Ghost Days

Ghost Days

Syd Matters

17 / 20 2008 Because Music Album / CD  Vinyle

Chronique de Nicolas (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 16/02/2008

Portant à jamais l’étiquette CQFD en raison de sa victoire lors de la première édition du concours du même nom, Jonathan Morali aka Syd Matters n’a pas chômé depuis lors avec pas moins de trois albums et une bande originale de film (La Condition Humaine de Nicolas Klotz) en cinq ans. Aujourd’hui, il nous revient donc avec Ghost Days, un album qui résulte d’un véritable travail de groupe.

Au regard des différents faits d’armes de Syd Matters, ce dernier reste pourtant, à nos yeux, celui qui dressa le meilleur portrait des "American Girls" ("To All Of You") ainsi que d’autres rêveries embuées pour post-adolescents, sur Someday We Will Foresee Obstacles. Si Syd Matters revient aujourd’hui aux choses simples du quotidien avec le récent Ghost Days, il faut bien reconnaître qu’il n’atteint jamais la même constance, malgré un "Everything Else" dans la lignée des productions précédentes. Bien sûr, quelques éclaircies ("My Lover’s On The Pier", "Me And My Horses", "I'll Jackson",…) viennent fendre la grisaille mais, à d’autres moments, on frôle l’anecdotique en terme de pop-folk psychédélique. Ainsi, Syd Matters a beau revendiquer l’héritage des Pink Floyd, Nick Drake et Robert Wyatt, on sent que le costume est un rien trop grand pour le bonhomme. Dès lors qu’il tend vers la simplicité et la limpidité des structures, Jonathan Morali approche également l’insipidité. On en arrive même à regretter les imperfections et autres moments un rien "cliché" des précédents opus. Car même si le songwriting de Syd Matters lui permet de se sauver d’un mauvais pas, tout porte à croire que Jonathan Morali se trouve aujourd’hui aux commandes d’un vaisseau fantôme. Autrement dit, on ne perçoit guère la direction prise aujourd’hui par le groupe, on espère juste qu’il évitera un naufrage. Mais pour ce faire, il faudra qu’il sorte de ce brouillard persistant.


Chronique de José Bové (Xsilence) 16 / 20

Posté le 05/05/2008
C'est par hasard, en déambulant dans les rayons d'un disquaire, le coeur emprunt d'une mélancolie omniprésente (je suis triste depuis ma naissance), avec le désir d'élargir mes goûts musicaux jusque ici tournés vers le rock progressif de Porcupine Tree ou la pop nostalgique des Girls In Hawaii, que je me suis retrouvé face à une pochette d'album saisissante: à la fois très dépouilléé et en même temps très étrange. Dessus on devine la silhouette malingre d'un centaure sur un fond gris assombrit par le feuillage d'arbres...

Intrigué je m'empare du cd, et enchaine l'écoute des extraits de 30 secondes des 14 titres de l'album sur une borne. Honnêtement, après la première écoute je ne suis pas vraiment emballé: pas de refrains accrocheurs, des arpèges travaillés mais pas assez mélodiques à mon goût, et surtout une voix monocorde du début à la fin. Pourtant,la pochette me plaît: j'achète l'album. En plus,le groupe est francais et la pauvreté actuelle du paysage musical français a suffit à me persuader de faire l'achat peu onéreux du disque d'un groupe qui à défaut de vraiment m'emballer à au moins le mérite de sortir des sentiers battus.
Une fois chez moi j'écoute le cd. Et là,je me prends une claque en pleine figure dès le premier morceau: "Everything Else", quelle ouverture magnifique! Les deux morceaux suivants me paraissent plus durs d'accès mais je replonge dans une nostalgie vivace grâce au titre "It's A Nickname" dont le final est époustouflant d'émotion: de subtils arpèges grattés sur les deux dernières cordes aux alentours de la douzième case, et par dessus un choeur de voix haut perchées qui chantent une triste complainte qui s'éloigne de nous peu à peu... Parmi les autres perles de Ghost Days, il y a aussi "My Lover's On The Pieer", "Cloudflakes"(avec une voix à vous donner des frissons), "After All These Years", et "Big Moon" (dont le final semble constituer la réponse parfaite à celui de "It's A Nickname" tant la mélodie et l'émotion sont intenses ici aussi).

Depuis je ne cesse de redécouvrir ce cd unique en son genre, les deux précédents du groupe me paraissant un peu moins convaincants bien qu'ayant leur cortèges de perles mélodiques également.Un album qui chante la nostalgie avec brio!

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