Loveheart

Loveheart

Merz

18 / 20 2006 Grönland Album / CD

Chronique de Pascha (Xsilence) 18 / 20

Posté le 13/07/2009
Changement d'atmosphère, changement de latitude. Après presque sept ans et peut-être sept mers, lassé des probables sirènes a-t-on dit d'un bon succès de son premier album electro et très exotique, le globe-trotter Merz réapparaît sur un port septentrional. Le virevoltant papillon orange est désormais lointain, et à moins qu'il s'agisse d'une métaphore, Conrad Lambert lui rend peut-être hommage depuis ce qui semble être une réminicence avec "Butterfly", l'un des morceaux les plus sereins de Loveheart. Mais autour ne subsiste plus qu'une mélancolie humide, froide, avec un ciel nocturne où quelques étoiles tout aussi lointaines scintillent au travers d'une brêche nuageuse mais restent muettes. Ici, notre solitaire laisse aller voguer ses complaintes, voiles repliées, sur des flots au milieu des brumes, par des notes humides d'un piano sur "Postcard From A Dark Star", la féerie "Verily" ou bien sur "The Leaving Song" chaloupé avec douceur. Et on ne s'éloigne jamais du climat marin comme on l'entend sur la belle ballade folk "My Name Is Sad And At Sea" ou même l'ondoyant parmis d'autres, "Loveheart". Une mer calme, une brume diurne et un ciel aux étoiles d'une brillance glaciale sont les écrins des songes sentimentaux que Merz partage avec l'auditeur dans d'intimes perles noires folk, poétiques et musicalement venues comme d'une autre époque, loin des beats et des samples qui finissent par être suffocants.

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