Chronique de TheWayYouSmiled (Xsilence)
Yours Truly, Angry Mob, c'est globalement avant tout, une petite déception, on a le sentiment que Kaiser Chiefs a un peu perdu cette signature, ce son qui leur est propre, celle qui marqua définitivement l'univers indie rock avec Employment. On ressort des premières écoutes l'impression que le groupe est tombé dans une alternative musicale plus classique, avec des riffs et des mélodies bien plus conventionnelles.
Mais au fond qui n'a jamais été un peu déçu par le passage obligé du 2ème album ?
Mis à part quelques fans hystériques aveugles, presque personne.
Et pourtant ça commence pas trop mal : dès le premier morceau, on retrouve la puissance, l'orgueil et la légèreté typiquement Kaiser Chiefs, "Ruby" de son petit nom est le nouveau tube rock du moment.
Mais après ça, on reste plus sceptique sur pas mal de titres. En guise d'exemples parmi d'autres, "The Angry Mob" est une chanson pop rock sans réelle profondeur, "Heat Dies Down" est un morceau classique aux refrains faciles (mais entêtants) et on s'ennuie ferme sur "High Royds", vide d'âme et d'idées..
Mais à coté de ces quelques morceaux sans réel intérêt, on réalise que cette nouvelle galette possède de réels trésors autres que le gros tube, aisément abordable, car ce disque est quand même très facile d'accès. Et puis évidemment, on retrouve aussi un peu partout cette éternelle ironie, autant dans les propos tenus par Ricky que dans le style vocal adopté. Et c'est un point important: c'est aussi ce qui a fait la différence Kaiser Chiefs avec beaucoup d'autres formations.
Petites déceptions vites oubliées, au profit de très bons morceaux très bien aboutis. Une nouvelle bonne surprise.
Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques)
2005 est déjà loin mais on se souvient plutôt bien d'un petit disque qui a fait pas mal de bruit cette année-là, le premier effort des anglais de Kaiser Chiefs, Employment, emmené par une flopée de titres lorgnant ouvertement sur la britpop des années 90, Blur en tête. "Everyday I Love You Less and Less", "I Predict A Riot", "Born to Be a Dancer"… Ce premier album enfilait les tubes comme d'autres les perles et on était donc impatient de connaître la suite.
La suite ? Et bien c'est ce Yours Truly, Angry Mob (que l'on peut traduire grosso modo par "bien à toi, foule en colère"…), qui ne renie rien de ses influences primaires, bien au contraire, puisque l'on trouve encore Stephen Street à la production, c'est-à-dire rien de moins que le type qui se trouvait déjà derrière Employment et, surtout, derrière The Great Escape, le chef-d'œuvre de Blur période britpop, sorti en 1995. C'est dire que les adorateurs de "Charmless Man" ou "Country House" (comme des premiers titres de Mansun, par exemple) trouveront leur compte ici.
En tête de gondole, un single incroyablement efficace, "Ruby", 3 minutes 25 de pêche et de paroles débiles mais au refrain clairement taillé pour les stades (notamment grâce aux "wouahouahouah" qu'on aimait déjà sur Employment, remember la fameuse "Na Na Na Na Naa"…), comme celui du second titre, "The Angry Mob", qui ne relâche en rien la pression, pas plus que "Heat Dies Down" ou "Highroyds", les suivants, à l'exception de la délicate "Love's not a Competition (But I'm winning)".
Contrairement à d'autres groupes qui ont choisi de changer de registre et de devenir sérieux, les Kaiser Chiefs assument parfaitement leur beaufferie et l'instantanéité de leur musique, sans s'embarrasser avec des considérations sociales ou politiques de quelque ordre que ce soit. En clair : c'est du fun, rien que du fun, avec des morceaux qui n'ont aucune autre prétention que de faire plaisir. De la britpop, quoi, un genre qu'on pourrait penser au tapis mais qui resurgit à intervalles réguliers pour le bonheur des fans. La preuve ? L'album est déjà classé numéro 2 en Angleterre et pourrait bien renouveler le succès d'Employment, qui s'est écoulé à 2 millions d'exemplaires depuis sa sortie. Et on ne peut pas dire que ce soit immérité. En espérant que, contrairement au titre du dernier morceau de l'album, les Kaiser Chiefs ne décident pas de partir de sitôt à la retraite…