Redemption

Redemption

Jude

14 / 20 2006 Naïve Album / CD

Chronique de TiComo La Fuera (Xsilence) 14 / 20

Posté le 03/10/2006
La traversée du désert que Jude a connue pendant près de quatre ans semble être définitivement révolue. Il faut croire que la déception amoureuse, qui a fait naître Sarah, fait de ce retour inattendu une renaissance assez réussie aux doux goûts du passé.

Il faut tout d'abord rappeler que l'américain natif de Boston s'est rapidement fait connaître avec ses deux premiers albums mais a aussi connu brusquement le déclin dû principalement à une petite avidité de notoriété. Signer avec une major permet certes d'être correctement édité mais est souvent synonyme d'encadrement musical et d'atteinte à l‘intégrité de l'artiste comme Jude a pu le constater. C'est ainsi qu'après le flop de King Of Yesterday, le chanteur à la gueule d'ange s'est remis sensiblement en question et offre un nouvel album superbe.

Redemption pourrait être défini comme le fils qu'il n'a jamais eu, qui aurait du remplacer King Of Yesterday ou être au contraire l'album du rachat comme il est si bien intitulé. Dans les deux cas, Jude démontre qu'il n'a pas changé, qu'il peut passé d'un registre à l'autre sans problème, capable de frôler des mélodies très instrumentalisées (sans refaire les mêmes erreurs que dans le passé) ou au contraire simples et tout aussi belles. Car si l'artiste possède un talent, il réside sans aucun doute dans la simplicité et la délicatesse de son écriture qui ne dénature pas pour autant sa pop folk largement inspiré mais dans laquelle il réussit à se démarquer.
Il avait déjà conjugué à merveille, sur No On's Really Beautiful, ses diverses influences mais ici il va plus loin. Les Beatles sont toujours à la croisée des chemins ("Fly Again" rappelle beaucoup "All You Need Is Love"), mais on retrouve aussi The Strokes avec "Run To My Room", de la pop à la teinte Oasis sur "Save Me" et même du rock mélodique ("Your Eyes"). Jude enfile également le costume de chrooner le temps d'un "Stay" savamment prononcé "My Way".
On est certes loin du sérieux de Sarah surtout lorsque l'auteur use de sa fameuse ironie et ne s'en prive pas ("Money"). Néanmoins, on a toujours l'occasion d'écouter de belles ballades au piano ("End Of My Rainbow", She's Gettins Married) ou d'autres titres qui montrent que la période "Charlie Says" n'est pas morte.

Défini comme un songwriter's songwriter, Jude Christodal, de son vrai nom, continue de surprendre ou plutôt surprend de nouveau et fait de Redemption un album caméléon digne héritier de No One's Really Beautiful. Avec un tel disque, on ne peut que lui pardonné ses petites erreurs du passé...

Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 13/10/2006

Face à une déception amoureuse, il existe 36000 manières différentes de réagir. On peut choisir de rebondir tout de suite, en se disant que ce n’était pas la bonne ou que ce n’était pas le bon (selon les cas). On peut se laisser pousser la barbe et rester affalé sur son lit en écoutant "Cambodia" de Kim Wilde. On peut pleurer toutes les larmes de son corps. Et quand on est un brin artiste, on peut écrire un disque. Mais dans tous les cas, avec le temps, la douleur finit par s’apaiser. Et à ce moment-là, après avoir vécu plus ou moins l’enfer, on vit une véritable rédemption : la souffrance n’était pas inutile, elle a offert une voie vers le salut. C’est précisément ce qui est arrivé à l’ami Jude.

Vous vous souvenez peut-être de Sarah, le précédent album de Jude, centré autour d’une histoire amoureuse, de sa naissance à sa mort. Un bel album, grave et aride, très mélancolique, un véritable travail de deuil, paru l’an dernier après quatre ans de silence. La bonne nouvelle aujourd’hui est double : Jude, ange déchu, est guéri et sort un nouvel album, pop et apaisé, opportunément intitulé Redemption.

Ce nouvel opus marque en fait le retour de Jude aux affaires : si la plupart des morceaux traitent à nouveau d’amour ("All I want to do", "Love, Love, Love", "Break-up Song"…) et si certains portent encore les stigmates de la douleur passée ("I wrote this song to keep from killing myself" – "End of my Rainbow"), le ton est beaucoup plus enlevé et enjoué que précédemment, la musique beaucoup plus fouillée et produite, grâce, notamment, à un titre comme "Save Me", qui convoque à nouveau guitares électriques, batterie et même claviers, sur un rythme proche de l’immédiateté pop des meilleurs morceaux de No One Is Really Beautiful, l’album qui l’a fait connaître, sans - fort heureusement - renouer avec le côté surproduit de King of Yesterday.

Et enfin sauvé, Jude peut reprendre le combat en abordant d’autres thèmes que l’amour, comme, par exemple, l’argent sur "Money" et "Love, Love, Love", qui lui donnent l’occasion de régler quelques comptes avec les Etats-Unis en général et l’industrie du disque en particulier, avec un style peut-être un peu naïf, mais touchant et efficace : "Love love love is all you should be thinking of". Au final, Jude n’est pas qu’un perdant magnifique ("Beautiful Loser"), comme il aime à se qualifier. Il représente surtout un espoir : même quand tout va mal, il ne faut jamais perdre de vue que la lumière est au bout du tunnel, ne jamais oublier que l'on s'envolera à nouveau.


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