Brotherhood

Brotherhood

New Order

18 / 20 1986 Factory Album / CD

Chronique de Gaylord (Xsilence) 18 / 20

Posté le 18/11/2007
Tout comme mon ami Foreth, j'ai découvert New Order, il y a une vingtaine d'années avec cet album, Brotherhood, qui est sans doute l'un des meilleurs, sinon le meilleur, et qui est injustement sous-estimé.
Brotherhood est porté par la voix de Bernard Sumner, très minimaliste, tout en retenue, mais tellement efficace, sans égaler bien sûr celle du défunt Ian Curtis, mais justement le chanteur a arrêté de se mesurer à lui pour trouver sa propre voie. Sa voix est parfois doublée, au point qu'on a parfois l'impression d'entendre deux chanteurs différents. Autre élément primordial, la basse de Peter Hook, très en avant, souvent bourdonnante, parfois saturée, toujours très mélodieuse. Mais il ne faut pas oublier 'les deux autres' (qui fonderont le groupe The Other Two). A savoir, Stephen Morris, excellent batteur, au jeu très sec et très moderne, presque électronique, ainsi que Gillian Gilbert à la guitare et au synthé. Les guitares sont souvent très new-wave, presque funk (mais un funk blanc et urbain), parfois saturées voire fuzz.
L'album se compose de deux parties bien distinctes. Cette dichotomie était plus intelligible du temps du vinyle, quand l'album se composait de deux faces. La première partie est très rock, toutes guitares dehors, avec même l'apparition d'une guitare acoustique (c'est une première dans l'histoire du groupe, et Joy Division n'en avait jamais utilisé) sur "As It Is When I Was". Les meilleurs morceaux sont "Paradise" et "Broken Promises", deux véritables tueries ! C'est cette partie qui évoque le plus le spectre de Joy Division (mais en plus accessible).
La seconde partie est plus pop et, surtout, plus électronique, les synthés prenant le pas sur les guitares. C'est la face de New Order que j'aime le moins, celle qu'ils ont développée après Joy Division, même si cet aspect avait déjà été ébauché du temps de ces derniers (j'en prends à témoin un morceau comme "Atmosphere"). Cette partie est bien représentée par le single "Bizarre Love Triangle", à fort potentiel commercial (c'est d'ailleurs le premier morceau que j'entendis en arrivant à New York en 1988 !), où l'équilibre entre pop et électronique est parfaitement maîtrisé.
Mais ce qui fait l'unité de cet album, au delà de ce contraste saisissant, c'est l'excellence des mélodies, qui font toujours mouche.
On pourra évidemment reprocher à cet album d'être trop ancré dans les années 80, mais reconnaissons qu'il a très bien vieilli, surtout la première partie à mon avis.

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