Passover

Passover

The Black Angels

18 / 20 2006 Light In The Attic Album / CD  Vinyle

Chronique de Chapter 24 (Xsilence) 20 / 20

Posté le 30/03/2009
Aujourd'hui les Black Angels ont déjà sorti deux albums, tous deux exemplaires. Revenons sur ce premier opus:

Ce qui frappe à la première écoute, c'est le son : énorme, lourd, très travaillé. Et puis aussi, les compositions sont toutes exécutées de façon habitée. La rythmique est particulièrement pesante et orgasmique. Ces gens nous emmènent dans l'enfer psychotique de l'être humain, d'un rescapé du Vietnam ou du bourbier irakien ("First Viatnamese War"), dans le côté le plus noir et déviant du psychédélisme sixties, dans le cerveau d'un Brian Jones terminal et défoncé, dans les délires meurtriers de Charles Manson, de la folie du sniper d'Austin Charles Whitman ("the sniper at the gates of heaven"), de la guerre ("Youg men Dead"), dans les éléctrochocs subis (et restitués) par Lou Reed. Puis il y a la fialiation évidente avec les héros locaux du psychédélisme américain, les 13th Floor Elevators d'Austin, au destin particulier : Leader interné après deux albums . En 1966 la moitié de ce groupe carburait aux amphétamines, l'autre au LSD! Résultat : des trucs dingues comme "Reverberation"... Quarante ans plus tard, même ville, les Black Angels reprennent les reines avec un rare panache.

La voix n'est d'ailleurs pas sans rappeler Rocky Erickson. On retrouve aussi dans ce chant un peu de Jeffrey Lee Pierce, chanteur défunt, capable de nous faire vraiment flippé à mort, rien qu'en chantant son blues sur fond de punk avec le Gun Club dans les 80's. Les morceaux de Passover, basés sur un seul accord la plupart du temps nous rappellent également les Spacemen 3, et leurs morceaux-trip vicieux et hypnotisants genre "Revolution", puis aussi les désecentes amphétaminées des stoners Kyuss. Au bout de 3-4 morceaux de Passover, on est déjà bien dans le trip. "Prodigal Sun" et son riff violent appelle les masses à s'entrechoquer, et "Manipulation", se met soudain à resynchroniser tous vos sens sur d'étranges fréquences. On y entend aussi les Jesus And Mary Chain, comment ne pas citer le Velvet Underground bien évidement: "Call To Arms" semble être un flash entre White Light/White Heat et Heroin, le spectre s'échappe des voix filtrées à la reverberation. Puis le final tout en reverb semble être la destination du voyage, et on constate qu'on a lévité bien haut pour en arriver là.

On y décèle donc de nombreuses influences marquantes (les plus rescentes: BJM, Warlocks...) mais les Black Angels créent ici leur propre son! Un truc énorme. Tous les titres sont semblables et se fondent en un seul bloc monolithique, un long mantra hypnotique. Il en résulte un album lumineux et littéralement hypnotisant qui s'écoute des milliers de fois. Voilà il est donc nécessaire d'y revenir encore et encore ; on a affaire là à un album important.

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