Whatever People Say I Am, That's What I'm Not

Whatever People Say I Am, That's What I'm Not

Arctic Monkeys

13 / 20 2006 Domino Album / CD  Vinyle

Chronique de Nicolas (Goûte Mes Disques) 12 / 20

Posté le 09/09/2006

La nouvelle année vient à peine de débuter, la rentrée bat son plein. Que ce soit au niveau littéraire ou musical. Il est des albums qu’on attend, d’autres qu’on balancerait sans hésiter à la décharge du coin. Tout en n’oubliant pas que nouvelle année rime avec découvertes ou révélations. Puis, il est des albums dont on ne sait quoi faire. C’est un peu le cas pour cet Arctic Monkeys. Flashback. Vers la mi-octobre, un buzz naît autour de ces Singes de l’Arctique pour qui l’Angleterre s’enflamme. Les salles sont combles sur seule base du bouche-à-oreille alors que les morceaux sont mis à la disposition du public via le site Internet du groupe. Alors que le succès est au rendez-vous, la presse s’emballe au point de les comparer aux fameux Libertines. Puis, la vie reprit paisiblement son cours et tout le monde hormis le News Musical Express parvint à les oublier. L’excitation du début a laissé place à une certaine indifférence. Alors, à l’heure où sort Whatever People Say I Am, That's What I'm Not, il faut admettre qu’il n’y a plus de surprise. Tous les morceaux sont connus, pour peu qu’on ait téléchargé ceux qui circulaient sur la toile. Alors même si le single "When The Sun Goes Down" est en pôle en Grande-Bretagne, cet album sent tout simplement le réchauffé. Comme si on nous resservait aujourd’hui la même soupe qu’hier. On pourrait gloser des heures durant sur le phénomène que représente ces quatre jeunes de 19 ans. Mais au risque que la soupe soit froide. Trêve de cynisme.

On nous l’avait promis, voilà que l’objet débarque dans les bacs des disquaires. Une chose est sûre, tout le monde ou presque sait à quoi s’attendre avec ce premier album des Arctic Monkeys. Même la ballade ("Riot Van"), qui tombe comme un cheveu dans la soupe, ne surprend plus. En tout cas, ce disque ne risque pas de faire changer les opinions que tout un chacun s’est fait sur le groupe : les adorateurs et les détracteurs camperont sur leurs positions au sortir de l’écoute de Whatever People Say I Am, That's What I'm Not. Inutile de dire que les prétentions du groupe n’ont pas changé depuis le premier single "I Bet You Look Good On The Dancefloor", il s’agit avant tout de faire danser les filles. Un peu à l’image de Franz Ferdinand et de toute la clique des groupes en "The". Toutefois, il faut reconnaître un certain mérite (assez relatif quand même) à ces quatre gaillards de Sheffield. A partir d’accords simples, ils impriment à leurs compositions un rythme effréné et quelques riffs assassins alors que leurs textes les feraient passer pour les nouveaux héros de la "working class". Ainsi, la presse britannique compare leur propos acerbe à celui de Mike Skinner de The Streets tout comme elle fait d’eux les héritiers des The Smiths, The Clash ou encore des Buzzcocks. A moins que leur futur prenne la tangente des feux Libertines, qui sait ? A trop glorifier un groupe qui n’a encore rien prouvé, celui-ci risque de se prendre les pieds dans le tapis. Si vous croyez qu’Arctic Monkeys est le groupe qui va changer votre vie, il faut vous faire une raison : on vous a menti (on se demande bien qui ?). Soit vous portez déjà des Converse soit ce n’est tout simplement pas fait pour vous. Quant à moi, les Arctic Monkeys me font l’effet du Coca-Cola : à savoir que cela passe sans problème, en particulier le titre "Fake Tales Of San Francisco". Mais plus j’en ingurgite, plus je me mets à éructer. Alors, je reprendrai une bière et une dose de Help She Can’t Swim !


Chronique de Jonas034 (Xsilence) 9 / 20

Posté le 27/07/2007
Voici un album méritant une certaine analyse. En effet celui-ci manque de crédibilité à tout point de vue. Visiblement la maison de disque du groupe semble avoir voulu marquer le coup. C'est sans doute pour cela que l'on remarque à l'écoute une certaine mise en scène, cela semble une pièce de théâtre mainte fois répétée avant son déroulement final.
Dans cet opus on ressent une vive motivation à impressionner l'auditeur, à l'amadouer au plus vite, à le séduire. Pour cela beaucoup de mécanismes sont mis en oeuvre. Par exemple le son strident et étincelant des guitares, la clarté de celles-ci mais aussi parfois une certaine négligence et un son dit 'crade'.
Une batterie qui claque, qui frappe, qui rythme le tout de façon à assurer l'éveil, le mouvement, le tapage du pieds, le va et vient de la tête et cela jusqu'au dansant. Une basse qui ne laisse pas en reste, visiblement très branchée elle joue tous les styles, parfois plus punk, tantôt jazz, passant la country. Celle-ci ne semble pas vouloir rester discrète en arrière plan de la scène.
En ce qui concerne la voix, elle est sociable, adolescente, claire et pas trop gueularde, pas d'excès de folie pour cette dernière en tous cas. Peu d'originalité on reste très conventionnel mais on tante d'en extraire un style, celui du mec ayant, au préalable, vidé quelques verres avant de rentrer dans le studio. On peut aussi noté que les pistes sur l'album ne sont que peut variés montrant au final une oeuvre relativement nivelée, cela nous donne parfois l'impression de réécouter deux fois le même titre !

Avec cela, le tout est assez soigné et accrocheur, pour ceux qui on du mal à se lever le matin et/ou qui on besoin d'un regain d'activité cela se révèle être un remède assez efficace ... mais les puristes de l'indé, quand à eux, mépriseront rapidement l'objet qui trouvera, au fil du temps, sa place vers le fond de la pile ...

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