Chronique de Sonic (Xsilence)
Posté le 27/04/2011
Tout d'abord je voudrais préciser que l'écoute de ce disque m'a laissé dans un état tellement étrange qu'il m'est presque difficile d'en parler. Et pourtant l'écriture de cette chronique représente maintenant un réel besoin pour moi. Ainsi donc j'ai découvert ce second opus de Pulp, ce Freaks traumatisant, sombre comme c'est pas permis. Personnellement, à chaque écoute, cet album me fait beaucoup plus de mal que n'importe quel Joy Division. Tout respire ici la folie, la paranoïa, la torture mentale. A quelques exceptions près et encore (peut être "I Want You" et "Don't You Know") Freaks est d'une noirceur et d'une tristesse magnifique et poignante. A cette époque (plus ou moins 1986), Jarvis Cocker est empêtré dans les drogues et le doute existentiel du working class hero pas encore né (Pulp n'a alors aucun succès ou presque). Et pourtant déjà sa plume acerbe de songwriter singulier fait des ravages. L'arrivée de Russel Senior n'est surement pas anodine aussi à ce virage radical par rapport à It. A côté de Freaks le premier opus de 1983 ferait presque office de blague ringarde.
L'album s'ouvre avec les ricanements déconcertants de "Fairground", évocation terrible des difformités en tous genres portée par une ligne de basse sombre et parfaite. "I Want You" est une perle pop qui annonce les perles que pondra Jarvis Cocker dans les années 90. Vient ensuite le morceau qui est pour moi le plus marquant de tout l'album (le plus glauque aussi), j'ai nommé le terrifiant "Being Followed Home", véritable cauchemar éveillé. Admirable dans sa structure et dans sa mélodie désespérée, ce morceau est l'un des grands temps forts de l'album. Plus jamais un morceau de Pulp ne sera empreint d'une telle noirceur. Un deuxième cauchemar suit le premier: le grandiose et vertigineux "Master Of The Universe". On sort à peine de cette suffocation (credo de l'album), pour entrer avec douleur et plaisir mêlés dans le triste (il n'y pas d'autres mots) "Life must be so wonderful". Cette chanson cynique mais toute tranquille fait mal tant elle respire le désespoir, les gris pavillons de Sheffield durant l'ère Thatcher... "There's No Emotion" et son intro bluesy est sublime de mélancolie et musicalement remarquable. "Anorexic Beauty" est une montée de folie crescendo portée par une batterie percutante, un des morceaux les plus audacieux de Freaks. La surprenante et harcelante "The Never Ending Story" s'essouffle vite et représente peut être le seul bémol à l'ensemble. Qu'importe puisque suit une beaucoup plus classique perle pop "Don't You Know" qui nous fait respirer un peu et aurait eu sa place sur Different Class. Puis vient l'apothéose avec le sublime et malsain "They Suffocate At Night", chef d'œuvre absolu et peut être le meilleur titre jamais écrit par Pulp. On imagine avec regret ce que ce bijou de "Freaks" aurait pu donner avec une meilleure production. Et oui Pulp excellait à ce moment-là dans une relative indifférence. Plus pour longtemps.
L'album s'ouvre avec les ricanements déconcertants de "Fairground", évocation terrible des difformités en tous genres portée par une ligne de basse sombre et parfaite. "I Want You" est une perle pop qui annonce les perles que pondra Jarvis Cocker dans les années 90. Vient ensuite le morceau qui est pour moi le plus marquant de tout l'album (le plus glauque aussi), j'ai nommé le terrifiant "Being Followed Home", véritable cauchemar éveillé. Admirable dans sa structure et dans sa mélodie désespérée, ce morceau est l'un des grands temps forts de l'album. Plus jamais un morceau de Pulp ne sera empreint d'une telle noirceur. Un deuxième cauchemar suit le premier: le grandiose et vertigineux "Master Of The Universe". On sort à peine de cette suffocation (credo de l'album), pour entrer avec douleur et plaisir mêlés dans le triste (il n'y pas d'autres mots) "Life must be so wonderful". Cette chanson cynique mais toute tranquille fait mal tant elle respire le désespoir, les gris pavillons de Sheffield durant l'ère Thatcher... "There's No Emotion" et son intro bluesy est sublime de mélancolie et musicalement remarquable. "Anorexic Beauty" est une montée de folie crescendo portée par une batterie percutante, un des morceaux les plus audacieux de Freaks. La surprenante et harcelante "The Never Ending Story" s'essouffle vite et représente peut être le seul bémol à l'ensemble. Qu'importe puisque suit une beaucoup plus classique perle pop "Don't You Know" qui nous fait respirer un peu et aurait eu sa place sur Different Class. Puis vient l'apothéose avec le sublime et malsain "They Suffocate At Night", chef d'œuvre absolu et peut être le meilleur titre jamais écrit par Pulp. On imagine avec regret ce que ce bijou de "Freaks" aurait pu donner avec une meilleure production. Et oui Pulp excellait à ce moment-là dans une relative indifférence. Plus pour longtemps.