Let's Bottle Bohemia

Let's Bottle Bohemia

The Thrills

14 / 20 2004 Virgin Album / CD

Chronique de Sirius (Xsilence) 16 / 20

Posté le 30/03/2010
La pochette sans doute, le 'Bohemia', et puis des Irlandais en plus. C'est con hein mais je croyais à un énième combo folkleux, type sous-Camper Van Beethoven, le genre barbiche et cul terreux. Enterré avant même d'avoir écouté. Il a suffit d'une chanson rencontrée, par hasard, dans une soirée plombée par un giga-best-of des Smiths (où était-ce les Housemartins?), pour changer de braquet à leur sujet.
De la pop, de la vraie. Pétillante comme l'urine d'un champion cycliste. "The Irish Keep Gate-Crashing". Ce rythme enlevé aux effluves Motown, ces cordes vertigineusement douces (ouais, Van Dyke Parks, en effet ça aide) ces 'aaaaa-iiii-aaaaa' crétinous en guise de refrain... c'est une gifle, un coup de fouet, qui vous intime l'ordre de sourire niaiseux, la truffe en l'air, les jambes en pas de danse. De l'imparable, si tant est que ce mot ait encore un sens dans une chronique de disque. Alors ensuite l'album...
Évidemment, il aurait été trop beau de s'être trompé 'à ce point', de découvrir absolument contrit, le génie d'un groupe dont on se contrefoutait quand tout le monde en parlait ; découvrir 9 autres pareilles, 9 autres chansons d'une puissance égale... Trop beau. Mais si Let's Bottle Bohemia n'est pas pur chef-d'œuvre, il est au moins ravissement, souvent remarquable, pour le bâfreur ès pop qui n'aurait pas peur du too much. C'est que ça envoie sévère dans l'émoi, faut pas s'y tromper (sinon ça peut faire mal), on fait dans l'épais ici, dans l'exacerbé. De vrais bourrins ces Thrills !
Toujours au cours de la chanson, de grandes flambées sentimentales, si ce n'est allumées, invariablement entretenues par un chanteur euh... très affecté. Un spécialiste, sans condisciples, du gémissement langoureux. Peut pas dire, il est raccord. Tout de même... à s'enfiler quand on a vraiment faim.

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