And Don't The Kids Just Love It

And Don't The Kids Just Love It

The Television Personalities

18 / 20 1980 Fire Album / CD  Vinyle

Chronique de Dorothy wiggins (Xsilence) 18 / 20

Posté le 05/01/2008
...And Don't The Kids Just Love It est un album étrange : on y entend un groupe qui sonne comme les premiers Clash, accompagné par un Syd Barrett (facile, mais il s'agit de la triste vérité) égaré on ne sait trop comment au micro. Dès les premières notes de "This Angry Silence", deux 'races' sont réconciliées ; les punks et les amateurs de psychédélisme insouciant à la Kaleidoscope. En fait, cette musique caractérise le mouvement occulte du 'punk primesautier', genre alléchant auquel fait partie, par exemple, le premier Undertones, autre chef d'oeuvre, aux côtés de l'album ici chroniqué. Bon, sûr, ...Don"t The Kids... reflue un parfum plus proche de l'acide (à moins que ce ne soit de l'héroine) que de la Guinness , comme en témoigne le narcoleptique "Diary Of A Young Man" suivi immédiatement par un morceau sautillant qui chatouille la plante des pieds ("Geoffrey Ingram") et qui préfigure certains groupes adulés ou détéstés des années 90-2000 (à vous de faire la liste), comme la moitié des morceaux présents sur cet ouvrage. Il s'agit pourtant d'un album aux ambitions plutôt modestes, assez classique, pour parler sans détours. Pourtant il renferme un secret de fabrication : ses chansons semblent sans cesse lutter pour garder un équilibre que l'on sait précaire ; d'où la bancalité de certains rythmes et de certains solos (celui de "Glittering Prizes", à la toute fin du morceau, magnifique...) emportés à la va-comme-je-te-pousse jusqu'au terme de ces chansons laborieuses aux intonations parfois cockney ("Parties In Chelsea"), ce qui, de la part d'un groupe écossais, peut paraître assez surprenant ; au moins ils le revendiquent. Enfin...
Nous ne saurions dire quelle mélodie sort du lot tant elles s'imbriquent les unes dans les autres pour le bonheur de l'auditeur, qui, une fois l'album en bout de course, hésitera une poignée de quarts de secondes avant de se dire, niaisement : 'Bon, allez, ça ne me fera pas de mal, lecture!'. Génial premier album, somme d'influences en même temps que précurseur. Et dansant, pour ne rien gâcher ; et après tout, la danse est un élément assez important dans le rock, il me semble.
La prochaine fois, penser à critiquer un album que je n'aime pas.

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