Lou Reed

Lou Reed

Lou Reed

16 / 20 1972 RCA Album / CD  Vinyle

Chronique de Wave (Xsilence) 16 / 20

Posté le 10/10/2011
Lorsque le leader d'un groupe aussi culte que Velvet Underground se décide à sortir un album solo deux ans après sa dissolution, il est logique de s'attendre à quelque chose d'exceptionnel. Malheureusement, son accueil est tout autre: les critiques seront injustement mitigées, sans compter que celui-ci est distribué le même mois que The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars. Quant aux puristes, ils lui préféreront toujours Transformer , son second opus. Malgré cela, Lou Reed demeure l'un de mes disques favoris tant il possède de qualités.

Tout d'abord, attardons-nous sur l'intérêt que présente l'œuvre. Si l'on excepte "Going Down" et "Berlin", tous les morceaux ont été réalisés et interprétés durant la période du Velvet. Ceux-ci figurent d'ailleurs sur les compilations VU,What Goes On, Peel Slowly et l'édition "Fully" de Loaded. Au premier abord, il s'agit donc simplement d'une compilation d'inédits regroupés sur un même disque portant le nom de Lou. En théorie seulement, car tous ont été remaniés et joués par les musiciens désignés pour l'enregistrement. Parmi eux, nous citerons en particulier Steve Howe et Rick Wakeman, respectivement guitariste et claviériste de Yes à partir de 1971 et pianiste sur Hunky Dory pour le second. Comme on pouvait s'y attendre, le résultat est simplement excellent. Les titres sont désormais plus dynamiques et dégagent une puissance musicale qui n'a plus aucun rapport avec les compositions d'origine. Le tout évoque certains moments de Loaded (en particulier l'intitulé "Rock'N'Roll", mais aussi "Head Held High" ou "Train Round The Bend") mais de manière beaucoup plus énergique et rappelant par moment les Stones. Une forte influence Soul est aussi de la partie, comme en témoignent "I Can't Stand It" et "Walk And Talk It" où, renforcé par des choeurs féminins, le chanteur semble déchainé. Comment rester de marbre face au soudain changement de tempo de "Lisa Says", au couple guitare/piano suivant le refrain de "Berlin", ou aux compositions épatantes de "Ride Into The Sun" et d'"Ocean"?

Autant de bons moments qui offrent une écoute de grande intensité.

Au final, ce premier essai est une franche réussite. Sali par une foule de critiques peu représentatives, il se veut terriblement efficace et s'impose non seulement comme un excellent album, mais également comme une référence.

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