Body Love Body Hate

Body Love Body Hate

Caustic Resin

16 / 20 1993 C/Z Album / CD

Chronique de Eddie (Xsilence) 15 / 20

Posté le 27/01/2009
Built to Spill et Caustic Resin sont les deux faces d'une même pièce. Le frère aîné, sérieux et appliqué, et le fils prodigue naturellement doué mais désordonné. Il est facile d'une proximité géographique et d'affinités personnelles d'opérer un rapprochement artistique. Cependant, si l'on considère qu'une identité ne se forme et ne se transforme qu'en fonction de l'autre alors la comparaison devient nécessaire. Passons.

Caustic Resin fait dans l'immédiat, dans la combustion spontanée. La musique est à la fois étouffante et fainéante. Empêtrée dans un déluge de guitares, sans cesse au bord de la rupture, l'énergie contrôle l'être et le son. Une succession de spasmes non maîtrisés, l'impression d'assister à la genèse d'un nouveau "NirvanAkira". Le tout est éreintant. La voix, fatiguée, est noyée dans les vagues successives. L'apocalypse individuelle.

La progression est lente, tendance slacker. De toute manière, ici, tout est inversé, le musicien ne crée pas la musique, c'est la musique qui lui passe au travers. Le mal de ventres doit être intense. Le groupe implose sans arrêts, trop petit pour contenir le flux. Digne descendant des plus grands bluesmen, Caustic Resin a vendu son âme au diable et semble en payer le prix en musique. On a mal pour eux.

C'est là la différence avec Built to Spill, qui progresse à la force du poignet, album après album (Ne nous méprenons pas, il ne s'agit pas ici du procès de BTS). Au contraire, Caustic Resin a voulu aller trop vite, trop loin, trop fort. L'impatience fougueuse. Choisir la jeunesse éternelle plutôt que d'être vieux avant l'heure quitte à décevoir les anciens. Il était fatal que Built to Spill leur survivrait. Caustic Resin brûle autant d'énergie sur cet album que d'autres sur l'ensemble de leur carrière.

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