Chronique de Boys24 (Xsilence)
Posté le 17/07/2007
Ah les Indiens d'Amérique ! Idoles d'enfance pour les plus positifs, peuple martyr pour les tristounets, et source d'inspiration pour Tomahawk, supercombo réunissant les influences les plus diverses de par ses musiciens ! Jusqu'à présent, il n'y avait pas de rapport entre le nom du groupe et la musique qu'il nous livrait : un mix de l'univers Jesus Lizard (normal avec Duane Denison) et de celui de Mike Patton, tous deux formant le véritable "hydre pensant" du quatuor. Le résultat était probant mais trop proche, certainement, des anciennes expériences de ces figures du rock pour être passionnant. Tomahawk manquait de consistance, manquait de ce qui fait le charme d'un groupe : la possession de son propre univers, qui lui donne une identité légitime. D'ores et déjà, on peut mettre fin au suspens en affirmant que c'est chose faite avec ce troisième opus.
En prélude à la composition, il faut savoir que Duane Denison s'est penché sur les transcriptions des anciens chants indiens des deux siècles derniers. Le résultat est surprenant ! A la première écoute, l'auditeur est totalement perdu. C'est certainement une des premières fois ou on entend ce genre de rythmes et d'airs, entourés d'un emballage de guitares et accompagné d'une section rythmique très aérienne. Les musiciens ont su se reconvertir et sortir des carcans du metal pour les uns (John Stanier avec Helmet, Kevin Rutmanis avec les Melvins) et de rock noisy pour les autres (Duane Denison avec the Jesus Lizard). L'évolution musicale est impressionnante et l'ensemble est, somme toute, assez calme. L'accent a été mis sur l'ambiance et dès la première piste, on sent qu'on se fait peu à peu transporter dans ce monde amérindien. "War Song" prend son temps pour démarrer et laisse ainsi le temps à l'auditeur de se couper du monde extérieur, avant de l'introduire dans le second morceau intitulé "Mescal Rite 1", qui submerge par son rythme entraînant et ses chants tribaux. Première perle ! La suite est tout aussi dépaysante : "Ghost Dance" et "Cradle Song" sont des sortes de marches funèbres à l'indienne, le type de chansons utilisées pour invoquer les esprits ; "Red Fox" nous conduit dans une chasse oppressante sur fond de borborygmes entêtants (Skin wakaskin wakaskin wakayuwa) et "Antelope Ceremony", bien qu'un brin longuette nous fait vivre une célébration indienne par ses gais airs. Arrivé à la moitié de l'album on est fasciné ! Dépaysé, dérouté, mystifié... les adjectifs ne sont pas assez nombreux pour qualifier l'effet provoqué par cette adaptation rock de musiques ancestrales. La fin aura tendance, par contre, à s'essoufler davantage même si on prend encore son pied sur "Song Of Victory" ou "Omaha Dance" qui restent dans la même veine. Mais "Sun Dance" retombe dans l'ancien style de Tomahawk avec davantage de cris 'à la Patton' qui ne sont pas forcément bienvenus sur cet album. Autant ils avaient su s'adapter sur tout le reste, autant celle-là apparait comme un ovni au milieu de l'ensemble. Est-ce pour une raison purement mercantile ou histoire de combler ses fans ? Nous ne le saurons jamais. Du coup, "Mescal Rite 2" transite bizarrement avec la précédente et parait même un peu chiante. Heureusement "Totem", bien qu'accompagnée de vraies paroles et une "Crow Dance" très mélodique nous permettent d'éviter la chute brutale. "Long, Long Weary Day" ponctue l'album de fort belle manière et nous fait tranquillement sortir de ce trip skizophrène dans lequel on était entré, peut être malgré nous.
Tomahawk réalise ici un coup de maître en trouvant sa véritable voie, et en se dotant d'un contenu jusqu'alors plutôt anecdotique. Malgré quelques petites erreurs sans gravité, le disque permet de voyager en restant assis tranquillement chez soi. Si la chasse à l'antilope, les couvre-chefs en plumes et les danses autour d'un totem vous mettent dans tous vos états cet album est fait pour vous. Alors foncez !
En prélude à la composition, il faut savoir que Duane Denison s'est penché sur les transcriptions des anciens chants indiens des deux siècles derniers. Le résultat est surprenant ! A la première écoute, l'auditeur est totalement perdu. C'est certainement une des premières fois ou on entend ce genre de rythmes et d'airs, entourés d'un emballage de guitares et accompagné d'une section rythmique très aérienne. Les musiciens ont su se reconvertir et sortir des carcans du metal pour les uns (John Stanier avec Helmet, Kevin Rutmanis avec les Melvins) et de rock noisy pour les autres (Duane Denison avec the Jesus Lizard). L'évolution musicale est impressionnante et l'ensemble est, somme toute, assez calme. L'accent a été mis sur l'ambiance et dès la première piste, on sent qu'on se fait peu à peu transporter dans ce monde amérindien. "War Song" prend son temps pour démarrer et laisse ainsi le temps à l'auditeur de se couper du monde extérieur, avant de l'introduire dans le second morceau intitulé "Mescal Rite 1", qui submerge par son rythme entraînant et ses chants tribaux. Première perle ! La suite est tout aussi dépaysante : "Ghost Dance" et "Cradle Song" sont des sortes de marches funèbres à l'indienne, le type de chansons utilisées pour invoquer les esprits ; "Red Fox" nous conduit dans une chasse oppressante sur fond de borborygmes entêtants (Skin wakaskin wakaskin wakayuwa) et "Antelope Ceremony", bien qu'un brin longuette nous fait vivre une célébration indienne par ses gais airs. Arrivé à la moitié de l'album on est fasciné ! Dépaysé, dérouté, mystifié... les adjectifs ne sont pas assez nombreux pour qualifier l'effet provoqué par cette adaptation rock de musiques ancestrales. La fin aura tendance, par contre, à s'essoufler davantage même si on prend encore son pied sur "Song Of Victory" ou "Omaha Dance" qui restent dans la même veine. Mais "Sun Dance" retombe dans l'ancien style de Tomahawk avec davantage de cris 'à la Patton' qui ne sont pas forcément bienvenus sur cet album. Autant ils avaient su s'adapter sur tout le reste, autant celle-là apparait comme un ovni au milieu de l'ensemble. Est-ce pour une raison purement mercantile ou histoire de combler ses fans ? Nous ne le saurons jamais. Du coup, "Mescal Rite 2" transite bizarrement avec la précédente et parait même un peu chiante. Heureusement "Totem", bien qu'accompagnée de vraies paroles et une "Crow Dance" très mélodique nous permettent d'éviter la chute brutale. "Long, Long Weary Day" ponctue l'album de fort belle manière et nous fait tranquillement sortir de ce trip skizophrène dans lequel on était entré, peut être malgré nous.
Tomahawk réalise ici un coup de maître en trouvant sa véritable voie, et en se dotant d'un contenu jusqu'alors plutôt anecdotique. Malgré quelques petites erreurs sans gravité, le disque permet de voyager en restant assis tranquillement chez soi. Si la chasse à l'antilope, les couvre-chefs en plumes et les danses autour d'un totem vous mettent dans tous vos états cet album est fait pour vous. Alors foncez !