vous donc car Efterklang n’a rien perdu de sa superbe au cours de cet exode que l’on souhaitait plus court, et revient frapper à la porte dans le plus grand fracas, ou plutôt avec la plus grande douceur.

Là où Tripper se voulait comme un album d’electronica bercée dans un bain organique, Parades inverse la donne et place en arrière-plan la matière digitale, comme pour mieux évoquer sa science du rêve. Dès les premières poussées de « Polygyne », Efterklang vous ouvre les portes d’un monde hors du temps, visiblement lointain, grâce à ses bleeps syncopés et ses chœurs d’outre-tombe. Faits de fanfares vocales libertines, les échos vont et viennent sans crier gare, se chevauchant sans jamais perdre en luminosité au travers de leurs tournoiements incessants. Une fois dans l’enceinte de cette ville fantomatique, les plans les plus fous se mettent à danser de manière enfantine et carillonnante, alternant avec cohérence les poésies chantées et les envolées organiques débordantes de mélancolie

Une bande son qui s’intègrerait à merveille aux longs métrages d’un certain Tim Burton, cachant en permanence une tristesse évidente dans des recoins obscurs, préférant montrer un visage d’enfant pour mieux se protéger. Finalement, on se retrouve assez vite dans les recoins de cette fresque multidimensionnelle, le temps pour nous de prendre préalablement nos marques au cœur de ces paysages clairs-obscurs. Une histoire de contraste en somme, qui évolue en une autarcie toute hermétique au monde extérieur. Du contraste entre l’organique et le digital aux murmures à peine soufflés, Efterklang trouve sans arrêt cette profondeur de champ exquise qui n’a de cesse de ravir l’auditeur attentif.

Pas de doute, les Danois ont trouvé avec Parades une nouvelle forme d’expression qui leur va à ravir, consacrant par là-même leur talent sans bornes. Inutile d’en dire plus, le mieux reste d’écouter, de se laisser bercer avec innocence par les volutes délicieuses proposées par ce disque charmeur. Grandement recommandé.


Retour à l'accueil