Chronique de Dirtintheground (Xsilence)
Posté le 20/08/2009
"J'essaie de ne pas me répeter". Voici les quelques mots que ne cessent de répéter de manière obsédante PJ Harvey, lors de ses dernières interviews, et, à l'écoute de ce dernier album, on comprend rapidement que son but a été atteint. En effet, bien que comptant huit albums à son actif, l'anglaise a toujours su renouveler son approche de la musique du rock quasi-post-punk du début de carrière sur Dry, en passant par le blues expérimental de To Bring You My Love jusqu'à la sagesse électro de Is This Desire ?. White Chalk, quant à lui, est sans doute le changement le plus radical de toute sa carrière, en remplaçant sa traditionnelle guitare par le piano, le rock par le folk, les graves par les aigus.
Le premier morceau intitulé "The Devil", où un piano martelé auquel vient se greffer une voix enfantine, puis un tambourin saccadé, marque le coup d'arrêt : PJ et le rock ont divorcé, le classique trio guitare-basse-batterie est mort. Tout au long de l'album, on sent rapidement l'influence folk pointer son nez notamment au travers du très classieux et mélancolique titre "White Chalk" pour lequel guitare sèche, harmonica et banjo sont de mises. A côté de cela, PJ laisse de côté la thématique amoureuse qu'elle a beaucoup ressassé dans ses derniers albums (Uh Huh Her, Stories From The City, Stories From The Sea) pour se consacrer à celle de l'abandon, la rupture, la mort. Ainsi, sa musique se fait-elle plus sombre encore qu'elle n'a pu l'être par le passé : "To Talk To You" est un dialogue à travers l'au-delà entre elle et sa grand-mère décédée, "When Under Ether" dans une ambiance victorienne décrit un avortement, "The Piano" raconte l'histoire d'un meurtre affreux au marteau et "The Mountain" clôt l'album sur un hurlement déchirant évoquant Diamanda Galas.
Cependant, l'ensemble de l'album reste, paradoxalement, assez lumineux et réconfortant comme si PJ avait réussi à rendre compte en musique de ce que les romantiques du XIXème appelaient le "spleen", cet état de mélancolie dans lequel l'artiste poète se plait à se plonger afin d'y puiser son inspiration. Les paroles du magnifique "Dear Darkness" sont là pour en attester où PJ s'adresse aux ténèbres, comme à un ami, afin de la recouvrir et la protéger de la lumière.
"White Chalk" est sans doute l'album le plus dépouillé et le plus beau qu'elle n'ait jamais composé grâce à la production subtile et intelligente de John Parish et Flood (déjà présents sur To Bring You My Love) où chaque percussion semble évoquer un battement de cœur. Battement de cœur qui parfois s'arrête brusquement à la fin d'une chanson comme pour faire cohabiter la vie et la mort, l'ombre et la lumière au sein d'un même morceau ("When Under Ether", "The Piano"). Après un Uh Huh Her un peu caricatural, espérons que ce regain d'inspiration de l'anglaise perdure et qu'elle ne cesse d'explorer de nouvelles contrées musicales tout en y imprimant sa patte unique.
Le premier morceau intitulé "The Devil", où un piano martelé auquel vient se greffer une voix enfantine, puis un tambourin saccadé, marque le coup d'arrêt : PJ et le rock ont divorcé, le classique trio guitare-basse-batterie est mort. Tout au long de l'album, on sent rapidement l'influence folk pointer son nez notamment au travers du très classieux et mélancolique titre "White Chalk" pour lequel guitare sèche, harmonica et banjo sont de mises. A côté de cela, PJ laisse de côté la thématique amoureuse qu'elle a beaucoup ressassé dans ses derniers albums (Uh Huh Her, Stories From The City, Stories From The Sea) pour se consacrer à celle de l'abandon, la rupture, la mort. Ainsi, sa musique se fait-elle plus sombre encore qu'elle n'a pu l'être par le passé : "To Talk To You" est un dialogue à travers l'au-delà entre elle et sa grand-mère décédée, "When Under Ether" dans une ambiance victorienne décrit un avortement, "The Piano" raconte l'histoire d'un meurtre affreux au marteau et "The Mountain" clôt l'album sur un hurlement déchirant évoquant Diamanda Galas.
Cependant, l'ensemble de l'album reste, paradoxalement, assez lumineux et réconfortant comme si PJ avait réussi à rendre compte en musique de ce que les romantiques du XIXème appelaient le "spleen", cet état de mélancolie dans lequel l'artiste poète se plait à se plonger afin d'y puiser son inspiration. Les paroles du magnifique "Dear Darkness" sont là pour en attester où PJ s'adresse aux ténèbres, comme à un ami, afin de la recouvrir et la protéger de la lumière.
"White Chalk" est sans doute l'album le plus dépouillé et le plus beau qu'elle n'ait jamais composé grâce à la production subtile et intelligente de John Parish et Flood (déjà présents sur To Bring You My Love) où chaque percussion semble évoquer un battement de cœur. Battement de cœur qui parfois s'arrête brusquement à la fin d'une chanson comme pour faire cohabiter la vie et la mort, l'ombre et la lumière au sein d'un même morceau ("When Under Ether", "The Piano"). Après un Uh Huh Her un peu caricatural, espérons que ce regain d'inspiration de l'anglaise perdure et qu'elle ne cesse d'explorer de nouvelles contrées musicales tout en y imprimant sa patte unique.