Chronique de X_Cosmonaut (Xsilence)
Cet album là m'avait plutôt marqué par son style atypique, assemblant un post-rock de bonne facture à un rock noisy et tendu, roucoulant pratiquement avec des mugissements screamo.
Ensuite, vint un second album Sleep And Release et l'EP Seclusion.
Si ceux-ci se voulaient plus aériens, ils n'en demeurent pas moins deux très belles pièces soniques, toujours armées d'une voix douce et soumise, mais toujours prête à passer à l'attaque criarde aux meilleurs moments. Durant cette période, j'ai vu la formation sur scène à trois reprises, pour autant de claques à l'heure du bilan post-prestation.
En 2007, arrive un split de trois titres avec Isis franchement pas mémorable, et ce My Heart Has a Wish That You Would Not Go. Assez étrangement, je ne me suis pas élancé directement vers ce troisième album, préférant me contenter d'une lecture d'une interview où le chanteur, souffrant des cordes vocales, insistait sur le fait qu'il n'hurlerait dès lors plus jamais, et que cette nouvelle plaque était formellement plus calme que les précédentes.
En février dernier, je vais néanmoins voir les écossais en concert, sans même écouter ce récent opus au préalable. Une bonne partie de My Heart Has a Wish That You Would Not Go figurera sur la set-list, avec un émerveillement certain à la clé, pour une quatrième claque en autant de visualisations scéniques.
"Barriers" lancinant et doux, "A life worth living" triste et fragile, "Conscious Life" ultra aérien, "Nightmares" autoritaire et posé, ou encore "The running man" déroutant, voilà globalement ce qu'il ressort de ce disque réussi et sorti dans une relative indifférence, mais attrapé en plein vol aujourd'hui.
Certes, Aereogramme s'est calmé, mais pas foncièrement au point de devenir léthargique.
Les inquiétudes n'ont donc aucune raison d'être.
Et même si le schéma de construction des titres de la formation devient reconnaissable, les émotions que ces écossais provoquent restent imparables.
Atypique sans spécialement être exclusif, Aereogramme reste un groupe hors normes à la force alchimique déboussolante.
Chronique de Nicolas (Goûte Mes Disques)
Formé à la fin des années 90 dans les environs de Glasgow, Aereogramme a depuis lors sorti deux albums studio (Story in White et Sleep and Release) ainsi qu’une collaboration avec Isis dans le cadre des Fishtank Sessions. S’enfermant depuis leurs débuts dans un mélange de qualificatif en post (post-metal, post-hardcore, post-rock), la formation de Craig B. n’a jamais provoqué dans le chef du chroniqueur que je suis le moindre soupçon d’intérêt. Alors, à l’annonce de la sortie de My Heart Has A Wish That You Would Not Go, vous aurez compris que ce n’était pas le sentiment d’enthousiasme qui m’habitait en premier lieu. En tout cas, j’étais loin de me douter du changement d’orientation du groupe écossais tant celui-ci est brutal…
En raison de problèmes aux cordes vocales, Craig B. s’est vu obligé d’arrêter de gueuler dans le micro. Aux premières nouvelles, c’est une très bonne chose ; le chanteur préférant aujourd’hui poser sa voix tout en n’hésitant pas à monter dans les aigus. Au rayon nouveauté chez Aereogramme figurent également cordes, clavier et cor. On se situe donc loin des débuts nettement plus bruyants, ma mauvaise langue me faisant même dire brouillons. Si les arrangements prennent donc davantage de place que par le passé, ceux-ci paraissent tout simplement téléphonés. A l’image de certains passages aux violons qui ne sont pas sans nous rappeler certains groupes de metal symphonique, Within Temptation en tête ("Nightmares"). Bien qu’Aereogramme démontre qu’il n’a rien perdu de son goût pour la progression tout en étant nettement plus accessible, My Heart Has A Wish That You Would Not Go ne parvient pas à se sortir de la médiocrité ambiante. Oui, le virage est radical et louable mais ce n’est pas pour autant qu’il faut lui chercher à tout prix des qualités. A tel point qu’après l’écoute de cet album, on ne souhaite que trois choses : que Craig B. retrouve sa voix au plus vite, qu'il se remette à crier et que nos chemins se séparent. Définitivement.