La Marche De L'empereur

La Marche De L'empereur

Emilie Simon

17 / 20 2005 Barclay Bande Originale / CD

Chronique de Mojo Pin (Xsilence) 17 / 20

Posté le 10/01/2005
Qu'il est bon de se laisser bercer par les douces mélodies, par la tendre voix de la belle Emilie Simon.

Après que soit sorti son premier album éponyme, qui eu quand même le mérite de séduire nombres de mélomanes avertis, la 'bidouilleuse' française nous revient, non pas avec un nouvel album (au sens propre du terme), mais une bande originale, chantée exclusivement en anglais : La Marche De L'Empereur.

N'ayant pas (encore) vu le film de Luc Jacquet, je me suis laissé aller à considérer ce disque comme une œuvre à part entière. Aucune image pour interférer ma perception de la musique-à-Emilie.

Malgré son titre, le morceau "The Frozen World" fait immédiatement fondre l'auditeur. Les violons vont et viennent à leur guise, la voix surgit de chaque côtés, ainsi qu'une multitude d'autres sonorités que je ne suis pas parvenu à identifier (désolé, j'suis pas un bidouilleur, moi !) mais qu'importe, le tout s'harmonise tellement bien !

S'ensuivent les chœurs de "Antartic", le très 'radiohead-björkesque' titre "The Egg", reprenant la partie mélodique de "The Frozen World", "Song of the sea".

Mention toute particulière pour le sympathique morceau instrumental "Baby Penguins" qui s'accomplit véritablement grâce à un autre titre de cet album "All Is White".

Parmi les autres titres à retenir véritablement : "Attack Of The Killerbirds" (on ne sait pas à quoi ils ressemblent ces oiseaux tueurs, mais vu la noirceur de morceau, ils ne doivent pas être bien sympathiques !), la tornade "Song Of The Storm" qui nous entraîne dans un véritable tourbillon des sons, "To The Dancer On The Ice" qui nous renvoie à un certain premier album éponyme et un "To The Dancer In The Rain" (et accessoirement, le début me rappelle terriblement une autre chanson... mais bon... let it be !).

Ce voyage au pays des empereurs se termine par la bonus track "Ice Girl", débutant tout en tendresse, montant lentement, mais sûrement ,en puissance avant de nous prendre par la main et de nous ramener, tout en douceur, loin de ce sol gelé qu'on regrette déjà d'avoir quitté.

Décidément, qu'il est bon de se laisser bercer par les douces mélodies, par la tendre voix de la belle Emilie !

Chronique de Splinter (Goûte Mes Disques) 18 / 20

Posté le 31/01/2005

"Oh mon Amour / Mon âme sœur / Je compte les jours / Je compte les heures…". Et nous aussi, nous avons compté, très chère Emilie. Deux ans. C’est exactement le temps qui sépare la sortie de ton premier album éponyme de la bande originale de l'excellent film La Marche de l’Empereur, réalisé par Luc Jacquet, que tu as entièrement composée et interprétée.

Deux ans, c’est long, très long même, surtout quand on aime bien ce que tu fais. Heureusement, notre patience est largement récompensée avec cette bande originale parfaitement maîtrisée et réussie, que j’aurais néanmoins quelque scrupule à considérer comme un véritable album, plutôt comme un prolongement de ton premier LP, dont il partage d’ailleurs non seulement la veine electro poétique, la philosophie, mais également un morceau dans une version remaniée pour l’occasion ("To the Dancers in the Rain", qui devient, non sans humour, "To the Dancers on the Ice").

Comme tu l’expliques si bien dans le DVD bonus offert avec le disque, chère Emilie, tu poursuivais ton travail d’expérimentation sonore sur des bruits « froids », comme la glace ou la neige, quand tu as rencontré Luc Jacquet, qui, lui, revenait de l’Antarctique avec un documentaire sur les manchots sous le bras (bras, manchots, humour). La rencontre est fortuite et belle. D’un pur travail de commande, tu as réalisé une œuvre éminemment personnelle, qui naturellement porte ton empreinte de la plus belle manière qui soit.

Logiquement, cette bande originale est composée principalement de morceaux instrumentaux, subtils, glaciaux et beaux, parfois ornés de tes murmures. A ma grande surprise, chacune de ces pistes existe indépendamment des images qu'elle est censée accompagner. A ce titre, je retiendrai principalement "The Voyage", pour ses cordes, et "Antartic" pour tes cordes (vocales).

Surtout, cette bande originale convainc définitivement grâce à ses chansons sublimes : "Frozen World", qui ouvre le disque, et qui nous permet de nous replonger dans ton monde, ces sons de glace et de neige triturés jusqu’à l’extrême pour devenir rythmiques, cette voix sublime ; "Song of the Sea", qui donne des frissons ; "All is White", très björkienne pour le coup (et pourtant je déteste cette comparaison) ; et surtout "Song of the Storm", sans doute le meilleur morceau que tu aies jamais écrit, rythmé, sauvage, qu’on dirait presque sortie de l'esprit tortueux de Trent Reznor, avec cette voix rauque trafiquée qui te va à merveille. Un sommet. De même que "Ice Girl", que tu avais composée à l'origine pour ton second album, et qu'on retrouvera donc peut-être bientôt dans ton nouveau projet.

Comment finir sans parler de la pochette… ? Adieu les coccinelles, bonjour les manchots, j’espère juste que tu n’as pas eu trop froid, nue dans la neige… Bien à toi.


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