Chronique de Nicolas (Goûte Mes Disques)
Alors que l’une des formations hollandaises les plus convaincantes de ces dernières années, à savoir John Wayne Shot Me, vient d’annoncer la fin de son aventure après 8 années de bons et loyaux services, un autre groupe provenant d’outre-Moerdijk, Alamo Race Track, effectue quant à lui un retour plus que fracassant avec son deuxième album Black Cat John Brown faisant suite au très éclectique Birds At Home.
Plutôt que de poursuivre dans la voie de la diversité à outrance, la formation menée par Ralph Mulder entend approfondir davantage le sillon pop-rock / post-punk. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, Alamo Race Track ne tombe pas dans la facilité, celle de produire un énième clone de tout ce qui se fait actuellement du côté de la perfide Albion (de Franz Ferdinand aux Arctic Monkeys en passant par The Long Blondes). Voilà, leur Black Cat John Brown a trop de classe pour être réduit au même rang que ces albums dont la succession des titres ressemble à un vaste copier-coller. Bien qu’une musique aussi riche puisse s’apprécier dès la première écoute, l’album des amstellodamois ne finira de se révéler qu’au fil du temps. Car si elle sait se la jouer brute de décoffrage ("Don't Beat This Dog", "Kiss Me Bar", "The Northern Territory",…), la rythmique de Black Cat John Brown n’emporte pas tout sur son passage. A ce titre, les Hollandais parviennent à ralentir la cadence pour nous offrir autant de moments délicats ("My Heart", "The Killing",…) dont ils auraient tort de nous priver.
A l’opposé donc de tous ces groupes anglais ne possédant qu’une corde à leur arc (voire à leur guitare), celle de nous faire taper du pied, Alamo Race Track nous prouve sa grande maîtrise du modèle pop, qui renvoie tant aux Strokes qu’au Velvet Underground en passant par XTC, combiné à un songwriting de qualité à faire rougir un Mark Linkous avec son récent Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain. Heureusement pour nous, la bande à Mulder n’est pas anglaise tout comme elle ne fait pas la couverture du NME. On pourra donc aller les voir lors de leur prochain passage dans nos contrées sans devoir nous coltiner une horde de fans hyper hypés.
Chronique de Al16 (Xsilence)
Alors on entend ici et la les échos que pourraient partager les bataves avec les Strokes? Ou bien d'Interpol? Et tiens pourquoi pas dEUS ne serait-ce que pour la proximité géographique?
De simples échos oui admettons le... Mais n'omettons pas le fait que cela parait bien plus chaleureux que les premiers cités ("Don't Beat This Dog", "The Nothern Territory") et bien plus émotif que les seconds ("Breaker- Breaker 1-2, "Chocolate Years").
Black Cat John Brown à ce petit truc en plus. Celui qui semble moins racoleur, moins sophistiqué, moins produit et parallèlement plus franc, plus brut et plus candide que ses confrères. Et c'est bien la ou réside tout le charme de cet album. Entre l'intelligence de leur coté retro avec les nostalgiques "Black Cat John Brown" ou encore "Stanley Vs Hannah" et les petites bombes pop sautillantes tel un "Lee J. Cobb Is Screaming A Lot", Alamo Race Track a su parfaitment maitriser son sujet.
De la pop légère et percutante en passant par des mélodies folk intenses et délicates ce Black Cat John Brown démontre que ART sait désormais manier avec brio la variété de ses compostions.
Mais comme d'habitude, dans cette constellation de groupe brillant comme une étoile sur un seul et unique album puis filant par la suite sous des cieux bien moins lumineux, on n'attendra confirmation...