The Eraser

The Eraser

Thom Yorke

17 / 20 2006 XL Album / CD  Vinyle

Chronique de Sagittarius (Sagi Hip Hop) 20 / 20

Posté le 10/07/2006

Ce weirdo de Thom Yorke, pour ceux de ma génération, on l’a tous rencontré au sein de Radiohead avec ce titre « Creep ». Mais je ne me suis jamais spécialement intéressé plus que ça à ce garçon, je le trouvais trop bizarre. Pourtant, au début des années 2010, je n’ai pas hésité à payer plus de 30 boules pour The Eraser en import, sans même savoir ce qu’il y avait dedans, alors que ça faisait déjà quatre ans qu’il était sorti.

Parce que quand le chanteur des Radiohead sort un album électro chez l’indé XL Recordings après 6 albums avec son groupe, ça attise ma plus grande curiosité, déjà que j’étais intrigué par sa tête de mec à moitié réveillé, et surtout son génie musical. J’ai été très été intrigué par la transmutation électro de Radiohead avec Kid A. Il a d’abord fallu que je m’adonne à l’électro et ça a mis du temps, d’où le délai avant de me pencher sur cette œuvre de 9 compos qui sont tellement… lui. C’est expérimental, les beats sont ultra-originaux, mais c’est effectivement de la recherche personnelle.

Le spleen de sa voix, les rythmiques électro, les éléments comme piano, guitares… On voit l’homme qu’il est à travers sa musique et ses paroles, on est happé dans cet univers intérieur qu’il a fabriqué pour qu’on le comprenne, même si pas facile d’accès. Je garde cette impression d’une personne qui s’est retranchée dans une maison au bord de la mer quelque part en Angleterre en train de regarder la pluie tomber sur l’océan et laissant ses trains de pensées filer, quand il ne bidouille pas des machines électroniques.

The Eraser de Thom Yorke n’est pas, mais alors pas du tout, le genre d’album où l’on cherche un titre à préférer, car même une chanson qui peut ne pas plaire s’avère être un travail incroyable avec des spécificités très marquées rendant chaque pièce unique, essentielle et prodigieuse. Ce qui caractérise cet album unique sont aussi ses imperfections, et étrangement, on pourrait le passer en boucle sans hésitation, puis réfléchir dessus, l’avoir en tête plusieurs jours, et le réécouter des années après avec ce même processus.


Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques) 8 / 20

Posté le 14/07/2006

Un album solo de Thom Yorke, le leader et chanteur de Radiohead ? Quelle idée saugrenue a priori ! Le groupe s'est en effet longtemps comparé au Conseil de Sécurité des Nations Unies : si chacun des membres a voix au chapitre, Yorke n'en demeure pas moins l'équivalent des Etats-Unis. C'est lui qui décide, lui qui a le dernier mot. Radiohead, ce n'est pas que lui, mais c'est essentiellement lui, ses textes, ses idées, ses conceptions. Dans ces conditions, on voyait mal l'intérêt d'un album en solitaire. On ne voyait pas ce que cela aurait ajouté ni même changé.

Et puis, finalement, pourquoi pas ? Si Radiohead est devenu au fil des ans et des albums l'un des groupes les plus importants au monde, c'est justement principalement grâce au talent de Yorke et de Nigel Godrich, producteur magique, qui transforme en or tout ce qu'il touche. Par conséquent, l'annonce d'un album "solo" de Yorke avec Godrich derrière les manettes a pu créer l'espoir d'une œuvre magistrale et somptueuse, peut-être débarrassée des interférences produites par les autres membres. Une œuvre qui aurait été composée de titres aussi sublimes que "Fog", par exemple, cette B-side interprétée par Thom seul au piano.

Malheureusement, les deux têtes pensantes ne l'ont pas entendu de cette oreille. D'abord, The Eraser n'est clairement pas un album de Radiohead, malgré cette voix, reconnaissable entre mille, malgré cette ambiance sombre et électronique qui caractérise les albums du groupe depuis, disons, Kid A, sorti en 2000, malgré quelques ressemblances ("Black Swan", pas très éloignée de "Backdrifts" sur Hail to the Thief, "The Clock", assez proche de "Morning Bell" sur Kid A). Surtout, The Eraser est une œuvre sans concession, conformément aux déclarations de Yorke depuis plus de six ans : presque pas de guitares, presque que des machines, une épure absolue.

Le tout, forcément, déçoit. L'absence quasi totale de support mélodique rend l'œuvre difficile d'accès. La froideur des compositions rebute. L'ambiance, suffocante, étouffante, épuisante, décourage les écoutes même les plus téméraires. Certes, en prenant son courage à deux mains, en persévérant, on se rend compte que la patte du Yorke que l'on connaît est là. Sur "Analyse", par exemple, peut-être le morceau le plus accessible de l'album. Sur "The Clock", également, déjà citée. C'est bien peu.

Ainsi, comme l'album solo de Jonny Greenwood, sorti en 2003, on se rend rapidement compte qu'il manque quelque chose. Une étincelle. Une présence. Non : des présences. Au final, on revient à notre question de départ. Pourquoi un album solo ? Les autres membres de Radiohead auraient, à notre avis, nourri chacune des compositions de Yorke, les auraient hydratées. Alors, aride, voilà. C'est le mot. Un album sec et peu convaincant, certainement pas destiné à toutes les oreilles. Et c'est le prétendu génie de Yorke qui en prend un coup.


Chronique de Steak_frites (Xsilence) 19 / 20

Posté le 28/10/2007
Il est bien seul sur son nuage,
Guidé par la sensualité mélancolique de sa voix on le suit
Sans hésiter, sans résister, comme captivé.
Et on observe le monde, ses travers, les questions sans réponses,
Nos doutes...
On observe et on écoute ce personnage nous plongeant dans son esprit torturé.
Cet album bien personnel est d'une beauté à couper le souffle, quelle douceur, noirceur malgré les beats electro agressifs, les murmures plaintifs du chanteur on ressent une certaine note d'espoir.

Loin sur notre nuage, regardant le monde de haut, le temps d'écouter ce disque, on s'étonne à rêver.
Un petit moment qui donne de l'espoir et donne envie de continuer de découvrir la Musique et de suivre ce personnage au plus haut dans les cieux.

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