Chronique de Easton ellis (Xsilence)
Posté le 02/08/2013
Parmi les albums que l'on peut aimer uniquement pour leur pochette, il y a celui-là. Mais il y a bien plus en l'occurrence. L'album Where You Been reste l'un des plus indispensables dans la discographie de Dinosaur Jr. Figure de la scène indé états-unienne (étrangement de plus en plus "branchée"), le trio Mascis, Barlow, Murph livre entre 1985 et 1988 trois pierres angulaires, trois monuments de saturation et de roulements crasseux et désinvoltes, qui les situeront d'emblée dans la cour des grands (on y reviendra). Et puis le camarade Barlow s'en va fonder un autre groupe non moins légendaire maintenant, Sebadoh. Jay Mascis, guitariste surdoué, éternel paumé dissimulé derrière sa chevelure grasse (et maintenant grisonnante), se lance (pratiquement seul) dans l'enregistrement de Green Mind. Arrive 1993, et Where You Been. Épaulé de Mike Johnson à la basse, et de l'indestructible Murph derrière les fûts, le trio se lance. Véritable tube de vitamine C, plein d'amertume, la machine Dino Jr met tout le monde au clair. Hormis quelques exceptions ("Not The Same", "Going Home", ou "Keeblin" dans la version bonus), le tout va vite, très vite.
Il suffirait de se passer chaque intro et de l'arrêter pour se rendre compte que toutes les chanson "envoient". Le tout ne peut qu'être excellent. Le "saturation power" de "Out There", la douceur naïve de "Start Chopin", le tonitruant roulement/riff de "What Else Is New": "I'd like to see you don't you miss it ? I lied again today now I wish that you'd believe me when I need to You should be weary, I would if I were you..." Le coté neurasthénique, et le côté "je fais beaucoup de bulles quand je chante et je m'en fous" de Mascis viendrait-il d'un amour déçu et irremplaçable ?
"On The Way" déboule dans les enceintes, et c'est vers les hauteurs de "maximum" qu'il faut tourner le curseur. Brutale retombée avec la tendre "Not The Same", à ne surtout pas écouter après une rupture : "In a dream I always talk to you ; You seem fine again, my sweet, Feels alright to me". Le diagnostic est évident, les déceptions donnent de l'inspiration... La bonhomie de "Get Me", l'explosion du solo de "Drawerings", pour un retour tout en fanfaronnade de riffs et de roulements (en contraste avec les languissantes paroles) sur "Hide". On s'approche de la fin. Vient le récit de voyage, la chanson du baluchon déprimé, du solitaire reclus sur lui même : "Going Home": "I want to tell you that I miss you, but I'm pissed you blew me off I'm goin' home..." Le pire est que la douceur de la mélodie en rend l'abattement supportable, presque agréable.
"I ain't sayin" vient conclure l'ensemble (sans parler de la Peel Session, du live, et de la sublime Keeblin pour les bonus), et une fois cet album terminé, on ne peut s'empêcher de penser qu'il est bel et bien indispensable. Cradingue et triste, acre tout en étant délicat, Dinosaur Jr. est une fois encore au sommet...
Il suffirait de se passer chaque intro et de l'arrêter pour se rendre compte que toutes les chanson "envoient". Le tout ne peut qu'être excellent. Le "saturation power" de "Out There", la douceur naïve de "Start Chopin", le tonitruant roulement/riff de "What Else Is New": "I'd like to see you don't you miss it ? I lied again today now I wish that you'd believe me when I need to You should be weary, I would if I were you..." Le coté neurasthénique, et le côté "je fais beaucoup de bulles quand je chante et je m'en fous" de Mascis viendrait-il d'un amour déçu et irremplaçable ?
"On The Way" déboule dans les enceintes, et c'est vers les hauteurs de "maximum" qu'il faut tourner le curseur. Brutale retombée avec la tendre "Not The Same", à ne surtout pas écouter après une rupture : "In a dream I always talk to you ; You seem fine again, my sweet, Feels alright to me". Le diagnostic est évident, les déceptions donnent de l'inspiration... La bonhomie de "Get Me", l'explosion du solo de "Drawerings", pour un retour tout en fanfaronnade de riffs et de roulements (en contraste avec les languissantes paroles) sur "Hide". On s'approche de la fin. Vient le récit de voyage, la chanson du baluchon déprimé, du solitaire reclus sur lui même : "Going Home": "I want to tell you that I miss you, but I'm pissed you blew me off I'm goin' home..." Le pire est que la douceur de la mélodie en rend l'abattement supportable, presque agréable.
"I ain't sayin" vient conclure l'ensemble (sans parler de la Peel Session, du live, et de la sublime Keeblin pour les bonus), et une fois cet album terminé, on ne peut s'empêcher de penser qu'il est bel et bien indispensable. Cradingue et triste, acre tout en étant délicat, Dinosaur Jr. est une fois encore au sommet...