Trans

Trans

Neil Young

6 / 20 1983 Geffen Album / CD  Vinyle

Chronique de The loner (Xsilence) 11 / 20

Posté le 15/04/2008
Le grand Canadien hirsute avait-il dans l'idée en 1982 de se foutre un peu du monde? On pourra me taxer d'un certain manque d'objectivité, mais je maintiens quand même: Trans n'est pas la bouse synthétique qu'on essaie de ne pas nous faire acheter depuis 25 ans. (Personnellement, côté monstruosité, je considère que Neil Young a atteint l'horreur parfaite avec "Landing On Water", totalement inaudible).
Je ne disconviens pas qu'entendre l'artiste chanter à travers un Vocoder peut se révéler être une expérience des plus douloureuses pour le fan de la discographie 70's et 90's du Loner.
Le concept d'écrire un album entier basé sur l'évocation des difficultés de communication rencontrées par notre homme avec son fils Ben atteint de paralysie cérébrale tient bien plus de la détresse d'un père dont la paternité avait déjà été atteinte auparavant (son 1er fils avec l'actrice Carrie Snodgrass, Zeke, né en 1972, souffre lui aussi du même handicap) que de la volonté consciente de faire de son auditoire le cobaye de ses élucubrations technologiques. Pour se convaincre de cette détresse, il suffit de consulter le verso de la pochette de son précédent disque Re-ac-tor (1981) où figure une citation latine qui, une fois traduite, témoigne des tourments de l'artiste face à sa malédiction de géniteur: "Dieu, accorde-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux changer, et la sagesse de savoir faire la différence entre les deux."
Je ne disconviens pas, également, que les morceaux chantés au travers du prisme déformant du Vocoder sont troublants et appellent la circonspection:"We R In Control" et "Sample And Hold" (qu'elles sont longues ces 8 minutes!), pour ne citer que ces 2 morceaux, ne sont pas à compter parmi les plus belles réussites du rocker.
Toutefois, dans cette incartade électronique mitigée, il faut parvenir à reconnaître la patte et la veine mélodique intactes de Neil dans les sympathiques créations que sont: "Little Thing Called Love", "Hold On To Your Love", et le monumental final "Like An Inca" (qui n'aurait pas fait pâle figure sur un album plus prisé par les critiques), 9 minutes d'aventures rock en terre aztèque empreintes d'un puissant lyrisme et de solides paroles (ce morceau n'a pas à rougir de la comparaison avec un certain "Cortez The Killer" sur "Zuma" (1975) notamment).
Pour convaincre, si toutefois cela doit être mon but secret, les derniers détracteurs de ce disque, certes pas tout à fait indispensable, mais pas tout à fait anecdotique non plus, d'écouter plus attentivement ce disque, il suffit d'écouter l'album Unplugged de 1993 de ce grand Monsieur du rock , en sa plage 10:"Transformer Man" (sans aucun doute le meilleur morceau de cet album acoustique), pour réaliser que Trans recèle, perdues au beau milieu de cette usine désaffectée d'efforts expérimentaux, des pépites surannées insoupçonnées.

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