Chronique de Jeanfoutre (Xsilence)
Posté le 24/03/2009
Après un Soviet Kitch tout en intimité et en faux-semblants, difficile de ne pas être surpris –et le plus souvent déçu- lors de la première écoute de Begin To Hope. En effet, Regina a semblé préférer les arrangements pop, un peu pédants par moments, à ces mélodies si bien senties de ses premiers opus.
Mais attention, on se rend vite compte à l'écoute de ce disque, que ce talent de composition, bien que parfois enfoui sous une production beaucoup moins nue, et on peut le dire moins couillue, est toujours bien présent (le magnifique piano de "Fields Bellow").
On sent une recherche d'identité, alors que Regina semble vouloir faire avancer sa musique. Cela mène parfois à des échecs relatifs (l'abominablement accrocheur "That Time" où elle s'essaie à un pastiche d'Alanis Morissette pour la voix, et où le texte pèche sérieusement -du Cali dans la langue de Shakespeare- mais dont le riff finit par charmer grâce à sa simplicité entêtante) mais aussi à des réussites surprenantes (la basse ondulante d'"Edit" ou la combinaison pop/piano classique dans "Après Moi", combinaison pourtant frappée d'une incompatibilité de principe, tant elle est prétentieuse en vaine d'ordinaire). Loin d'être aussi accessible que la première impression le laisse supposer, cet album est plus subtil, bien que moins franc que son prédécesseur.
Pour ce qui est des textes, il en est de même. On retrouve le sens inné du bref portrait, saisissant de réalisme et de simplicité, qu'elle a toujours eu, mais à part ça les thèmes sont généralement plus sombres (parfois sous un maquillage sucré comme dans "Hotel Song") et l'ironie est moins présente. On peut déplorer cette tendance, et y voir de la grandiloquence, le titre de l'album semble de ce point de vue fort mal choisi.
En bref, si l'on met de côté ces promenades pop enjouées, d'écoute très agréable et fort bien réalisées, mais qui ne constituent pas l'intérêt principal de l'album, on peut constater un apport considérable au "son" Regina Spektor, qui déplaira à certains et enchantera les autres. On se doit de constater une envie de renouveau, bien que le son qu'elle semble vouloir atteindre soit encore en gestation. L'album bénéficie de ce fait d'une richesse qui n'est pas pour me déplaire, mais qui pourra aussi perdre un auditeur habitué à ses premiers albums, plus cohérents.
Mais attention, on se rend vite compte à l'écoute de ce disque, que ce talent de composition, bien que parfois enfoui sous une production beaucoup moins nue, et on peut le dire moins couillue, est toujours bien présent (le magnifique piano de "Fields Bellow").
On sent une recherche d'identité, alors que Regina semble vouloir faire avancer sa musique. Cela mène parfois à des échecs relatifs (l'abominablement accrocheur "That Time" où elle s'essaie à un pastiche d'Alanis Morissette pour la voix, et où le texte pèche sérieusement -du Cali dans la langue de Shakespeare- mais dont le riff finit par charmer grâce à sa simplicité entêtante) mais aussi à des réussites surprenantes (la basse ondulante d'"Edit" ou la combinaison pop/piano classique dans "Après Moi", combinaison pourtant frappée d'une incompatibilité de principe, tant elle est prétentieuse en vaine d'ordinaire). Loin d'être aussi accessible que la première impression le laisse supposer, cet album est plus subtil, bien que moins franc que son prédécesseur.
Pour ce qui est des textes, il en est de même. On retrouve le sens inné du bref portrait, saisissant de réalisme et de simplicité, qu'elle a toujours eu, mais à part ça les thèmes sont généralement plus sombres (parfois sous un maquillage sucré comme dans "Hotel Song") et l'ironie est moins présente. On peut déplorer cette tendance, et y voir de la grandiloquence, le titre de l'album semble de ce point de vue fort mal choisi.
En bref, si l'on met de côté ces promenades pop enjouées, d'écoute très agréable et fort bien réalisées, mais qui ne constituent pas l'intérêt principal de l'album, on peut constater un apport considérable au "son" Regina Spektor, qui déplaira à certains et enchantera les autres. On se doit de constater une envie de renouveau, bien que le son qu'elle semble vouloir atteindre soit encore en gestation. L'album bénéficie de ce fait d'une richesse qui n'est pas pour me déplaire, mais qui pourra aussi perdre un auditeur habitué à ses premiers albums, plus cohérents.