Chronique de Myfriendgoo (Xsilence)
Posté le 08/12/2007
Mon attachement à cet album, à mon avis le meilleur de Fugazi, est d'abord sentimental : il a été ma porte d'entrée dans l'univers d'un groupe qui n'est pas du genre à dérouler le tapis rouge à l'auditeur. Il avait fallu une écoute intensive du premier album de Rage Against The Machine pour préparer mes oreilles, encore très habituées au son des années 70, à ce choc musical. Mais à force de les entendre cités comme une référence évidente des énervés rappo-metalleux de chez Sony Music entertainement, j'ai fini par m'intéresser à leur cas.
En bon normand que je suis (et étudiant fauché à l'époque), j'avais d'abord été sensible au prix de ce quatrième album qui sortait sans flonflons en 1993 : pas le prix vert de la FNAC, non, un vrai prix démocratique, imposé par Dischord records, c'est-à-dire par Ian McKaye.
Et puis ça a été la claque. Une tension permanente, une vraie rage contre la machine, mais sans la couche de vernis d'Andy Wallace ni le visuel 'gangsta-rap proto-Besancenot'. Dans les deux premiers albums de Fugazi, que j'ai découverts peu de temps après, on sent encore nettement l'ascendance Minor Threat, et derrière elle l'influence du punk rageur et impliqué des Clash, voire du MC5. Les brûlots hardcore sont encore présents dans ce quatrième album: "Facet Squared" et "Public Witness Program", les morceaux d'ouverture, ou encore le jouissif "Great Cop". Mais même ces morceaux contiennent des moments de tension extrême, d'énergie retenue. Et que dire des morceaux lents ? Sur l'album précédent, le sublime "Long Division" avait déjà montré le capacité à transcender la mélancolie et le désespoir dans un morceau à la fois doux et puissant. In On The Kill Taker contient les meilleures intros, les meilleurs breaks et les meilleures montées de toute l'histoire du rock, simplement parce que ces enchaînements de haute volée servent des compositions travaillées avec beaucoup de finesse. Parmi les quatre membres du groupe, tout le monde participe à la fête, aucun ne fait de l'accompagnement, aucun n'est en retrait.
Pour cracher un tel album à la face du monde, il fallait s'appeler Fugazi...
En bon normand que je suis (et étudiant fauché à l'époque), j'avais d'abord été sensible au prix de ce quatrième album qui sortait sans flonflons en 1993 : pas le prix vert de la FNAC, non, un vrai prix démocratique, imposé par Dischord records, c'est-à-dire par Ian McKaye.
Et puis ça a été la claque. Une tension permanente, une vraie rage contre la machine, mais sans la couche de vernis d'Andy Wallace ni le visuel 'gangsta-rap proto-Besancenot'. Dans les deux premiers albums de Fugazi, que j'ai découverts peu de temps après, on sent encore nettement l'ascendance Minor Threat, et derrière elle l'influence du punk rageur et impliqué des Clash, voire du MC5. Les brûlots hardcore sont encore présents dans ce quatrième album: "Facet Squared" et "Public Witness Program", les morceaux d'ouverture, ou encore le jouissif "Great Cop". Mais même ces morceaux contiennent des moments de tension extrême, d'énergie retenue. Et que dire des morceaux lents ? Sur l'album précédent, le sublime "Long Division" avait déjà montré le capacité à transcender la mélancolie et le désespoir dans un morceau à la fois doux et puissant. In On The Kill Taker contient les meilleures intros, les meilleurs breaks et les meilleures montées de toute l'histoire du rock, simplement parce que ces enchaînements de haute volée servent des compositions travaillées avec beaucoup de finesse. Parmi les quatre membres du groupe, tout le monde participe à la fête, aucun ne fait de l'accompagnement, aucun n'est en retrait.
Pour cracher un tel album à la face du monde, il fallait s'appeler Fugazi...