Chronique de Easton ellis (Xsilence)
Posté le 18/07/2013
S'il fallait en choisir un... Bien trop difficile. Mais il est certain que Tim, de The Replacements est l'un des meilleurs albums de tous les temps.
En 1985, la bande de Paul Westerberg en est à sa quatrième galette. Groupe "hardcore", énervé, bruyant, et très alcoolisé, les débuts de ces derniers sont fracassants, et volontairement bordéliques. Le premier album, Sorry Ma, Forgot To Take Out The Trash annonce la couleur. Après les non moins réussi Hootenanny, et surtout Let It Be, les hommes de Minneapolis quittent le label local, Twin/Tone Records, et signent chez Sire Records, propriété Warner Music Group.
Trahison de l'éthique DIY ? Signe avant-coureur de la fin de l'indé "exempt de toute pureté commerciale" ? Pas vraiment... Car même si les compères quittent leur petit label d'origine, ils n'en n'oublient pas leurs racines musicales. Affinées, plus travaillées, et moins brutes de décoffrage, mais toujours aussi marquées au fer rouge, les chansons de Tim sont simplement aboutis.
A la différence de nombreux groupes congénères de la scène indé des années 80 (Minutemen, Mission Of Burma, et bien sur Husker Du), The Replacements ne s'est jamais caché de ses influences pop (Slade, Big Star, Rolling Stones, The Beatles). Influences qu'ils vont concilier à leur culture punk. Au final, ce mélange hybride, et pourtant si contradictoire sur bien des points, trouve dans Tim un niveau d'accomplissement qui frise la perfection.
Tout au long de cet album, il y a un personnage, un éternel loser, un peu paumé. Première piste : "Hold My Life", le titre et le texte en disent déjà long. Sur une rythmique bien rock'n roll, on n'oublie pas la petite critique des 80's, et du monde de la consommation, avec "I'll Buy". La douce frustration du loser avec "Kiss Me On The Bus", tout ces moments où l'on tombe amoureux, et qu'elle ne le sait même pas, ou fait mine de ne pas s'en rendre compte. Retour au hardcore, avec un titre évocateur : "Dose Of Thunder". Les bougres n'oublient pas d'où ils viennent. S'enchaînent deux mélopées pop, douces, et mélancoliques, surtout "Swingin' Party": "If bein' strong is what you want, then I need help here with this feather".
Le loser vient cracher sa colère dans "Bastard Of Young". Plus qu'une simple rythmique énervée, cette chanson est un hymne à la jeunesse, à son insouciance, à sa bêtise, et l'éternelle question : "Et maintenant on fait quoi ?". Chaque mot est important dans cette chanson, chaque idée qui s'enchaine est un doigt (résigné) qui se lève au nez du monde, chanté par la voix éraillée de Westerberg : "The ones who love us best are the ones we'll lay to rest". Synthèse géniale, le clip minimaliste en noir et blanc de cette chanson se situe dans la même veine : apathie, et rage... Toujours ce mélange savant avec "Lay It Down Clown". Qui peut prétendre faire un rock'n roll aussi franco de porc en 1985 (encore maintenant) ?
A nouveau, le subtil mélange doux-amer avec "Left Of The Dial", sublime envolée pop, aux harmonies simplement magnifiques. Dernier instant punk et bien mélancolique avec "Little Mascara". Et enfin, la chanson qui collera à la peau du maître d'œuvre Westerberg, "Here Come The Regular". Comment mettre en forme la solitude d'un alcoolique repenti (ou qui n'y parviendra jamais) ? Tout long commentaire serait au final inutile, il est juste urgent de l'entendre pour comprendre.
A la différence de leurs pairs de la scène indé de l'époque, The Replacements reste un groupe parmi les plus accessibles pour le grand public. Sans doute cet ingénieux mélange. Accessible, et pourtant largement oublié, puisque ils ne seront jamais de gros vendeurs de disques (gage de qualité ?). Génial ? Indépassable ? Indispensable ? Les qualificatifs ne manqueraient pas pour cet album...
