Meds

Meds

Placebo

10 / 20 2006 Capitol Album / CD  Vinyle

Chronique de Popop (Goûte Mes Disques) 14 / 20

Posté le 28/03/2006

Les raisons de railler Placebo sont nombreuses. En dix années d’exposition médiatique quasi non-stop, le groupe mené par Brian Molko est passé du statut de sauveur du rock (souvenez-vous, c’était bien avant l’avènement des Strokes) à celui de figure emblématique du rock people qui ne dépareillerait pas sur un prime de la Star Academy. Plutôt radical, non ? Il faut dire que le parrainage de David Bowie des débuts a été remplacé au fil du temps par celui de NRJ, avec pour résultat des affiches partagées avec M. Pokora et Ricky Martin ou un duo avec Indochine. Pour sa défense, il faut souligner que cette problématique est typiquement française, le groupe ayant dans le reste de l’Europe réussi à maintenir un certain degré de crédibilité qui lui fait aujourd’hui cruellement défaut chez nous.

Forcément, quand arrive un nouvel album, l’excitation n’est pas à son comble. D’autant plus que comme mise en bouche, on a connu plus exaltant que "Because I Want You", premier single copié-collé qui n’aurait pas dépareillé sur Sleeping With Ghosts. Mais comme il y a toujours un plaisir malsain à se moquer d’un groupe à succès, on se laisse tenter par une écoute. Et dans le cas présent, on se surprend à apprécier les titres qui défilent. Car Meds, s’il aligne tous les poncifs de Placebo depuis leurs débuts (guitares nerveuses, voix geignarde, rythmique sous amphétamines), réussit un petit miracle, à savoir rendre à nouveau savoureuse une recette mille fois cuisinée.

Là où le groupe réussit à tirer son épingle du jeu, c’est en simplifiant la production à l’extrême, à l’instar de ce premier morceau où vient minauder la chanteuse de The Kills. Rien ne semble forcé, des claviers de "Post Blue" au très bon "Infra-Red" en passant par le featuring discret de Michael Stipe sur "Broken Promise". Il y a bien quelques ratés inévitables ("Blind", "Space Monkey"), mais dans l’ensemble le trio a plutôt assuré, retrouvant au passage l’inspiration pour de jolies ballades comme à l’époque de Without You I’m Nothing - leur meilleur album à ce jour et, osons le dire, le seul à vraiment valoir le détour. Au final, ça reste un disque de Placebo et on n’y reviendra pas forcément très souvent, mais avant que les mauvaises langues ne se délient, il fallait souligner que oui, Meds est plutôt une bonne surprise.


Chronique de Thibus34 (Xsilence) 12 / 20

Posté le 03/06/2009
Après le succès de Sleeping With Ghosts, le groupe se retrouve quelque peu sous "pression" pour la sortie de ce 5eme album intitulé Meds.
Et qu'en dire ? Et ben qu'on s'imagine la bande a Molko se dire "allez, il faut sortir un album qui vas marcher pour pas décevoir la maison de disque ni nos millions de fans, donc on vas sortir un album rock mais pas trop, complexe mais pas trop, triste mais pas trop, etc etc" et au final et ben on se retrouve avec un album bon, mais pas trop.

L'album commence pourtant plutôt fort avec la chanson éponyme "Meds", en featuring avec VV Kills, une chanson qui commence quasi acoustique avant de monter petit à petit en puissance, on savourera particulièrement le mélange de ces deux belles voix sensuelles. Tout commence pour le mieux. Le morceau suivant, "Infra-Red", est pas mauvais non plus, surtout l'intro avec ce petit coté électro qui suivra tout la chanson mais dommage que le refrain ne soit juste pas si emballant que ça. Ensuite arrive "Drag", le début laisse deviner une chanson plutôt dynamique, on attend donc avec impatience le refrain, les guitares et la batterie s'emballent et Molko chante "I drag behind, I, drag behind, I drag behind" et le couplet reprend, et là on ouvre grand les yeux et on dit "heu, c'est tout ?".
Sur "Space Monkey", on ne comprend pas trop ou le groupe veut en venir avec le couplet chanté de façon incompréhensible et trafiqué, avec des sons un peu bizarres, le refrain apporte un peu de puissance, avant que le couplet reprenne avec cette voix de robot et la fin de la chanson, avec l'apparition du violon, devient vraiment poussive. "Follow The Cops Back Home" arrive pour nous détendre les oreilles et revient a un son plus simple, ça fait sacrement du bien pendant deux bonnes minutes, les trois suivantes : on s'ennui. A ce moment-là, le groupe comprend peut être qu'on a besoin de s'emballer un peu, c'est pourquoi ils nous envoie "Post Blue" avec ses claviers entêtants et son chant assez nerveux, sans nous emballer réellement, c'est pas trop mal et ça relève un peu le niveau des derniers morceaux.
Et la, attention je précise, le morceau qui suit, "Because I Want You" n'a aucun charisme, est limite caricatural même, et pourtant il fait diablement du bien avec son riff lourd et emballant et son chant bien énervé sonnant toujours juste. C'est dire le problème qu'on rencontre jusque-là,
et cette satisfaction "du peu" continuera par la suite avec "Blind" même si la chanson est un peu guimauve. Ce doux riff électrique et ce chant torturé au refrain fait beaucoup de bien et réussi a être envoûtant, le groupe repart un peu dans ses fondamentaux. "Pierrot The Clown" vient calmer tout ça, avec un son très léger, comme une berceuse presque, avant que vers la fin de la chanson, Molko lance un "When I dream, I dream" qui parvient un peu a nous mettre le premier vrai frisson de l'album.
On remontait progressivement la pente, et là mon dieu, "Broken Promises", comme son nom l'indique d'ailleurs, rabaisse vraiment le niveau avec la voix effacée de M.Stipe contrastant avec la voix portante de Brian Molko. Sans parler de ce riff bourrin sans âme au refrain et de cet aca pella morbide de Molko a la fin du morceau : un bide. "One Of A Kind" s'en suit, et on craint le pire avec le début qui ressemble à celui de "Space Monkey", mais au refrain, un gros riff de basse et un chant acéré viennent nous rassurer. La chanson s'enchaîne bien, est intéressante, sans doutes un des meilleurs morceaux de Meds. Puis nous faisons un tour dans le coté expérimental, avec "In The Cold Light of Morning", autant dire ça ressemble pas vraiment à du Placebo, mais on se laissera quand même porter par cette noirceur intéressante et rafraîchissante. Et pour finir, histoire de confirmer la déception, le formaté "Song To Say Goodbye" et sa mélodie de claviers sans âme au refrain qui passe par une oreille et ressort par l'autre, vient clore l'album.

Au final, en tombant parfois dans le mauvais ou dans le tout juste passable, cet album est une vraie déception. Qui s'expliquera que récemment lorsque Brian Molko évoquera les tensions et le manque d'inspiration du groupe à cette période là. Cependant tout n'est pas à jeter et certains titres devraient quand même tourner dans les playlist pour un petit bout de temps.

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