Close To Paradise

Close To Paradise

Patrick Watson

18 / 20 2006 Secret City Album / CD  Vinyle

Chronique de Nicolas (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 17/09/2007

Pour ceux qui ne s’étaient pas arrêtés sur le Just Another Ordinary Day (dont la sortie au Canada remonte à 2003) de Patrick Watson, il ne s’agit pas là de l’œuvre d’un musicien isolé mais plutôt celle d’un groupe qui, n’ayant su se mettre d’accord sur un nom, prit tout simplement celui de son leader. Mais d’indécision, il n’en est plus du tout question quand il s’agit d’aborder la pop cinématique du quatuor montréalais tant ce dernier semble maîtriser son sujet. De retour avec Close To Paradise, Patrick Watson n’a donc rien perdu de sa superbe, que du contraire même…

Alors qu’il cite Satie ou Debussy parmi ses influences majeures, Patrick Watson demeure avant tout un pianiste hors pair ("Drifters"). Mais ce n’est pas tout, il combine à cela une voix cristalline qui lui vaut d’être comparé à un certain Jeff Buckley ou encore à Rufus Wainwright. Toutefois, ce serait une erreur que de ne pas saluer le travail des trois autres membres du groupe qui, à la guitare, à la basse ou encore à la batterie, donnent une réelle ampleur aux compositions ("Giver"). Et si ces dernières laissent une place prépondérante aux arrangements somptueux, elles ont le don de s’étendre tels des paysages panoramiques. A ce titre, la présence d’un certain Amon Tobin aux platines sur 3 titres contribue à enrichir des textures qui, musicalement, lorgnent tantôt vers Paul McCartney, tantôt vers Pink Floyd. Cependant, on ne peut réduire Patrick Watson à de telles influences au vu de la façon dont elles ont été digérées. D’ailleurs, Close To Paradise se montre aussi inventif que d’une extrême douceur, celle-ci étant appuyée par les voix de Katie Moore (Timber) et Elizabeth Powell (Land of Talk). Mais voilà, ce qui nous empêche de porter complètement aux nues cet album réside dans le fait que Close To Paradise ne parvient sur la longueur, c’est-à-dire durant près de 50 minutes, à conserver un même degré d’intensité, chose que Patrick Watson réalise très bien en concert. Quand il sera à même de transposer cette énergie sur disque, le groupe canadien sera dès lors au sommet de son art. Et il n’y aura plus rien à en redire…

Au bout du compte, Close To Paradise est un album agréable à écouter, même s’il capte difficilement l’attention sur la durée. Malgré cela, on ne peut nullement remettre en cause la qualité des arrangements et des mélodies que livrent les Patrick Watson. On tient donc là une œuvre pour amateurs de longues plages vespérales qui remuent grâce aux bienfaits de leur douceur infinie.


Chronique de Haï (Xsilence) 19 / 20

Posté le 18/07/2009
A ma connaissance, le meilleur disque millésimé 2006. Et l'un des 5 ou 6 meilleurs albums de la décennie 00. Autant dire que cette chronique risque d'être une suite d'adjectifs extasiés et de points d'exclamation.
Ici, pas d'à peu près, de flou artistique et autres bricolages du dimanche. Donc, pour ceux qui trouvent du charme aux chanteurs chantant faux, aux instruments mal accordés et au gros son qui laisse des taches de gras, passez votre chemin. Patrick Watson, individu ou collectif, est un rêveur certes, mais qui ne délire jamais mal - en tout cas sur ce disque - et qui a des idées extrêmement claires. Sa musique est limpide, harmonieuse, très harmonieuse, rêveuse donc. Mais avec lui, la topologie des rêves est particulièrement précise, ce qui lui permet de ne jamais s'égarer (et d'égarer l'auditeur) en cours de route. La mesure est toujours juste : ni de trop ni de pas assez. Chaque titre - et il y en a 13 - vaut la peine d'être écouté, quoique de peine il n'en est vraiment pas question, tant le tout est concis, léger, aérien, gracieux, fleurant le "paradis" sans effort.
Le niveau moyen étant très haut, bien difficile de trouver quelques pics dépassant du lot. En fait, chacun selon sa sensibilité, aura ses préférences. Personnellement, j'ai un petit faible pour les titres 6 et 12 : The Storm et Sleeping Beauty, mélancoliques sans doute, mais d'une mélancolie garantie sans effet secondaire. Les influences citées plus haut (voir chronique précédente) sont justes et on pourrait en rajouter bien d'autres (un peu de basse greenwoodienne par ci, de guitare gilmourienne par là...) mais tout cela est fait sans y toucher et ne gâte en rien la sauce. La grâce, je vous dis !
Il paraît que le dernier album que j'hésite encore à écouter, si j'en crois certaines critiques et les musiciens eux-mêmes, est encore meilleur. J'ai un peu de peine à le croire. Si c'est le cas, alors qu'est-ce que ça doit être ?!

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