The Besnard Lakes Are The Dark Horse

The Besnard Lakes Are The Dark Horse

The Besnard Lakes

18 / 20 2007 Jagjaguwar Album / CD

Chronique de YksmohC (Xsilence) 20 / 20

Posté le 18/04/2007
Après un premier album relativement confidentiel que le groupe tend aujourd'hui à rejeter, The Besnard Lakes, Jace Lasek et Olga Goreas, sont des figures de la scène montréalaise pour avoir travaillé entre autres au sein de leur studio avec Wolf Parade. Ils nous pondent ici une oeuvre très surprenante qui réussit à réconcilier des influences à priori opposées, sur un album qui conserve pourtant de la première à la dernière note toute son émotion et sa cohérence. Ici, c'est la pop psychédélique, le post-rock, le folk et même le shoegaze qui s'entrecroisent.

Avec "Disaster", une ambiance psychédélique directement héritée de Brian Wilson se met en place sans y perdre pour autant en modernité, accueillant en plus Sophie Trudeau de Godspeed Yopu Black Emperor! Au violon. Entre voix haut perché et guitares abrasives, les arrangements aussi précis que variés annoncent déjà un grand disque. "For Agent 13" enchaîne, débutant dans une ambiance plus intime et féerique qui évoque une alliance entre le meilleur de Sigur Ros et de Mazzy Star, avant d'exploser dans une montée épique et bouleversante en deux temps. Avec "And You Lied To Me", le groupe revient vers un esprit plus attaché aux années 70, dans lequel les guitares s'entrecroisent et faisant référence aux libres espaces chers à Pink Floyd. "Devastation", par sa grandiloquence, se démarque encore complètement des morceaux précédents. Ici des guitares saturées au refrain soulignent la ferveur du chant de chorale, et la musique tend à devenir dissonante sur la voix d'Olga Goreas. Le titre tourne ici à l'orgie musicale, où les pistes se multiplient progressivement de manière très judicieuse.

Le calme revient après la tempête sur "Because Tonight", morceau très mélancolique et légèrement oppressant, marqué par un arrangement de cordes et de cuivres particulièrement bien trouvé. Ici, on pourrait se référer à Low ou à un nouveau croisement improbable entre les beach boys et le meilleur du post-rock. "Ride The Rails" poursuit dans la même lignée, mais de manière plus entraînante. "On Bedford And Grand" se déploie dans uns style plus shoegaze avec un son que n'aurait pas renié My Bloody Valentine. Enfin "Cedric's War" conclut l'album dans une joyeuse atmosphère de pop psychédélique.

The Besnard Lakes, à travers une musique raffinée et une grande richesse des arrangements régulièrement dopés par une reverb surnaturelle, réussit un brassage des styles de haute volée en remettant le rock psychédélique au goût du jour. C'est la ferveur, le style à la fois planant et rentre dedans, ainsi que le ré-assamblage subtil des styles dans une production exceptionnelle, qui donne à ce très grand disque toute sa force.

A découvrir d'urgence.

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