Chronique de Adolph'pussy (Xsilence)
Posté le 16/11/2007
Le pari était quelque peu difficile : faire oublier le premier album, œuvre pleine de subtilité qui imposait un univers enfantin et pervers, un mélange de douceur et d'acide, une voix suave et un piano martelé, un verbe acerbe et une mélodie mélancolique. Dur de faire oublier un tel chef d'œuvre, encensé par la critique, à l'origine de l'érection (pas de mauvais jeu de mots) d'une communauté entière de fans dévoués au groupe. Un Cabaret abrasif ou, comme ils aiment à se qualifier, un Brechtian Punk Cabaret. Bref la première écoute de Yes, Virginia..., nouvel opus des Dresden Dolls, risquait de se montrer ardue.
Et on entre dans le vif du sujet dès les premières notes. Un "Sex Changes" qui se montre plus live que la version live (si si c'est possible). La batterie de Brian maltraitée à souhait, Amanda prévient "starting from the time you get this letter your life will be one never-ending "hope you're feeling better"". Il faut tout de même ajouter que la plupart des titres de cet album ne sont pas des inédits puisqu'ils ont été maintes fois joués en live et sont parfois plus vieux que ceux figurant sur le premier opus.
Ainsi, tout comme le premier titre, le second engagé n'est pas inconnu aux oreilles des adeptes du groupe. Cependant, on est quelque peu déconcerté par la brutalité qui émane de Backstabber et qui était au demeuré absent auparavant. Le ton de Yes, Virginia... est donné : la part belle est faite aux instruments, délaissant l'univers feutré du premier album. Néanmoins, on ne peut pas dire que l'effet soit déplaisant, le popotin ne demande qu'à remuer à cette désillusion chantée qu'est Yes Virginia.
C'est dans les textes que se trouve le lien entre les deux opus car, si les histoires d'amour à la Christopher Lydon on été ici totalement abandonnée, on retrouve la plume acérée d'Amanda avec une phrase qui a sans doute interpellé toutes les oreilles sensibles "She's the kind of girl who leaves out condoms on the bedroom dresser just to make you jealous of the men she fucked before you met her". Ah ah ah Sacrée Amanda! On trouve de magnifiques joyaux qui hantent jusqu'à plus fin tels que "My Alcoholic Friends", le génial "Necessary Evil", un blues déjanté avec "Mandy goes to Med School" et son mémorable "giddy as a gangbanger with a set of sutures where his magic johnson ought to be". L'esprit instable et légèrement schizophrénique de "Truce" est revisité dans "Modern Moonlight" avec trois changements d'atmosphère : une folle frénésie qui laisse peu à peu place à un martellement inquiétant "we're gonna make your lite a living hell" pour se consumer dans une incantation presque religieuse. Un petit bijou.
Alors, certes, les mélodies sont quelques fois poussées et évidentes mais on ne peut cacher le caractère accrocheur et entraînant des morceaux. Des chansons comme "First Orgasm" sont moins émouvantes que "Slide" ou "Perfect Fit" mais touchent par leur justesse et leur simplicité. On peut également déplorer la touche viking du morceau de clôture "Sing" _ imaginez une tignasse blonde entonnant le chant de la victoire une bière mousseuse à la main _ mais le message positif de la chanson est extrêmement appréciable et surprenant après un album construit autour du thème de la violence des sentiments. Et puis on ne peut accorder qu'un bravo à un groupe qui se préoccupe tant de l'esthétique après la vague de groupes "t-shirt-jean" à laquelle nous faisons face en ce moment (pour ce coup-ci merci Nirvana). Le livret est proprement magnifique avec une référence aux chansons dans chaque image (mais si cherchez bien). Un gros effort donc qui, on peut bien le dire, fait remporter ce pari : celui de composer deux albums foncièrement différents mais tout aussi excellents.
Et on entre dans le vif du sujet dès les premières notes. Un "Sex Changes" qui se montre plus live que la version live (si si c'est possible). La batterie de Brian maltraitée à souhait, Amanda prévient "starting from the time you get this letter your life will be one never-ending "hope you're feeling better"". Il faut tout de même ajouter que la plupart des titres de cet album ne sont pas des inédits puisqu'ils ont été maintes fois joués en live et sont parfois plus vieux que ceux figurant sur le premier opus.
Ainsi, tout comme le premier titre, le second engagé n'est pas inconnu aux oreilles des adeptes du groupe. Cependant, on est quelque peu déconcerté par la brutalité qui émane de Backstabber et qui était au demeuré absent auparavant. Le ton de Yes, Virginia... est donné : la part belle est faite aux instruments, délaissant l'univers feutré du premier album. Néanmoins, on ne peut pas dire que l'effet soit déplaisant, le popotin ne demande qu'à remuer à cette désillusion chantée qu'est Yes Virginia.
C'est dans les textes que se trouve le lien entre les deux opus car, si les histoires d'amour à la Christopher Lydon on été ici totalement abandonnée, on retrouve la plume acérée d'Amanda avec une phrase qui a sans doute interpellé toutes les oreilles sensibles "She's the kind of girl who leaves out condoms on the bedroom dresser just to make you jealous of the men she fucked before you met her". Ah ah ah Sacrée Amanda! On trouve de magnifiques joyaux qui hantent jusqu'à plus fin tels que "My Alcoholic Friends", le génial "Necessary Evil", un blues déjanté avec "Mandy goes to Med School" et son mémorable "giddy as a gangbanger with a set of sutures where his magic johnson ought to be". L'esprit instable et légèrement schizophrénique de "Truce" est revisité dans "Modern Moonlight" avec trois changements d'atmosphère : une folle frénésie qui laisse peu à peu place à un martellement inquiétant "we're gonna make your lite a living hell" pour se consumer dans une incantation presque religieuse. Un petit bijou.
Alors, certes, les mélodies sont quelques fois poussées et évidentes mais on ne peut cacher le caractère accrocheur et entraînant des morceaux. Des chansons comme "First Orgasm" sont moins émouvantes que "Slide" ou "Perfect Fit" mais touchent par leur justesse et leur simplicité. On peut également déplorer la touche viking du morceau de clôture "Sing" _ imaginez une tignasse blonde entonnant le chant de la victoire une bière mousseuse à la main _ mais le message positif de la chanson est extrêmement appréciable et surprenant après un album construit autour du thème de la violence des sentiments. Et puis on ne peut accorder qu'un bravo à un groupe qui se préoccupe tant de l'esthétique après la vague de groupes "t-shirt-jean" à laquelle nous faisons face en ce moment (pour ce coup-ci merci Nirvana). Le livret est proprement magnifique avec une référence aux chansons dans chaque image (mais si cherchez bien). Un gros effort donc qui, on peut bien le dire, fait remporter ce pari : celui de composer deux albums foncièrement différents mais tout aussi excellents.