Chronique de EmixaM (Xsilence)
Posté le 01/04/2014
Kraftwerk, une fois le succès des années 70 passées (jusqu'en 1982), devient une formation de musique électronique pop comme les autres. En effet, ils ont pu défricher le genre dans les années 1970, ils ont maintenant de nombreux concurrents ; OMD, The Human League, Depeche Mode, New Order...
Electric Café est le dernier vrai album de Kraftwerk dans la mesure ou c'est le dernier enregistré avec Karl Bartos et Wolfgang Flûr (même si celui-ci n'a pas vraiment participé a cet album). En effet, la conception de ce disque est obscur ; après le succès mondial de Computer World en 1981, Kraftwerk temporise et annonce la sortie d'un album pour 1983 ; Techno Pop. Les enregistrements de cette époque ne plaisaient pas à Ralf Hûtter qui a voulu tout recommencer. Le seul morceau restant de cette session est "Tour De France" qui sort alors en single la même année (1983). Un autre problème a empêché la production de l'album. En effet, Ralf et Florian étant devenus adepte du cyclisme vers 1982, ceux-ci ont préféré faire du vélo plutôt que de la musique et en 1983 d'ailleurs, Ralf a connu un gros accident de vélo (au point de tomber dans le coma). Au final, c'est Karl Bartos qui s'est occupé de fignoler presque tout l'album (Hûtter étant sans doute en réparation - c'est un robot, ne l'oublions pas), ce qui explique sans doute pourquoi il n'y a que 6 morceaux et que c'est Bartos qui chante sur "The Telephone Call".
L'album s'ouvre donc sur "Boing Boom Tschak", morceau assez amusant car construit uniquement sur les onomatopées "boing", "boom" et "tschak" justement. Le reste du morceau est accompagné d'un très léger synthétiseur que l'on entend rapidement et seulement a deux reprises. "Techno Pop" s'enchaine directement a la suite. Ici, on entend distinctement un morceau assez rythmique et instrumental ponctué de quelques phrases au vocoder dans différentes langues (anglais, espagnol et allemand) qui expliquent que la musique ne s'arrêtera jamais.
"Musique Non Stop", effectivement, est un morceau minimaliste construit sur une mélodie de speech synthesis (voix de femme/d'homme crée sur ordinateur) et d'une rythmique très puissante faite a la boite a rythme TR-808 (Karl Bartos était le percussionniste du groupe, rappelons le). Le morceau reste d'ailleurs en tête et on se surprend plus tard a chanter la phrase musicale de speech synthesis. Cette première partie de l'album est donc instrumentale, très rythmique et forme un tout. L'autre partie rappelle ce que Kraftwerk a déjà fait dans le passé, notamment avec " The Telephone Call " qui peut rappeler la thématique de la communication déjà présente sur Computer World.
"Telephone" est donc un morceau sympathique basé sur une phrase mélodique joué au violon (pardon, au synthétiseur) et des sons d'opératrices téléphoniques (on sent que l'Emulator est passé par là (Emulator → premier synthé-sampler du monde)).
"Sex Object" est un drôle de morceau pour Kraftwerk. En effet, mis a part "The Model" dans l'album The Man-Machine, Kraftwerk n'a jamais parlé d'amour ou de sexe dans leurs chansons, ce qui est assez cocasse (encore plus aujourd'hui car Ralf Hûtter agé de 67 ans le chante en live lors des rétrospectives The Katalogue). Ce morceau est rigolo car il utilise des basses MIDI crées sur synthétiseur ainsi que les même violons que sur "Telephone", le morceau a donc pris un peu d'âge depuis 1986...
L'album se termine par "Electric Cafe", un morceau qui sent le bâclé de la part de Kraftwerk. Bien que Ralf chante en français, cela ne sert pas à nous amadouer car il parle de "l'art politique/l'âge atomique", tout ça sur (une fois de plus) une mélodie sur des synthés violons et du speech synthesis.
Pour conclure, cet album de Kraftwerk est assez mitigé pour les fans. Il sent le bâclé pour certains mais pour d'autres (comme moi) c'est un chef-d'oeuvre de minimalisme (et c'est personnellement mon album préféré de Kraftwerk avec Trans-Europe Express). Ce n'est pas pour autant que cet album est oublié par le groupe ; depuis 1990, un medley de la première partie de l'album ("Boing Boom Tschak"/"Techno Pop"/ "Musique Non Stop") clôture chacun de leur concert, avec de la part de chacun des membres un magnifique solo de leur instrument.
