No Time Between

No Time Between

Overhead

17 / 20 2004 Naïve Album / CD

Chronique de TiComo La Fuera (Xsilence) 17 / 20

Posté le 25/05/2004
Overhead... Quel groupe, quel premier disque ! Un rock voluptueux, sublime qui m'aura fait planer durant des heures entières d'écoute. Combien de fois me suis-je laissé transporter par ces chansons? Et, subjugué par leur pureté j'attendais tout simplement que le temps passe.
Mais faites le vide dans votre esprit... Car pour ce deuxième opus, le groupe s'est métamorphosé.

La formation, tout d'abord, a changé. Nicolas Leroux, créateur et compositeur du groupe a complètement changé sa line-up. Il s'est entouré d'un nouveau guitariste, Chakib Chambi, ayant déjà joué sur scène avec lui, et d'un nouveau bassiste, Richard Cousin. Les trois compères partagent des influences plus rock ce qui entraîne le groupe vers de nouveaux horizons.

No Time Between commence pourtant doucement. Aérien, calme... Je dirai presque une impression de déjà vu et tant mieux. Mais la guitare initiale sature au bout de quelques minutes, la batterie (enregistrée par Leroux) s'emporte également. "Talk Real" est la parfaite transition avec Silent Witness. Alternant phases puissantes et douces, elle nous dépose sur un deuxième titre qui se détache du passé jazz du groupe.

Cet album dégage alors des compositions plus incisives, plus rocks, les influences anglo-saxonnes y sont nombreuses. "Uprising" est sûrement la meilleure illustration, entraînante et puissante. Finies les envolées lyriques et les guitares jazzy. Finies les chansons planantes et atmosphériques. Enfin, pas tout a fait. Overhead a plutôt changé d'atmosphère, mais une atmosphère tout aussi raffinée que celle de Silent Witness. Si on doit comparer ce disque à son prédécesseur, on pourrait dire qu'il a l'énergie de "Monkey For The People" ou de "Air" et que le chanteur a toujours cette voix douce et divine - et il nous le rappelle sur "The Handsome Machine".

Il reste, cependant et heureusement, quelques morceaux fragiles qui auraient pu sortir de l'album précédent. Ainsi "Tight And Turned" ou "Slow Dive" sont des résidus, minimalistes et beaux. De même, on décèle l'air de "As Stolen" qui fait une rapide apparition sur le dernier titre. Mais ces titres, peut-être décalés, arrivent tout de même à trouver leur place au sein de cette mosaïque musicale, entre des inspirations de The Cure ou Sonic Youth.

Vous l'aurez compris, No Time Between, écrit et enregistré en quelques mois, est surprenant mais pas moins décevant. Il fallait avoir l'audace de changer de style alors que le premier disque a été couvert d'éloges par les critiques. Mais Overhead l'a fait et a plutôt bien réussi sa reconversion. En treize morceaux, le trio nous offre une musique subtile, tantôt brutale, tantôt paisible. Un rock sensible et épuré...
On ne demandait pas mieux.

Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 13/06/2004

Finalement, Overhead tel qu'on le connaissait jusqu'à présent n'était qu’un groupe factice. Le faux-nez de Nicolas Leroux, chanteur, auteur et compositeur, qui a choisi de révéler la vraie nature de cette formation en se séparant des trois acolytes qui lui avaient permis d’accoucher d’un premier album auguste et prometteur en 2002. Et le changement de personnel de s’accompagner d’un changement assez radical de son que l’on n’attendait pas franchement de la part des auteurs de "Waterproof".

Alors que le premier opus, Silent Witness, se parait d’accents pop jazzy vaporeux qui faisaient rêver les uns et s’endormir les autres, ce No Time Between passe la seconde, au risque de mettre de côté une certaine singularité, voire un anticonformisme attachant et assez audacieux. Car Overhead "sonnait"» vraiment différemment de tous ces groupes à la mode qui ne jurent que par les six cordes, comme d’autres les six coups.

Du premier album ne demeurent donc que la superbe voix de Leroux, les jolies mélodies, comme sur "I don’t want you" et, dans une nettement moindre mesure, les envolées à la Jeff Buckley, sur "The Handsome Machine" (excellente, un vrai tube en puissance) ou "From Flesh to purple Sky". Pour le reste, les guitares électriques et les rythmiques échevelées sont de sortie, comme en témoignent "Talk Real", qui ouvre l’album, ou encore "Here it comes again", qui traduisent parfaitement à elles seules cette transmutation que l’on considérera comme franchement réussie ou plutôt regrettable selon sa propre sensibilité, une sensibilité que, précisément, on peine un peu à retrouver et qui n'apparaît plus que de manière fugace ("Tight and Turned").

Volonté de s’attirer un public plus large, voire plus jeune ? Nécessité impérieuse de changer, de se lâcher ? D’adopter le "lifestyle radio star" ? Mystère… L’auteur de ces quelques lignes ne peut s’empêcher de se dire qu’Overhead avait bien plus à gagner à persévérer dans la pop soyeuse et envoûtante de ses débuts, mais on sait gré à Nicolas Leroux d’avoir osé chambouler cet acquis, quand tant de groupes tentent, au moment du second album, de capitaliser sans rien brusquer les tendres promesses des débuts. Au final, No Time Between n’a pas la magie de son prédécesseur, ce qui n’en fait pas un mauvais disque pour autant, loin de là, juste un poil déconcertant, pour un résultat somme toute très plaisant.


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