Grotesque (After The Gramme)

Grotesque (After The Gramme)

The Fall

13 / 20 1980 Rough Trade Album / CD  Vinyle

Chronique de Gaylord (Xsilence) 9 / 20

Posté le 24/03/2008
De tous les groupes post-punks, The Fall est un de ceux qui m'ont le moins fasciné, même si j'apprécie beaucoup certains de leurs morceaux.
La musique est assurément, de manière plus ou moins voilée, plus ou moins évidente, le reflet d'une personnalité, d'une sensibilité.
Or, Mark E Smith, comme chacun sait, est un loser pathétique doublé d'un alcoolique notoire. Rarement individu aura été aussi antipathique, aigri, teigneux et maussade. Toujours à chercher la bagarre ce Mark E Smith. Ce vieux avant l'âge à la tête de "poisson surréaliste" (sic), se voudrait à la fois poète maudit, working class hero et clochard céleste. En vérité, il fait peine à voir.
On se souvient qu'il avait refusé à ce pauvre Johnny Marr, esseulé de son Morrissey, et qui avait frappé à la porte du studio où répétait The Fall, de jouer avec eux, prétextant qu'ils avaient déjà trois guitaristes.
Mark E Smith est un non-chanteur. L'un des plus grands imposteurs de tous les temps. Ses performances vocales sont si piètres, son accent de prolétaire du Nord si prononcé, ses modulations si restreintes (il doit avoisiner les 0,2 octaves), qu'il ferait passer Ian Curtis pour Pavarotti. Son chant laisse supposer une haleine chargée – surchargée même – de whisky bon marché.
Venons-en à la musique – si musique il y a. Elle semble bien décousue, inaboutie (mais il aurait peut-être fallu qu'ils apprennent à jouer d'un instrument avant d'enregistrer), cheap, terne et sans relief. Je ne dirais pas sans saveur, car elle dégage des relents de bière, de moisissure et de vomi.
Attention, Grotesque (After The Gramme), comme tous les albums de The Fall, pourrait bien vous rebuter par ses aspects rugueux, pas fini et bancal.
Si vous aimez les belles mélodies, les sons sophistiqués, les atmosphères douces et éthérées, cet album n'est pas pour vous.

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