Deceit

Deceit

This Heat

18 / 20 1981 Rough Trade Album / CD  Vinyle

Chronique de Spektr (Xsilence) 19 / 20

Posté le 17/08/2010
Tentons d'appréhender cette œuvre hors-norme et de comprendre le phénomène :

D'abord il y a This Heat, formation anglaise pour le moins atypique qui voit le jour en fin des années 70, la décennie d'or du rock prog' psyché krautrock etc..., le groupe, dès son premier album (intitulé This Heat sobrement), semble se détacher complètement de ce qui se faisait en matière de rock progressif jusqu'à là, et propose quelque chose à la croisée du rock prog et de l'electro (type bande magnétique) avec un schéma rythmique semblant inspiré d'auteur compositeur contemporain (Philip Glass, Steve Reich, ...), d'ores et déjà This Heat ne visait qu'un public très restraint, fait qui s'accentuera d'autant plus avec son Deceit.

Deceit, parlons-en puisqu'il s'agit bien d'une chronique sur celui-ci et non son prédécesseur, reprenant les bases de leur premier album, le groupe se décide à passer à un palier supérieur (alors que la marche était déjà placée haute), et déchire littéralement toutes frontières, ici ce n'est plus du rock prog ni même de l'electro, du post punk, du folk ou de la world music, c'est tout à la fois !

Entre trip psychédélique, chamanique et musique torturée, complexe et déjanté, l'album fait passer l'auditeur dans un état de non-compréhension totale en premier lieu, puis au fil des écoutes l'album s'ouvre de plus en plus aux oreilles humaines, pour révéler toute sa folie meurtrière et ses délires schizophréniques à l'auditeur.
On peut en effet parler de schizophrénie avec un album tel que Deceit, sinon quoi d'autres ? le terme est totalement justifié, que ce soit en passant d'un "Paper Hats" à "A New Kind Of Water" ou "Cenotaph" à "Makeshift Swahili", mais ce qui reste toujours, c'est cette ambiance résolument post punk qui suit l'album de bout en bout, ce chant hypnotique et possédé, par la folie, la schizophrénie, la paranoïa et très certainement la drogue.

Finalement, j'aurai un peu contourné le problème, en ne vous parlant que brièvement de la musique de This Heat, chose assez compréhensible avec un album aussi inclassable, album que je ne conseillerais qu'à une petite minorité malgré tout, il faut être particulièrement ouvert et indulgent pour pouvoir rentrer dans cette musique, le fameux "on adore ou on déteste", ici c'est totalement le cas, mais si d'avance vous êtes amateurs de post punk ou de rock progressif bien barré (genre Talking Heads, Can, Faust), je ne peux que vous conseiller de plonger dans l'univers si passionnant du groupe, qui, une fois adopté, risque de vous collez à la peau pour longtemps... (je suis là pour en témoigner!).

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