Chronique de Abe-sapien (Xsilence)
Posté le 07/06/2007
Peu de personnes peuvent revendiquer d'avoir révolutionné la musique. Encore moins de l'avoir fait à deux reprises !! Et bien Ian MacKaye, s'il n'était pas d'une humilité exemplaire, pourrait s'en vanter. Mais pour lui, Fugazi n'est que la suite logique de ce qu'il avait commencé avec Minor Threat. Ce groupe d'adolescents proposait de la musique pour adolescents et en grandissant il a voulu faire évoluer cette musique avec lui. Et comme il a de plus encouragé de nombreux groupes et développé la scène de Washington grâce à son label Dischord, il pu s'associer avec des musiciens talentueux pour former Fugazi.
On retrouve donc des personnes ayant suivi la même voie, à savoir abandonner leurs premiers groupes car ils voulaient passer à autre chose. Guy Picciotto et Brendan Canty fraichement disponibles suite au split de Rites Of Spring et Joe Lally s'allient à Ian MacKaye pour former Fugazi. Une brochette de musiciens virtuoses et intègres pour mener de front un groupe incontournable. Pas de leader ici, chacun apporte sa pierre à l'édifice et cette association fait des étincelles d'un disque à l'autre.
Repeater est leur premier album. Et la coupure avec la scène hardcore se fait dès le premier titre. Le groupe affirme directement qu'il est temps de passer à autre chose. Fini la fougue, la vitesse, la hargne obligatoires... on peut largement rester intègre et engagé de manière plus posée. D'ailleurs grâce à cette retenue, à cette tension on peut plus facilement se faire entendre.
La musique de Fugazi dégage des sentiments multiples et opposés. Tour à tour calme, énervée, tendue mais toujours inspirée, elle démultiplie l'impact des textes. La production propre juste ce qu'il faut permet aux instruments de dégager le maximum de leur potentiel. Le groupe pose ici les bases de ce qui sera plus tard appelé l'emo-hardcore.
"Turnover" ouvre le bal et distille une ambiance urbaine et désabusée. On ressent les origines de la rue des musiciens. C'est difficile à décrire, et peut-être strictement personnel, mais l'impact est énorme. "Sieve-Fisted Find" ou "Styrofoam" font également passer la même ambiance. La misère, les inégalités du capitalisme, les exclus dont parlent les paroles sont alors devant nos yeux. Le message passe de manière exceptionnelle... Le hardcore cher aux musiciens est tout de même occasionnellement présent. "Merchandise" ou la très hachée "Greed" sont des pelotes d'énergie. Véritables dynamos, ces morceaux accumulent l'électricité avant de nous la renvoyer.
Le couple Brendan Canty - Joe Lally trouve déjà ses marques : ils balancent un groove énorme sur l'instrumental "Brendan #1" et surtout sur l'excellente "Two Beats Off". La face emo apparaît de manière discrète, Fugazi cherche encore ses marques. La déchirante "Blueprint", "Shut the Door" ou la plus énergique "Reprovisional" en posent tout de même les bases. Le potentiel de cette musique apparaît alors énorme. Repeater sera d'ailleurs l'album de chevet pour toute une scène encore en gestation.
L'impact de ce disque est difficile à évaluer. On peut juste se rendre compte de la réutilisation des nouvelles idées apportée ici par des myriades de groupes de rock par la suite. Les pointures avouant leur admiration pour ce groupe discret mais incontournable sont d'ailleurs légions. La complexité de Repeater (et des autres albums du groupe) permet de ne jamais s'en lasser. On redécouvre à chaque écoute tous les titres avec bonheur et leur impact est plus que jamais intact.
On retrouve donc des personnes ayant suivi la même voie, à savoir abandonner leurs premiers groupes car ils voulaient passer à autre chose. Guy Picciotto et Brendan Canty fraichement disponibles suite au split de Rites Of Spring et Joe Lally s'allient à Ian MacKaye pour former Fugazi. Une brochette de musiciens virtuoses et intègres pour mener de front un groupe incontournable. Pas de leader ici, chacun apporte sa pierre à l'édifice et cette association fait des étincelles d'un disque à l'autre.
Repeater est leur premier album. Et la coupure avec la scène hardcore se fait dès le premier titre. Le groupe affirme directement qu'il est temps de passer à autre chose. Fini la fougue, la vitesse, la hargne obligatoires... on peut largement rester intègre et engagé de manière plus posée. D'ailleurs grâce à cette retenue, à cette tension on peut plus facilement se faire entendre.
La musique de Fugazi dégage des sentiments multiples et opposés. Tour à tour calme, énervée, tendue mais toujours inspirée, elle démultiplie l'impact des textes. La production propre juste ce qu'il faut permet aux instruments de dégager le maximum de leur potentiel. Le groupe pose ici les bases de ce qui sera plus tard appelé l'emo-hardcore.
"Turnover" ouvre le bal et distille une ambiance urbaine et désabusée. On ressent les origines de la rue des musiciens. C'est difficile à décrire, et peut-être strictement personnel, mais l'impact est énorme. "Sieve-Fisted Find" ou "Styrofoam" font également passer la même ambiance. La misère, les inégalités du capitalisme, les exclus dont parlent les paroles sont alors devant nos yeux. Le message passe de manière exceptionnelle... Le hardcore cher aux musiciens est tout de même occasionnellement présent. "Merchandise" ou la très hachée "Greed" sont des pelotes d'énergie. Véritables dynamos, ces morceaux accumulent l'électricité avant de nous la renvoyer.
Le couple Brendan Canty - Joe Lally trouve déjà ses marques : ils balancent un groove énorme sur l'instrumental "Brendan #1" et surtout sur l'excellente "Two Beats Off". La face emo apparaît de manière discrète, Fugazi cherche encore ses marques. La déchirante "Blueprint", "Shut the Door" ou la plus énergique "Reprovisional" en posent tout de même les bases. Le potentiel de cette musique apparaît alors énorme. Repeater sera d'ailleurs l'album de chevet pour toute une scène encore en gestation.
L'impact de ce disque est difficile à évaluer. On peut juste se rendre compte de la réutilisation des nouvelles idées apportée ici par des myriades de groupes de rock par la suite. Les pointures avouant leur admiration pour ce groupe discret mais incontournable sont d'ailleurs légions. La complexité de Repeater (et des autres albums du groupe) permet de ne jamais s'en lasser. On redécouvre à chaque écoute tous les titres avec bonheur et leur impact est plus que jamais intact.