Chronique de Elephantboy (Xsilence)
Posté le 16/07/2008
La loi de la moyenne, la notion d'équilibre. On frappe un coup à gauche, deux à droite, on tente de calmer le jeu. Un balancier qui ne s'immobilise jamais, toujours à la renverse; l'inquiétude d'un manchot devant l'effet boomerang. Lutter contre cette envie quasi obsessionnelle d'habiter l'esprit de ses proches coûte que coûte, être certain d'y rester pour toujours, bien au chaud. Résister au temps qui nous fait s'ennuyer de ce que l'on n'a pas, qui s'écoule et nous crache en résultat. Ce temps qui nous fait enfant puis adulte sans vraiment qu'on y sente la frontière réelle, à moins que ce ne soit le moment précis où l'espoir est sapé, une fois pour de bon. Boxer est une poésie d'une beauté crue, trainant comme une mauvaise conscience une fatalité contenue, jamais vraiment vaincue.
Certainement le plus abouti des quatre albums de The National, Boxer pleut de mélodies raffinées doublée par une tension inaccessible, un charme fluide qui se précise à chaque écoute. Un folk-rock à multiple facette, construit en trompe l'œil, tentant d'acoquiner grisaille et glamour. Pour se faire, on assiste à un réaménagement dans la hiérarchie des instruments, alors que les guitares sont souvent retranchées derrière cuivres et piano, pendant que s'élève en premier plan une voix grave, noircie de nicotine. Cette voix feutrée, celle de Matt Berninger, qui s'envole comme des baisers soufflés, embrasés d'amertume. Jouant les métronomes sous ces souffles d'automne, les percussions de Bryan Devendorf font écho aux textes intimistes, génèrent le pouls de Boxer. Des battements impulsifs, secs, mais surtout, combatifs. Discrètement, Sufjan Stevens y va même de quelques délicats arpèges de piano sur "Ada" et "Racing Like a Pro".
Justesse, glam et rêveries de fond de ruelles. Boxer est tout ça. Tout ça, tout en même temps.
Certainement le plus abouti des quatre albums de The National, Boxer pleut de mélodies raffinées doublée par une tension inaccessible, un charme fluide qui se précise à chaque écoute. Un folk-rock à multiple facette, construit en trompe l'œil, tentant d'acoquiner grisaille et glamour. Pour se faire, on assiste à un réaménagement dans la hiérarchie des instruments, alors que les guitares sont souvent retranchées derrière cuivres et piano, pendant que s'élève en premier plan une voix grave, noircie de nicotine. Cette voix feutrée, celle de Matt Berninger, qui s'envole comme des baisers soufflés, embrasés d'amertume. Jouant les métronomes sous ces souffles d'automne, les percussions de Bryan Devendorf font écho aux textes intimistes, génèrent le pouls de Boxer. Des battements impulsifs, secs, mais surtout, combatifs. Discrètement, Sufjan Stevens y va même de quelques délicats arpèges de piano sur "Ada" et "Racing Like a Pro".
Justesse, glam et rêveries de fond de ruelles. Boxer est tout ça. Tout ça, tout en même temps.