Chronique de Simon_P (Xsilence)
Posté le 30/11/2008
Imaginez-vous propulsés des millénaires en avant, à une ère où la Terre n'est plus que poussières et l'Homme totalement anéanti. Celui-ci, avant sa destruction imminente, aura balancé dans l'univers des traces de sa culture afin que quelqu'un ou quelque chose puisse découvrir cette espèce disparue.
Imaginez donc que des enregistrements audio propulsés de la Terre vers des exoplanètes susceptibles d'abriter de la vie foncent à travers l'espace-temps glacé.
Sur la petite planète volcanique Noname n°42 vit une petite espèce d'êtres vivants au physique délirant (que nous nommerons les Nonamiens), vivant en communauté autour d'un rocher de deux mètres de haut. C'est l'après-midi, les Nonamiens dorment près de leurs huttes agglutinées autour du Grand Rocher. Soudain, un vacarme rugit du ciel rouge: un objet non identifié fonce droit sur le rocher. Les Nonamiens n'ont pas le temps de réagir que déjà l'objet en forme de monolithe, s'écrase sur le rocher. S'approchant délicatement de l'intrus, les êtres sont d'abord intrigués par cet objet curieux, quand soudain, un symbole rouge en forme de pas de dinosaure sous lequel est inscrit en majuscules terrifiantes le mot "Magma" apparaît au milieu du monolithe. Tous les Nonamiens se rapprochent près du rocher, en face de l'étrange logo... puis, aussi brutalement que sa chute, un vacarme assourdissant sort du monolithe et pénètre dans les embryons distordues d'oreilles nonamiennes. Qu'entendent-ils? Mekanik Destruktïv Kommandoh. L'effet ne se fait pas entendre: avant même que le cerveau gluant des extra-terrestres ait pu effectuer tout acte raisonné, les corps des Nonamiens se mettent à danser. Et ce n'est pas n'importe quelle danse : une danse viscérale, sauvage, libérée de toute convention (de toute façon, ils ne savent pas ce que cela signifie), et d'une force telle que l'orage commence à grogner dans le ciel rougeâtre de la planète désormais en transe. 2'37 du premier mouvement: la foudre s'abat sur le monolithe, qui redouble d'intensité, tandis que les stupides Nonamiens n'ont plus conscience de ce qui leur arrive. Les volcans entourant le village commence à grogner, et très bientôt, la lave entoure le village dansant. Les choeurs et les cuivres du monolithe sont comme les paroles d'un Dieu, un nouveau Dieu pour le village enflammé, et pour les Nonamiens brûlés qui continuent à danser. Le magma recouvre tout le village, et bientôt le rocher n'est plus. Le monolithe, indestructible, continue à chanter au gré de la lave qui le fait voyager à travers cette planète en éruption. Les mouvements s'enchaînent, annonçant une sorte d'apocalypse (alors que la planète entière résonne au gré des éruptions violentes engendrées par le monolithe): Ima Suri Dondai l'Insubmersible, Nebehr Gudahtt le Prophète ou Wortz le Terrible... Tandis que dans l'atmosphère brûlante de la planète sur le point de cramer, les esprits des Nonamiens entourent le monolithe voguant sur la lave, juste pour écouter cette musique venue d'ailleurs, cet OVNI indescriptible et indestructible, ce Géant qui ravage Noname 42... Ils entendent des percussions explosives mêlées à des voix surhumaines... Car oui, vous l'aurez probablement compris, il s'agit là d'une de ces oeuvres enregistrées envoyées par les défunts hommes. Celle-ci fut enregistrée en l'année terrestre 1973 par un groupe de Français un peu non-conventionnels, Magma, dont le leader, Christian Vander (messager galactique de Noname 42 mais chut) a pondu avec ce disque l'oeuvre la plus délibérément viscérale du répertoire français, qui gobe et recrache ses tripes à n'importe quel citoyen un peu normal de la Sainte-Terre.
Sur Nonema 42, l'éruption s'est calmée, tandis que résonnent les dernières notes de Kreühn Köhrmahn Iss de Hündïn: la planète, totalement consumée par la musique de Magma, n'est plus qu'un paysage de cendres et de ciel gris... Un peu plus loin vers le nord, le monolithe est ancré dans la lave maintenant glacée, et il reprend soudain son rythme entêtant; la planète a trouvé son maître...
