Chronique de Mike69 (Xsilence)
Posté le 04/11/2010
Parfois, on fait tout à l'envers ...
Prenez Galaxie 500, je les ai complètement loupés à l'époque (fin des 80's). Pourtant, j'écoutais déjà ce genre de musique et j'étais déjà converti à la religion Velvet Underground (je faisais même partie du sous-courant intégriste "album au divan").
Bon, le temps passe et j'écoute tous ces groupes influencés par Galaxie 500 (et donc par le Velvet) cad tout le courant slowcore (Low et consorts): tempo très lent, au maximum légèrement inférieur au mid tempo pour les plus excités, guitares pleines de reverb, harmonies vocales éthérées, et bien sûr beaucoup de drogues. Puis, il y a eut tous ces groupes shoegaze qui ont poussé encore plus loin la trilogie lenteur- reverb-drogues. Et donc j'écoute tout ça et je prends mon pied, sans savoir que Galaxie 500 avait déjà fait ça, en mieux, entre 1988 et 1990, en trois albums studios géniaux.
Quand, enfin, je découvre Galaxie 500, il y a quelques mois, je fais encore tout à l'envers. Je commence par la fin, par le troisième et dernier album This Is Our Music, le moins bon ou disons le moins génial. Puis, je remonte le temps avec On Fire, considéré par beaucoup comme le meilleur. Puis enfin, je tombe sur ce Today que j'écoute quasiment tous les jours depuis 6 mois.
Galaxie 500, c'est Le Couple et La Star. Le Couple, c'est Naomi Yang et Damon Krukowski. Naomi : délicieuse bassiste qui avoue ne jouer que sur les deux premières cordes de son engin pour, à l'instar de son modèle Peter Hook de New Order, accompagner la mélodie plutôt que marquer le rythme. Damon : compagnon de la délicieuse bassiste, batteur atypique et expérimentateur qui joue autant des cymbales que des fûts. La Star, c'est Dean Wareham. Dean : chanteur, guitariste et belle gueule. Piètre chanteur, le Dean : sa voix de chat de gouttière enroué peut être un repoussoir puissant mais contribue à la couleur sonore particulière du groupe. Génial guitariste, le Dean : il joue très peu de notes mais chacune d'elles atteint sa cible (à savoir le cœur et l'âme) et surtout il possède un son et une texture uniques, reconnaissables immédiatement. Dean, c'est le Guitar Anti-Hero ultime.
Nos trois larrons sont encore étudiants en Arts (quoi d'autre ?) à Boston quand ils entrent en studio pour enregistrer, en quelques jours, ce premier opus. Le producteur, Kramer, a la bonne idée de pousser le reverb à fond, inventant ainsi le son Galaxie 500.
Et voilà c'est parti. "Flowers" et "Pictures" sont bâties sur le même canevas : une jolie mélodie, pas de refrain (pourquoi se compliquer la vie ?) et deux supers solos de Dean. "Parking Lot" : pop song presque traditionnelle, quasiment sautillante, un solo dissonant de Dean à la fin quand même (faut ce qui faut). Sur "Don't Let Our Youth Go To Waste", reprise de Jonathan Richman, le ton change: Le Couple assène une rythmique inquiétante et puissante puis Dean chante la jolie mélodie, puis les trois larrons se lâchent dans un final orgiaque, au total presque 7 minutes de folie psychédélique. "Temperature's Rising" est tout simplement irrésistible, presque un tube, un joli solo de Dean au milieu, puis pour finir, un solo dissonant du même Dean (on ne se refait pas). "Oblivious" est un classique du groupe, mélodie bête comme chou à siffler sous la douche, solo de Dean évidemment, et tiens ?, un solo d'harmonica pour changer (Dean ?). Les trois dernières chansons sont des chefs-d'œuvre absolus, alors je fais court. Sachez simplement que sur "It's Getting Late", Dean nous sort un de ses meilleurs solos, frissons garantis. "Instrumental" est un... instrumental (ben oui) euphorisant qu'on mettrait bien comme sonnerie sur son portable si on savait seulement comment faire. Et enfin sur "Tugboat", ma préférée, le groupe confirme l'adage selon lequel "le Tout est plus grand que la somme des parties" ou comment trois musiciens aux compétences individuelles limitées réussissent à créer, ensemble, de la grande musique.
Bon voilà, désolé pour la longueur de la chronique mais il faut bien justifier le la note maximale. Vous l'aurez compris, Today c'est ma came, un album d'île déserte.
Juste une anecdote pour terminer. Ma fille, 5 ans, fait mine de râler parce que j'écoute Today en boucle : "Papa, pourquoi t'écoutes toujours la même musique ?" Mais, plus tard, elle accompagne en fredonnant la mélodie de "Tugboat". Merci Naomi, Damon et Dean pour ces moments là.
