Chronique de Sonic (Xsilence)
Posté le 28/01/2011
Difficile de placer des mots sur une telle musique... Ah l'Allemagne ! Sa choucroute, ses années 70, son esprit torturé d'un lourd héritage historique (bonjour Baader). La musique de Neu! (encore plus que celle de Can) reflète un peu tout ça pour moi. Elle aurait très bien convenue à un film de Fassbinder. Deux torturés qui sont capables de nous asséner un "Negativland" bien 10 ans avant Sonic Youth et sa scène no-wave new-yorkaise.
Tout commence avec l'hypnotique "Hallogallo", lancinant, répétitif, il y a déjà quelque chose dans ce morceau qui nous chuchotte un genre de "Für Immer". Viennent ensuite les sonorités à la fois spatiales et métalliques de "Sonderangerbot" qui nous emmènent définitivement dans une sorte de cauchemar à la fois poétique et industriel. "Weissensee" qui vient ensuite est une pièce maitresse avec sa tranquille mélodie (qui sera d'ailleurs un peu plagiée par Kraftwerk plus tard). Au fur et à mesure que les notes coulent des sonorités nous entrainent sur l'eau et nous ramons tranquillement sur une petite barque au milieu de nulle part tout au long de "I'm Gluck", nous nous sommes alors tranquillement, sereinement perdus. Et puis cette accalmie est soudainement brisée par des gémissements étranges comme ceux de quelqu'un qu'on torture. Comment dès lors ne pas voir le "Negativland" qui suit comme une possible évocation de l'Allemagne nazie ? Peu importe après tout, les contrées où nous emmène la musique de Neu sont indépendantes de tout ce qui peut exister, c'est une musique intemporelle. Vénérons donc ces deux artistes en marge qu'étaient Michael Rother et Klaus Dinger. Ils avaient enregistré cet album à l'influence inestimable, en quelques nuits seulement et avec rien (ou presque), dans un petit studio de Hambourg. Ils étaient aidés par le non moins vénérable producteur Conrad Plank, bien moins connu que Eno car c'est forcément moins glamour d'être allemand. N'empêche, ces gars-là ont changé le rock (et peu de gens les connaissent en dehors des sphères de Xsilence). Tous les morceaux sont fabuleux mais un va jusqu'à arracher une larme: le final "Lieber Honig".
Tout commence avec l'hypnotique "Hallogallo", lancinant, répétitif, il y a déjà quelque chose dans ce morceau qui nous chuchotte un genre de "Für Immer". Viennent ensuite les sonorités à la fois spatiales et métalliques de "Sonderangerbot" qui nous emmènent définitivement dans une sorte de cauchemar à la fois poétique et industriel. "Weissensee" qui vient ensuite est une pièce maitresse avec sa tranquille mélodie (qui sera d'ailleurs un peu plagiée par Kraftwerk plus tard). Au fur et à mesure que les notes coulent des sonorités nous entrainent sur l'eau et nous ramons tranquillement sur une petite barque au milieu de nulle part tout au long de "I'm Gluck", nous nous sommes alors tranquillement, sereinement perdus. Et puis cette accalmie est soudainement brisée par des gémissements étranges comme ceux de quelqu'un qu'on torture. Comment dès lors ne pas voir le "Negativland" qui suit comme une possible évocation de l'Allemagne nazie ? Peu importe après tout, les contrées où nous emmène la musique de Neu sont indépendantes de tout ce qui peut exister, c'est une musique intemporelle. Vénérons donc ces deux artistes en marge qu'étaient Michael Rother et Klaus Dinger. Ils avaient enregistré cet album à l'influence inestimable, en quelques nuits seulement et avec rien (ou presque), dans un petit studio de Hambourg. Ils étaient aidés par le non moins vénérable producteur Conrad Plank, bien moins connu que Eno car c'est forcément moins glamour d'être allemand. N'empêche, ces gars-là ont changé le rock (et peu de gens les connaissent en dehors des sphères de Xsilence). Tous les morceaux sont fabuleux mais un va jusqu'à arracher une larme: le final "Lieber Honig".