Electric Café est le dernier vrai album de Kraftwerk dans la mesure ou c'est le dernier enregistré avec Karl Bartos et Wolfgang Flûr (même si celui-ci n'a pas vraiment participé a cet album). En effet, la conception de ce disque est obscur ; après le succès mondial de Computer World en 1981, Kraftwerk temporise et annonce la sortie d'un album pour 1983 ; Techno Pop. Les enregistrements de cette époque ne plaisaient pas à Ralf Hûtter qui a voulu tout recommencer. Le seul morceau restant de cette session est "Tour De France" qui sort alors en single la même année (1983). Un autre problème a empêché la production de l'album. En effet, Ralf et Florian étant devenus adepte du cyclisme vers 1982, ceux-ci ont préféré faire du vélo plutôt que de la musique et en 1983 d'ailleurs, Ralf a connu un gros accident de vélo (au point de tomber dans le coma). Au final, c'est Karl Bartos qui s'est occupé de fignoler presque tout l'album (Hûtter étant sans doute en réparation - c'est un robot, ne l'oublions pas), ce qui explique sans doute pourquoi il n'y a que 6 morceaux et que c'est Bartos qui chante sur "The Telephone Call".
L'album s'ouvre donc sur "Boing Boom Tschak", morceau assez amusant car construit uniquement sur les onomatopées "boing", "boom" et "tschak" justement. Le reste du morceau est accompagné d'un très léger synthétiseur que l'on entend rapidement et seulement a deux reprises. "Techno Pop" s'enchaine directement a la suite. Ici, on entend distinctement un morceau assez rythmique et instrumental ponctué de quelques phrases au vocoder dans différentes langues (anglais, espagnol et allemand) qui expliquent que la musique ne s'arrêtera jamais.
"Musique Non Stop", effectivement, est un morceau minimaliste construit sur une mélodie de speech synthesis (voix de femme/d'homme crée sur ordinateur) et d'une rythmique très puissante faite a la boite a rythme TR-808 (Karl Bartos était le percussionniste du groupe, rappelons le). Le morceau reste d'ailleurs en tête et on se surprend plus tard a chanter la phrase musicale de speech synthesis. Cette première partie de l'album est donc instrumentale, très rythmique et forme un tout. L'autre partie rappelle ce que Kraftwerk a déjà fait dans le passé, notamment avec " The Telephone Call " qui peut rappeler la thématique de la communication déjà présente sur Computer World.
"Telephone" est donc un morceau sympathique basé sur une phrase mélodique joué au violon (pardon, au synthétiseur) et des sons d'opératrices téléphoniques (on sent que l'Emulator est passé par là (Emulator → premier synthé-sampler du monde)).
"Sex Object" est un drôle de morceau pour Kraftwerk. En effet, mis a part "The Model" dans l'album The Man-Machine, Kraftwerk n'a jamais parlé d'amour ou de sexe dans leurs chansons, ce qui est assez cocasse (encore plus aujourd'hui car Ralf Hûtter agé de 67 ans le chante en live lors des rétrospectives The Katalogue). Ce morceau est rigolo car il utilise des basses MIDI crées sur synthétiseur ainsi que les même violons que sur "Telephone", le morceau a donc pris un peu d'âge depuis 1986...
L'album se termine par "Electric Cafe", un morceau qui sent le bâclé de la part de Kraftwerk. Bien que Ralf chante en français, cela ne sert pas à nous amadouer car il parle de "l'art politique/l'âge atomique", tout ça sur (une fois de plus) une mélodie sur des synthés violons et du speech synthesis.
Pour conclure, cet album de Kraftwerk est assez mitigé pour les fans. Il sent le bâclé pour certains mais pour d'autres (comme moi) c'est un chef-d'oeuvre de minimalisme (et c'est personnellement mon album préféré de Kraftwerk avec Trans-Europe Express). Ce n'est pas pour autant que cet album est oublié par le groupe ; depuis 1990, un medley de la première partie de l'album ("Boing Boom Tschak"/"Techno Pop"/ "Musique Non Stop") clôture chacun de leur concert, avec de la part de chacun des membres un magnifique solo de leur instrument.