Last Fair Deal Gone Down

Last Fair Deal Gone Down

Katatonia

18 / 20 2001 Snapper Album / CD

Chronique de Cthulhu (Xsilence) 20 / 20

Posté le 05/02/2006
D'habitude, je réécoute les albums en les chroniquant, pour me remettre en tête les morceaux et émettre un avis objectif. Je ne l'ai pas fait pour ce Last Fair Deal Gone Down, tout d'abord parce que je connais bien assez ce disque, pour l'avoir écouté plus souvent qu'à son tour, et d'autre part parce que je n'ai pas vraiment envie de me suicider ce soir.
Restons un tout petit peu intelligibles : ce disque ne peut avoir que deux publics, ceux qui n'y pénétreront pas, qui resteront à la surface (les bienheureux), qui continueront à mener leur vie comme si de rien n'était, et ceux qu'il touchera au plus profond de leur être, et qui ne s'en remettront pas. Si vous faites partie de la première catégorie, tant mieux pour vous ; de la seconde, je ne peux que vous souhaiter bonne chance.
De quoi s'agit-il ici ? D'une musique, hâtivement classifiée dans le doom metal mélancolique dépressif, qui en réalité se joue de toutes les barrières de genre et parvient à des sommets de beautés. Il n'est pas parfait, certes non ; quelques titres en demi teinte, comme un "We must bury you" monolithique et un "Sweet nurse" un peu pâle déparent dans cet ensemble, mais cela ne suffit pas à infirmer la grandeur de cet album.
Tout en nuances, en manipulations mentales, Katatonia parvient à exprimer ici les plus puissants instincts destructeurs de l'homme, sans pour autant rebuter. Car c'est là que se trouve la puissance majeure de ce groupe, qui transparaît dans ses compositions les plus sublimes, comme "Dispossession" ou "Teargas" : il enserre l'esprit autant qu'il le malmène, le torture tout en le retenant par la beauté déchirante de ces accords quasi inhumains, sans jamais lui laisser de repos. Il ne faut pas se laisser prendre à des chansons comme "Tonight's music" ou "Don't tell a soul", dont les abords rassurants pourraient égarer : c'est là que Katatonia assène ses coups les plus douloureux, et pousse toute sensibilité un peu vive au bord des larmes et du désespoir, voire au-delà.
Amis, n'entrez ici qu'à vos risques et périls. Vous ne vous trouverez plus tel que vous étiez, je ne peux rien vous dire de plus. Au moins aurez-vous été prévenus.

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