Apologies To The Queen Mary

Apologies To The Queen Mary

Wolf Parade

18 / 20 2005 Sub Pop Album / CD

Chronique de WillyB (Xsilence) 18 / 20

Posté le 27/08/2011
Depuis que l'on a changé de millénaire, un pays nord américain se distingue nettement à mes yeux pour la qualité de ses groupes. Les Etats-Unis me direz vous ? Ben non, je pense au Canada ! Bien sûr on pense aux surmédiatisés Arcade Fire, qu'on ne présente plus maintenant, mais pas que, pas que. Il existe encore de nos jours des boulimiques de travail, et talentueux s'il en est. Ici se pose Wolf Parade, composé entre autres du binôme Spencer Krug (clavier) et Dan Boeckner (guitare). Le premier se retrouve aussi dans les groupes Sunset Rubdown, Frog Eyes, Fifths of Seven, Swan Lake... et le second chez les Handsome Furs. Autant dire qu'ils ne baillent pas aux corneilles.
Apologies to the Queen Mary est le premier opus du groupe. On fait face à ces grands albums que trop méconnus, indéniablement. La moitié des chansons est écrite par Boeckner, l'autre par Krug, et ils s'alternent aussi pour le chant. On nous fait traverser un kaléidoscope de sentiments, où parfois on ne sait comment trancher, entre se mettre à danser furieusement ou sombrer dans une certaine mélancolie des mauvais jours. "Modern World" en est le parfait exemple, entêtante à souhait, avec des interludes musicaux simples et pourtant si efficaces. Les voix, éraillées, nous propulsent sur des pistes à fleur de peau. La tension est palpable tout le temps, rien n'est simple dans leurs compositions presque un tantinet bordéliques.
Ils osent même utiliser des rythmes lourds et répétitifs, qui engluent volontairement la chanson au sol, empêchant le lyrisme d'éclater et qui pourtant nous tiennent en haleine ("Same Ghost Every Night" par exemple ou "Dinner Bell"), ou nous immergent dans une frénésie folle ("Fancy Claps", "This Heart's on Fire" ).
On pourra aussi souligner des petites pépites de cet album : "I'll believe in anything", "Grounds for Divorce", "Dear Sons and Daughters of Hungry Ghosts" (où l'on se laisse entraîner au fur et à mesure dans la furie qui sourd de cette chanson sans se rendre compte qu'à la fin, les choeurs hurlent de bon cœur). Et mettons en plus de cela de côté "Modern World". S'il fallait n'en désigner qu'une, je désignerais de bon coeur celle là, avec son côté entêtant, qui donne envie de se mêler aux choeurs pour reprendre la mélodie.

Apologies to the Queen Mary est une de ces petites réussites qui font plaisir à écouter. Un album un peu bordélique parfois, mais d'une terrible cohérence malgré tout. Assurément, un indispensable.

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