Chronique de X_YoB (Xsilence)
Un petite formation pleinement acoustique, un peu d'humour quinzième degrés retrouvé, une production maison bien chaleureuse, aucune faute de goût... On est bien soulagé de poser les oreilles sur cette nouvelle oeuvre, la meilleure depuis The Delicious, et avec For Him And The Girls en ligne de mire. De "A Moth Is Not A Butterfly" à "Ice Age", Workman dévoile ici une intime redécouverte très homogène de ses paroles improbables chantées dans le plus grand sérieux ou la bonne humeur totale. Moins bruitiste que par le passé et délicieusement arrangé, Workman offre avec Treeful Of Starling ce qui se trouve être le parfait antidote de son prédécesseur, un véritable album de songwriter (comparable à Josh Rouse par exemple), même si subsiste encore un peu de retenue qu'on assimilera désormais volontier à la maturité. On peut bien regretter l'époque de The Delicious Wolves, force est de constater la réussite que s'attribue l'artiste dans le registre pur folk-country traditionnel, son habileté dans le raffinement de la simplicité, et sa (toujours) grande facilité à créer quelque chose qui ne laisse pas indifférent et ici généralement serein. "It's A Long Life To Always Be Longing" est à ce titre une des compositions les plus abouties qu'il ai jamais orchestrée, magnifique, et des éléments comme le fade out de la fin d'album forment sans conteste la preuve que le canadien à su mûrir d'une bien belle manière.
Chronique de Popop (Goûte Mes Disques)
On a bien cru le perdre l’ami Hawksley Workman. Lessivé par des tournées à rallonge, égaré en chemin sur Lover/Fighter, un troisième album où le chanteur tentait un virage grand public pas toujours convaincant, s’épanchant jour après jour sur son site Internet pour faire part de ses doutes, on ne pensait plus le voir refaire surface. Surtout que pour celui qui a sorti coup sur coup 4 albums (dont un de Noël) en 4 ans, ce silence radio de presque trois années n’était pas forcément de bon augure. Et pourtant, ressourcé, reposé, le Canadien revient avec son disque le plus frais et le plus intime – bref pour utiliser un cliché usé jusqu’à la moelle, son disque de songwriter.
Dès les premières notes de "A Moth Is Not A Butterfly", on sent que notre mégalo de service a mis de l’eau dans son vin : la production est minimaliste, le piano domine toutes les compositions et le disque semble avoir été composé en solitaire, à l’écart de toute civilisation – tout l’inverse de son prédécesseur. A ce titre, Treeful Of Starling est presque la suite logique de Almost A Full Moon, la thématique mise à part. On est en effet assez loin des délires à la "Striptease" ou "Jealous Of Your Cigarettes", le ton est sobre, sérieux, quasi-religieux, et on imagine mal le bonhomme entonner ces morceaux sur scène avec son légendaire boa de plumes roses.
Mais bon, comment regretter ce virage à 90° quand il est accompagné de morceaux de la trempe de "Rain", "Ice Age", "Goodbye To Radio" ou "When These Mountains Were The Seashore" ? Sans temps mort, avec seulement 9 morceaux et 36 minutes au compteur, le disque a la bonne idée de ne pas s’éterniser - sans pour autant laisser de goût de trop peu. Un parfait équilibre sans doute temporaire car on imagine bien l’excentricité du Canadien reprendre le dessus dès qu’il aura refait le plein de confiance. Une étape de la carrière d’Hawksley Workman à savourer avant la prochaine mutation.