After Murder Park

After Murder Park

The Auteurs

17 / 20 1996 Hut Album / CD

Chronique de Gaylord (Xsilence) 18 / 20

Posté le 25/08/2008
Après un Now I'm A Cowboy quelque peu décevant par rapport au premier album, le chef-d'oeuvre New Wave, The Auteurs récidivent avec After Murder Park, parfois considéré comme leur meilleur album. Le violoncelliste James Banbury, qui joue ausi de l'orgue Hammond, est devenu un membre permanent, mais le leader reste bien entendu Luke Haynes, chanteur, guitariste (il joue aussi de l'harmonium), parolier et compositeur. Ils sont épaulés par une section rythmique toujours aussi efficace.
L'album fonctionne mieux que son prédécesseur. Les compostions sont déconcertantes de simplicité mais aussi de beauté. L'univers du dandy intellectuel et érudit Luke Haynes est toujours aussi raffiné, et empreint d'une douce mélancolie, mais sans fioritures. L'album est marqué par un son incendiaire, plus brut. La production de Steve Albini, concise, acérée et incisive, n'y est sans doute pas étrangère, elle met parfaitement en valeur les morceaux, mieux que dans le précédent album.
Le ton est donné dès le premier morceau, "Light Aircraft On Fire", rentre-dedans, très speed, toutes guitares dehors. L'album alterne ensuite, comme à l'accoutumée, entre ballades délicates ou fièvreuses ("Child Bride" qui fait écho au "Daughter Of A Child" de Now I'm A Cowboy, "Unsolved Child Murder", "Married To A Lazy Lover", pendant de "Showgirl", "Dead Sea Navigators",...), morceaux du même style que le premier, avec accélérations et décélérations ("Land Lovers") et titres mid-tempo qui parfois commencent calmement et se gonflent pour exploser ("Everything You Say Will Destroy", "Buddha", où Luke Haynes souhaite un bon anniversaire à l'Illuminé de manière à la fois exaltée et rageuse,...). La diversité n'enlève rien à la grande unité de cet album, marque des grands. Les mélodies ne sont ni faciles ni prévisibles, les changements de rythmes nombreux, c'est pourquoi on ne se lasse pas de After Murder Park.
Les titres et les paroles sont toujours aussi mystérieux et légèrement sombres ("Everything You Say Will Destroy You", "Unsolved Child Murder", "Married To A Lazy Lover", "Buddah", ...).
Au final, un grand album très rock, mais d'un genre particulier, indéfinissable et unique. Meilleur que Now I'm A Cowboy mais moins bon que New Wave. After Murder Park est en tous cas sans conteste l'un des plus grands albums de 1996, sinon le plus grand.

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