Magma a enfin trouvé sa Kobaïa.
Imaginez donc que des enregistrements audio propulsés de la Terre vers des exoplanètes susceptibles d'abriter de la vie foncent à travers l'espace-temps glacé.
Sur la petite planète volcanique Noname n°42 vit une petite espèce d'êtres vivants au physique délirant (que nous nommerons les Nonamiens), vivant en communauté autour d'un rocher de deux mètres de haut. C'est l'après-midi, les Nonamiens dorment près de leurs huttes agglutinées autour du Grand Rocher. Soudain, un vacarme rugit du ciel rouge: un objet non identifié fonce droit sur le rocher. Les Nonamiens n'ont pas le temps de réagir que déjà l'objet en forme de monolithe, s'écrase sur le rocher. S'approchant délicatement de l'intrus, les êtres sont d'abord intrigués par cet objet curieux, quand soudain, un symbole rouge en forme de pas de dinosaure sous lequel est inscrit en majuscules terrifiantes le mot "Magma" apparaît au milieu du monolithe. Tous les Nonamiens se rapprochent près du rocher, en face de l'étrange logo... puis, aussi brutalement que sa chute, un vacarme assourdissant sort du monolithe et pénètre dans les embryons distordues d'oreilles nonamiennes. Qu'entendent-ils? Mekanik Destruktïv Kommandoh. L'effet ne se fait pas entendre: avant même que le cerveau gluant des extra-terrestres ait pu effectuer tout acte raisonné, les corps des Nonamiens se mettent à danser. Et ce n'est pas n'importe quelle danse : une danse viscérale, sauvage, libérée de toute convention (de toute façon, ils ne savent pas ce que cela signifie), et d'une force telle que l'orage commence à grogner dans le ciel rougeâtre de la planète désormais en transe. 2'37 du premier mouvement: la foudre s'abat sur le monolithe, qui redouble d'intensité, tandis que les stupides Nonamiens n'ont plus conscience de ce qui leur arrive. Les volcans entourant le village commence à grogner, et très bientôt, la lave entoure le village dansant. Les choeurs et les cuivres du monolithe sont comme les paroles d'un Dieu, un nouveau Dieu pour le village enflammé, et pour les Nonamiens brûlés qui continuent à danser. Le magma recouvre tout le village, et bientôt le rocher n'est plus. Le monolithe, indestructible, continue à chanter au gré de la lave qui le fait voyager à travers cette planète en éruption. Les mouvements s'enchaînent, annonçant une sorte d'apocalypse (alors que la planète entière résonne au gré des éruptions violentes engendrées par le monolithe): Ima Suri Dondai l'Insubmersible, Nebehr Gudahtt le Prophète ou Wortz le Terrible... Tandis que dans l'atmosphère brûlante de la planète sur le point de cramer, les esprits des Nonamiens entourent le monolithe voguant sur la lave, juste pour écouter cette musique venue d'ailleurs, cet OVNI indescriptible et indestructible, ce Géant qui ravage Noname 42... Ils entendent des percussions explosives mêlées à des voix surhumaines... Car oui, vous l'aurez probablement compris, il s'agit là d'une de ces oeuvres enregistrées envoyées par les défunts hommes. Celle-ci fut enregistrée en l'année terrestre 1973 par un groupe de Français un peu non-conventionnels, Magma, dont le leader, Christian Vander (messager galactique de Noname 42 mais chut) a pondu avec ce disque l'oeuvre la plus délibérément viscérale du répertoire français, qui gobe et recrache ses tripes à n'importe quel citoyen un peu normal de la Sainte-Terre.
Sur Nonema 42, l'éruption s'est calmée, tandis que résonnent les dernières notes de Kreühn Köhrmahn Iss de Hündïn: la planète, totalement consumée par la musique de Magma, n'est plus qu'un paysage de cendres et de ciel gris... Un peu plus loin vers le nord, le monolithe est ancré dans la lave maintenant glacée, et il reprend soudain son rythme entêtant; la planète a trouvé son maître...
Magma a enfin trouvé sa Kobaïa.