Ongiara

Ongiara

Great Lake Swimmers

13 / 20 2007 Nettwerk Album / CD

Chronique de TiComo La Fuera (Xsilence) 13 / 20

Posté le 08/05/2007
Après un silo abandonné, une chapelle en pleine campagne, Great Lake Swimmers voit les choses en grand, quitte la campagne pour la ville et adopte L'Aeolian Hall de Londres. A côté de ça, Tony Dekker n'est définitivement plus le seul à bord de ce projet et s'affiche avec ses deux compagnons de la tournée passée, Erik Arnesen (banjo, guitare) et Colin Huebert (batterie, percussions), principaux collaborateurs de ce troisième disque. En dépit de ces changements notables, Ongiara ne présente pas une empreinte plus forte que ces prédécesseurs mais se complait toujours autant dans un folk au calme pastoral et détaché. Le groupe happe le temps comme il a toujours su faire et offre des compositions homogènes siamoises au chant parfaitement flegmatique, ce qui prolonge ce sentiment de suspension. Même si cette gémellité est parfois un peu trop accentuée, certains titres parviennent à se démarquer comme la chevauchée au grand air de "Your Rocky Spine", ou la présence du violon d'Owen Pallett sur "Put There By The Land". L'essai de se diversifier se fait sentir mais n'est pas assez poussé d'autant plus que les autres titres en plus d'être semblables, le sont avec ceux des deux précédents albums ce qui nous laisse à force sur notre faim. L'idée qu'un tel courant d'air de quiétude dure éternellement et sans changer de direction finit donc par altérer les bienfaits de Great Lake Swimmers par une pointe d'ennui. Un peu déçu.

Chronique de Nicolas (Goûte Mes Disques) 16 / 20

Posté le 09/09/2007

Avec Ongiara, leur troisième album, les Great Lake Swimmers de Tony Dekker tracent leur chemin au sein de la génération des néo-folkeux. Et même s’ils produisent une musique singulière, en dehors de tout effet de mode, les Canadiens semblent faire évoluer leur folk vers un langage plus pop, ou en tout cas vers une simplicité et une pureté tout bonnement déconcertantes.

Au contraire de ces formations qui font du folk "parce qu’il le faut bien", le songwriting des Nageurs des Grands Lacs s’inscrit, lui, dans la lignée de celui de Neil Young tout en nous plongeant dans l’amour qu’a le groupe pour les grands espaces. Sorte de contemplation béate de la nature, la musique vue par la bande de Tony Dekker dégage un sentiment d’imperturbabilité hors du commun. Rien ne semble avoir de prise sur les arrangements tels que composés par ces anciens pensionnaires du label Fargo. Si Ongiara porte à la fois le nom d’une peuplade proche des chutes du Niagara et celui du bateau qui conduisait le groupe vers son studio d’enregistrement, il évoque une fois encore l’amour de la formation pour la nature, ou la confrontation de cette dernière avec l’homme. A l’image du vautour se trouvant sur la pochette, le folk des Great Lake Swimmers survole toutes les productions actuelles, avec ses compositions taillées dans le roc. Parfois très proche de la country, l’univers de Tony Dekker accueille sur Ongiara le violoniste Owen Pallett de Final Fantasy, rendu célèbre pour ses collaborations avec Arcade Fire. Au final, cet album n’a pas pour but de renouveler un langage vieux de plusieurs décennies mais tend simplement à perpétuer une tradition. Avec la place prépondérante laissée à la guitare acoustique et au banjo, le trio canadien parvient à se forger, au fil du temps et des albums, une œuvre intemporelle qui fait du groupe l’un des plus dignes représentants de sa génération. Et si le groupe continue sur sa lancée, vers encore plus de fluidité et d’évidence, il ne fait nul doute qu’on en parlera encore d’ici quelques années...


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