Young Modern

Young Modern

Silverchair

16 / 20 2007 Eleven Album / CD

Chronique de Yoan (Xsilence) 18 / 20

Posté le 01/10/2008
Après 5 ans d'un silence toutefois interrompu par les élucubrations Electro-Lo-Fi de Daniel Johns au sein des Dissociatives, et celles plus anecdotiques de Ben Gilles chez les popeux de Tambalane, Silverchair se fend en ce premier tiers 2007 d'un retour qui s'est à ce point fait attendre, que le disque n'a finalement pas trouvé de distributeur pour le continent Européen. Un petit paradoxe pour une formation qui cumule près de 7 millions d'albums vendus dans le monde, mais qui ne trouve aujourd'hui plus grâce chez les majors du disque. Une semi-surprise seulement, puisque le trio - qui n'en est d'ailleurs plus vraiment un depuis Neon Ballroom - n'a depuis quelques années plus le profil de la grosse formation mainstream, mais plus volontiers celui du groupe audacieux qui n'en fera qu'à sa tête.
Ce cinquième LP confirmera à ce titre leur potentiel versatile et déroutant, en empruntant bien des directions stylistiques différentes. La cohérence limpide de l'ensemble ne s'en révèle d'ailleurs que plus remarquable encore. Silverchair fait chauffer le bois d'entrée, via un "Young Modern Station" à la frappe précise et percutante, mais il s'agit déjà d'une fausse piste, ou plus exactement d'une infime part d'un tout composite. La suite vous baladera en effet d'un killer-single lyrique enthousiasmant en la personne de "Straight Lines", à des merveilles de pop-songs détendues ("Reflections Of A Sound", "Waiting All Day"), en passant par des pièces orchestrales ambitieuses en diable, notamment à travers le fastueux triptyque "Those Thieving birds".
Tour à tour puissant, groovy, mélodieux ou majestueux, Silverchair est un groupe libéré qui n'a définitivement plus peur de rien. L'insolente réussite avec lequel il touche à l'excellence dans chacun de ces domaines ne saurait suffire à réconcilier des fans éparpillés par ces métamorphoses répétées, mais Johns et ses potes s'en fichent éperdument, et croyez-bien qu'on les en félicite.
Plus "dansant" que ses aînés, Young Modern bénéficie cependant d'une production, en accord avec l'aspect moderniste du disque, qui peut apparaître froide par endroits. On pourra notamment discuter du bien-fondé de cette batterie au son volontairement artificiel, ou de la légitimité de ces claviers étouffants sur des titres qui manquent peut-être du coup un poil de pêche. Entre autres possibles points de discorde. Ce qui est certain, c'est qu'il émerge de ces choix une identité forte, et aux points, Silverchair remporte une énième fois une éclatante victoire. Celle d'un groupe passionnant, et qui confirme via cet album d'une densité rare qu'il n'est donc définitivement pas comme les autres.

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