Juste une bande de musiciens, un peu classe moyenne, un peu paumés, un peu jeunes, et un peu talentueux. Parfois il ne faut pas grand-chose...
En 1985, la bande de Paul Westerberg en est à sa quatrième galette. Groupe "hardcore", énervé, bruyant, et très alcoolisé, les débuts de ces derniers sont fracassants, et volontairement bordéliques. Le premier album, Sorry Ma, Forgot To Take Out The Trash annonce la couleur. Après les non moins réussi Hootenanny, et surtout Let It Be, les hommes de Minneapolis quittent le label local, Twin/Tone Records, et signent chez Sire Records, propriété Warner Music Group.
Trahison de l'éthique DIY ? Signe avant-coureur de la fin de l'indé "exempt de toute pureté commerciale" ? Pas vraiment... Car même si les compères quittent leur petit label d'origine, ils n'en n'oublient pas leurs racines musicales. Affinées, plus travaillées, et moins brutes de décoffrage, mais toujours aussi marquées au fer rouge, les chansons de Tim sont simplement aboutis.
A la différence de nombreux groupes congénères de la scène indé des années 80 (Minutemen, Mission Of Burma, et bien sur Husker Du), The Replacements ne s'est jamais caché de ses influences pop (Slade, Big Star, Rolling Stones, The Beatles). Influences qu'ils vont concilier à leur culture punk. Au final, ce mélange hybride, et pourtant si contradictoire sur bien des points, trouve dans Tim un niveau d'accomplissement qui frise la perfection.
Tout au long de cet album, il y a un personnage, un éternel loser, un peu paumé. Première piste : "Hold My Life", le titre et le texte en disent déjà long. Sur une rythmique bien rock'n roll, on n'oublie pas la petite critique des 80's, et du monde de la consommation, avec "I'll Buy". La douce frustration du loser avec "Kiss Me On The Bus", tout ces moments où l'on tombe amoureux, et qu'elle ne le sait même pas, ou fait mine de ne pas s'en rendre compte. Retour au hardcore, avec un titre évocateur : "Dose Of Thunder". Les bougres n'oublient pas d'où ils viennent. S'enchaînent deux mélopées pop, douces, et mélancoliques, surtout "Swingin' Party": "If bein' strong is what you want, then I need help here with this feather".
Le loser vient cracher sa colère dans "Bastard Of Young". Plus qu'une simple rythmique énervée, cette chanson est un hymne à la jeunesse, à son insouciance, à sa bêtise, et l'éternelle question : "Et maintenant on fait quoi ?". Chaque mot est important dans cette chanson, chaque idée qui s'enchaine est un doigt (résigné) qui se lève au nez du monde, chanté par la voix éraillée de Westerberg : "The ones who love us best are the ones we'll lay to rest". Synthèse géniale, le clip minimaliste en noir et blanc de cette chanson se situe dans la même veine : apathie, et rage... Toujours ce mélange savant avec "Lay It Down Clown". Qui peut prétendre faire un rock'n roll aussi franco de porc en 1985 (encore maintenant) ?
A nouveau, le subtil mélange doux-amer avec "Left Of The Dial", sublime envolée pop, aux harmonies simplement magnifiques. Dernier instant punk et bien mélancolique avec "Little Mascara". Et enfin, la chanson qui collera à la peau du maître d'œuvre Westerberg, "Here Come The Regular". Comment mettre en forme la solitude d'un alcoolique repenti (ou qui n'y parviendra jamais) ? Tout long commentaire serait au final inutile, il est juste urgent de l'entendre pour comprendre.
A la différence de leurs pairs de la scène indé de l'époque, The Replacements reste un groupe parmi les plus accessibles pour le grand public. Sans doute cet ingénieux mélange. Accessible, et pourtant largement oublié, puisque ils ne seront jamais de gros vendeurs de disques (gage de qualité ?). Génial ? Indépassable ? Indispensable ? Les qualificatifs ne manqueraient pas pour cet album...
Juste une bande de musiciens, un peu classe moyenne, un peu paumés, un peu jeunes, et un peu talentueux. Parfois il ne faut pas grand-chose...