Chronique de SugarSG (Xsilence)
Posté le 10/03/2008
Lorsque l'on parle de Shellac, le nom de Steve Albini, le grand Steve Albini pour rester modeste, vient tout de suite. Cet homme est comme qui dirait un monument de la musique rock indépendante. C'est un ingénieur du son des plus redoutables, mais aussi un journaliste musical et pour finir un guitariste dont le jeu est reconnaissable entre mille. En tant qu'ingénieur du son Sir Albini est un phénomène, il a enregistré In Utero, le meilleur album de Nirvana en ce qui me concerne. Plus récemment il a mis en boîte le dernier Neurosis, Given To The Rising, un grand album de postcore. Pour vous faire une liste loin d'être exhaustive il a enregistré du Slint, des Pixies, plusieurs albums des Jesus Lizard, Meantime d'Helmet, du Mogwai ainsi que du Don Caballero, du Low et enfin du Godspeed You Black Emperor!. Autant dire que l'on n'a pas affaire au dernier des blaireaux lorsqu'on s'attarde sur le cas Shellac.
Ce dernier album de Shellac, enregistré par Steve Albini bien évidemment, tourne depuis quelques temps lors de leurs concerts. En effet, Excellent Italian Greyhound sort après avoir été joué en live depuis presque 4 ans. Mais qu'est-ce que c'est bon. Dès les premières notes on reconnaît le son à la Albini et surtout on reconnaît le son des albums de Shellac qui sonnent assez différemment des productions de l'américain. La basse est largement mise en avant ainsi que la batterie. La guitare de Steve Albini se pose un peu en retrait pour mieux exploser dans les passages plus énergiques ou plus mélodieux. "The End Of Radio" qui débute l'album est tout simplement un chef d'oeuvre de tension et de retenue. La basse écrase la même note en boucle et la batterie se déchaîne dans un beat totalement déstructuré. La voix d'Albini est rageuse, imposante et très habillement posée tout au long de cette première chanson qui donne tout de suite le ton de l'album, une pièce rageuse au son irréprochable, une fois de plus Mister Albini est passé par là. La guitare dans ce titre donne de l'air de temps en temps à l'ensemble et permet à l'auditeur de retrouver quelques repères propres à Shellac. On ne pourra pas s'empêcher de penser à "Didn't We Deserve A Look At You The Way You Really Are" qui ouvre le deuxième album des chicagoans Terraform à l'écoute de l'ouverture de ce nouvel opus. L'autre partie de l'album se tourne plus vers 1000 Hurts, les chansons sont plus courtes et les mélodies plus facilement accessibles comme sur "Be Prepared" et "Elephant" et sa phrase magnifiquement utopique "Repeat A Lie That Makes It True". Le deuxième titre "Steady As She Goes" ressemble plus au Shellac énervé et groovy. Albini s'en donne à coeur joie et chante toujours aussi faux comme il sait si bien le faire mais on ne s'en lasse jamais ! Le petit point faible vient au cinquième titre de l'album, "Genuine Lullabelle", une sorte d'interlude de 9 minutes faites d'alternance entre dialogue de film, parties instrumentales et commentaires de Steve Albini. Mais depuis quand Shellac ne titille pas un peu l'auditeur dans ses albums. "Kittypants" reprend de plus belle après cette interlude qui n'en est pas vraiment une. C'est un titre instrumental basé sur une mélodie de guitare, un des seuls morceaux basé sur la guitare. Vient au tour de "Paco" de nous chatouiller l'oreille. Le morceau le mieux réussi de l'album en ce qui me concerne. C'est un autre morceau instrumental mais pas uniquement basé sur la guitare. Les instruments semblent se répondre et se complètent à merveille. Steve Albini nous gratifie d'une mélodie magnifique dans ce titre faisant preuve d'une maîtrise frisant l'insolence. "Spoke" referme Excellent Italian Greyhound par un grand moment de rock n'roll comme on en entend rarement notamment en cette époque de rock n'roll attitude désespérément stérile dans le milieu du Mouv' et compagnie. Alors que Kaiser Chiefs, Kings Of Leon et je ne sais quelle bouse viennent prendre leur claque et par la même occasion une grande leçon de rock, du vrai.
Ce nouvel album du gang de Chicago confirme le statut de Shellac et nous montre encore une fois que Steve Albini reste un des maîtres de la musique indépendante, un joli fuck off aux majors.
Ce dernier album de Shellac, enregistré par Steve Albini bien évidemment, tourne depuis quelques temps lors de leurs concerts. En effet, Excellent Italian Greyhound sort après avoir été joué en live depuis presque 4 ans. Mais qu'est-ce que c'est bon. Dès les premières notes on reconnaît le son à la Albini et surtout on reconnaît le son des albums de Shellac qui sonnent assez différemment des productions de l'américain. La basse est largement mise en avant ainsi que la batterie. La guitare de Steve Albini se pose un peu en retrait pour mieux exploser dans les passages plus énergiques ou plus mélodieux. "The End Of Radio" qui débute l'album est tout simplement un chef d'oeuvre de tension et de retenue. La basse écrase la même note en boucle et la batterie se déchaîne dans un beat totalement déstructuré. La voix d'Albini est rageuse, imposante et très habillement posée tout au long de cette première chanson qui donne tout de suite le ton de l'album, une pièce rageuse au son irréprochable, une fois de plus Mister Albini est passé par là. La guitare dans ce titre donne de l'air de temps en temps à l'ensemble et permet à l'auditeur de retrouver quelques repères propres à Shellac. On ne pourra pas s'empêcher de penser à "Didn't We Deserve A Look At You The Way You Really Are" qui ouvre le deuxième album des chicagoans Terraform à l'écoute de l'ouverture de ce nouvel opus. L'autre partie de l'album se tourne plus vers 1000 Hurts, les chansons sont plus courtes et les mélodies plus facilement accessibles comme sur "Be Prepared" et "Elephant" et sa phrase magnifiquement utopique "Repeat A Lie That Makes It True". Le deuxième titre "Steady As She Goes" ressemble plus au Shellac énervé et groovy. Albini s'en donne à coeur joie et chante toujours aussi faux comme il sait si bien le faire mais on ne s'en lasse jamais ! Le petit point faible vient au cinquième titre de l'album, "Genuine Lullabelle", une sorte d'interlude de 9 minutes faites d'alternance entre dialogue de film, parties instrumentales et commentaires de Steve Albini. Mais depuis quand Shellac ne titille pas un peu l'auditeur dans ses albums. "Kittypants" reprend de plus belle après cette interlude qui n'en est pas vraiment une. C'est un titre instrumental basé sur une mélodie de guitare, un des seuls morceaux basé sur la guitare. Vient au tour de "Paco" de nous chatouiller l'oreille. Le morceau le mieux réussi de l'album en ce qui me concerne. C'est un autre morceau instrumental mais pas uniquement basé sur la guitare. Les instruments semblent se répondre et se complètent à merveille. Steve Albini nous gratifie d'une mélodie magnifique dans ce titre faisant preuve d'une maîtrise frisant l'insolence. "Spoke" referme Excellent Italian Greyhound par un grand moment de rock n'roll comme on en entend rarement notamment en cette époque de rock n'roll attitude désespérément stérile dans le milieu du Mouv' et compagnie. Alors que Kaiser Chiefs, Kings Of Leon et je ne sais quelle bouse viennent prendre leur claque et par la même occasion une grande leçon de rock, du vrai.
Ce nouvel album du gang de Chicago confirme le statut de Shellac et nous montre encore une fois que Steve Albini reste un des maîtres de la musique indépendante, un joli fuck off aux majors.