Killing Joke

Killing Joke

Killing Joke

16 / 20 2003 Zuma Album / CD

Chronique de Abe-sapien (Xsilence) 17 / 20

Posté le 12/02/2007
Nouveau départ pour Killing Joke. Après avoir relancé violement la machine en 1994 grâce à un Pandemonium métallique, électronique et vénéneux à souhait, le groupe met les compteurs à zéro: album éponyme, mélange de toutes les innovations qu'il a pu tester dans les années 90, oubli de la période rock 1980, son novateur...

C'est ce son de guitare qui vient tout d'abord nous balancer un aller et retour. Geordie pousse au maximum ce son métal/indus qu'il avait amené sur Pandemonium et transformé en son de l'espace sur Democracy. Ici, les sons saturés comme les sons clairs sont totalement inédits et donnent une patine très particulière à la musique apocalyptique du groupe. La deuxième baffe vient de Dave Grohl que l'on retrouve derrière les fûts. Batteur vraiment en vogue après son hallucinante prestation sur Songs For The Deaf des Reines de l'âge de pierre, il paie ici son tribut à l'un des groupes ayant le plus influencé Nirvana et Kurt Cobain en particulier. The Death & Resurrection Show, encore une fois cette notion de renaissance, peut donc commencer. Malgré ce renouveau, on retrouve la patte Killing Joke : les textes crypto-mystiques d'un Jaz Coleman halluciné ("Asteroid", "Implant", "Dark Forces"...), les synthés renforçant le côté ésotérique, la voix aux multiples facettes du chanteur...
Cet opus suit moins une stricte ligne directrice musicale que ses prédécesseurs. Ici, malgré la cohérence et la tenue de l'album, les morceaux sont assez différents. Les rythmes, les structures, les lignes de chant sont originales et varient d'un morceau à l'autre. On a donc les charges barbares ("Asteroid", l'hallucinant "Seeing Red"), les morceaux plus calmes et posés, inspirés par "Democracy" ("Total Invasion", le génial "Blood On Your Hands", "The House That Pain Built")... Le titre "You'll Never Get To Me" fait un peu penser à ce que le groupe produisait dans les années 80 avec sa ligne de chant très mélodique, la rage et le son en plus. Le morceau "Dark Forces" commence lui comme un titre de black-metal pourri avant de dériver vers un refrain martial plombé porté par la voix rageuse de Jaz Coleman. "Loose Canon" quand a lui ouvre de nouvelles portes dans une direction purement electro.
Mention spéciale aux chefs d'oeuvre comme seul Killing Joke peut en pondre: "Blood On Your Hands" et son riff basique porté par les roulements de bûcheron de Dave Grohl, "Seeing Red" et sa première partie en voix claire complètement trippante avant une déferlante d'une brutalité salvatrice et "The House That Pain Built" dans la droite lignée des meilleurs titres de Pandemonium où le groupe livre un de ses meilleurs morceau grâce à des riffs et un refrain d'inspiration mystérieuse...

Malgré son statut de groupe 'culte' (c'est à dire ayant inspiré des tonnes de groupes) indiscutable, Killing Joke continue de livrer des albums référentiels et de débroussailler toujours davantage, en n'oubliant jamais de se remettre en cause, et ça c'est plus que respectable et ça fait plaisir à entendre.

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