Prenez Galaxie 500, je les ai complètement loupés à l'époque (fin des 80's). Pourtant, j'écoutais déjà ce genre de musique et j'étais déjà converti à la religion Velvet Underground (je faisais même partie du sous-courant intégriste "album au divan").
Bon, le temps passe et j'écoute tous ces groupes influencés par Galaxie 500 (et donc par le Velvet) cad tout le courant slowcore (Low et consorts): tempo très lent, au maximum légèrement inférieur au mid tempo pour les plus excités, guitares pleines de reverb, harmonies vocales éthérées, et bien sûr beaucoup de drogues. Puis, il y a eut tous ces groupes shoegaze qui ont poussé encore plus loin la trilogie lenteur- reverb-drogues. Et donc j'écoute tout ça et je prends mon pied, sans savoir que Galaxie 500 avait déjà fait ça, en mieux, entre 1988 et 1990, en trois albums studios géniaux.
Quand, enfin, je découvre Galaxie 500, il y a quelques mois, je fais encore tout à l'envers. Je commence par la fin, par le troisième et dernier album This Is Our Music, le moins bon ou disons le moins génial. Puis, je remonte le temps avec On Fire, considéré par beaucoup comme le meilleur. Puis enfin, je tombe sur ce Today que j'écoute quasiment tous les jours depuis 6 mois.
Galaxie 500, c'est Le Couple et La Star. Le Couple, c'est Naomi Yang et Damon Krukowski. Naomi : délicieuse bassiste qui avoue ne jouer que sur les deux premières cordes de son engin pour, à l'instar de son modèle Peter Hook de New Order, accompagner la mélodie plutôt que marquer le rythme. Damon : compagnon de la délicieuse bassiste, batteur atypique et expérimentateur qui joue autant des cymbales que des fûts. La Star, c'est Dean Wareham. Dean : chanteur, guitariste et belle gueule. Piètre chanteur, le Dean : sa voix de chat de gouttière enroué peut être un repoussoir puissant mais contribue à la couleur sonore particulière du groupe. Génial guitariste, le Dean : il joue très peu de notes mais chacune d'elles atteint sa cible (à savoir le cœur et l'âme) et surtout il possède un son et une texture uniques, reconnaissables immédiatement. Dean, c'est le Guitar Anti-Hero ultime.
Nos trois larrons sont encore étudiants en Arts (quoi d'autre ?) à Boston quand ils entrent en studio pour enregistrer, en quelques jours, ce premier opus. Le producteur, Kramer, a la bonne idée de pousser le reverb à fond, inventant ainsi le son Galaxie 500.
Et voilà c'est parti. "Flowers" et "Pictures" sont bâties sur le même canevas : une jolie mélodie, pas de refrain (pourquoi se compliquer la vie ?) et deux supers solos de Dean. "Parking Lot" : pop song presque traditionnelle, quasiment sautillante, un solo dissonant de Dean à la fin quand même (faut ce qui faut). Sur "Don't Let Our Youth Go To Waste", reprise de Jonathan Richman, le ton change: Le Couple assène une rythmique inquiétante et puissante puis Dean chante la jolie mélodie, puis les trois larrons se lâchent dans un final orgiaque, au total presque 7 minutes de folie psychédélique. "Temperature's Rising" est tout simplement irrésistible, presque un tube, un joli solo de Dean au milieu, puis pour finir, un solo dissonant du même Dean (on ne se refait pas). "Oblivious" est un classique du groupe, mélodie bête comme chou à siffler sous la douche, solo de Dean évidemment, et tiens ?, un solo d'harmonica pour changer (Dean ?). Les trois dernières chansons sont des chefs-d'œuvre absolus, alors je fais court. Sachez simplement que sur "It's Getting Late", Dean nous sort un de ses meilleurs solos, frissons garantis. "Instrumental" est un... instrumental (ben oui) euphorisant qu'on mettrait bien comme sonnerie sur son portable si on savait seulement comment faire. Et enfin sur "Tugboat", ma préférée, le groupe confirme l'adage selon lequel "le Tout est plus grand que la somme des parties" ou comment trois musiciens aux compétences individuelles limitées réussissent à créer, ensemble, de la grande musique.
Bon voilà, désolé pour la longueur de la chronique mais il faut bien justifier le la note maximale. Vous l'aurez compris, Today c'est ma came, un album d'île déserte.
Juste une anecdote pour terminer. Ma fille, 5 ans, fait mine de râler parce que j'écoute Today en boucle : "Papa, pourquoi t'écoutes toujours la même musique ?" Mais, plus tard, elle accompagne en fredonnant la mélodie de "Tugboat". Merci Naomi, Damon et Dean pour ces moments là.