The Man Who Sold The World

The Man Who Sold The World

David Bowie

16 / 20 1970 RCA Album / CD  Vinyle

Chronique de UpToTheSkies (Xsilence) 17 / 20

Posté le 13/04/2009
Hey Ziggy ! Merde tu n'existes pas encore... Dis-moi, ça fait quoi d'avoir encore tout à prouver ? Ce n'est pas que tu sois difficile à capter, mec, mais tu m'as l'air d'être un drôle de hippie. Jeune Bowie, que se passe-t-il ? Ton compte en banque saigne-t-il pour que tu cries ainsi ? Monsieur Bowie ne tiens pas compte de mon accoutrement, je suis ouvert d'esprit. Oui oui oui.

"The Width Of A Circle", tu passes huit minutes à me dessiner un cercle, d'un point à un autre la courbe se recoupe, certes. Monsieur Bowie, tu la joues heavy. Tu fais bouillir les membres de mon organisme, sûrement le feu de ta rythmique, merci au guitariste en passant. Je suis déjà perdu, tu t'appelles Bowie c'est ça ?

Tu me rends fou. Recommence, recommence donc ! Fou, on l'est un peu tous, non ? Tu bidouilles le son sur tous ces madmen, tu coupes pour raconter ton histoire, insères une voix d'enfant et fais repartir la guitare électrique de plus belle, merde quoi ! Ton effet ringard de synthé et la flûte qui passait par là... OUVRE LE CHIEN. ZANE ZANE ZANE. OUVRE (ce putain) de CHIEN.

Bowie, tu flirtes entre la démesure et le mauvais goût. Non, entre folie et génie il n'y a qu'un pas, tu le sais, n'est-ce pas ?

Tu me murmures du bout des lèvres : "Some say the view is crazy But you may adopt another point of view". Oui oui oui, je t'imagine jouant le mime dans un costume moulant puis t'écroulant sur ton lit, la robe fendue et la perruque qui redescend. Tu as choqué trop de monde, tu jettes ton dévolu sur les masses et un jeu de cartes qui se répand par terre, comme tant de possibilités. Calmos, calm down, "After all".

Bowie, mon petit, c'est pour toi que je fais cette chronique d'outre monde tu sais. Ces gens qui ne t'ont pas compris à l'époque ne savaient pas apprécier ton humour. Faut dire que tu n'y vas pas de main morte, ils t'auraient énervé tu leur aurais chanté quelque chose comme :

"I slash them cold, I kill them dead
I broke the gooks, I cracked their heads
I'll bomb them out from under the beds
But now I've got the running gun blues"

Oui, tu es jeune, dynamique, hyperactif. Tu fais du heavy metal, on l'oubliera, tu fais du black country agressif, de la folk protubérante progressive avec des cordes intempestives et des choeurs qui nous transportent dans un théâtre de l'absurde excessif. Les hippies t'ont traumatisé ? Tu chantes en t'éreintant la gorge, comme si c'était la fin du monde. Ce riff mélancolique de "Saviour Machine" qui ne cesse de me troubler. Ca groove la psyché d'un déluré, t'en mets partout. De l'orchestration, du pathos... tout ça parce que tu crains la schyzophrénie. Ton album sonne tellement comme un Bowie avant l'heure. Oui oui oui.

Bowie tu nous perds, je t'y retrouve bien là. Un pastiche de Led Zeppelin, le Black Sabbath d'une âme avertie, avec qui viens-tu encore de coucher dans ton lit ? "She Shook Me Cold", l'ébat se transforme en un jam sous les draps, je suis sûr que tu fais ça sous un poster de Jimi Hendrix. Y a un truc qui tourne pas rond chez toi, c'est sale, les chaussettes traînent. Ton blues cradingue, voilà ce qui l'excitait.

Ironie. Tu vends le monde avant de l'avoir eu. Tu n'y as jamais cru. Le morceau que reprendra l'autre blond, tu le fais grincer toi et pour bien faire tu performes en Pierrot. Tu remplis tout de doute, tu nous entraînes dans ton délire. Ces morceaux c'est tout toi.

Et tu sais quoi ? Jusqu'au bout je te suis.

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