Chronique de Nikita Calvus (Xsilence)
Posté le 07/10/2006
Énorme disque de... "rock héroïque" ? C'est peut-être le seul groupe auquel cette étiquette un peu réductrice pourrait être accolée : le champ lexical, déjà : "The Charge", toutes les paroles de "Green and Grey", "White Coats", j'en passe et des meilleures parce que je n'ai pas le disque sous les yeux et que ça ne se fait pas pour une critique construite, je sais...
Tout le travail de New Model Army, en particulier de Justin Sullivan, bien sûr, parolier inspiré, de la race des véritables poètes de la working class à l'anglaise, est tendu, angoissé, nerveux, lyrique sans affectation, jamais : tout est incroyablement ressenti et colle régulièrement à tout auditeur attentif des frissons, voire de vraies larmes aux yeux ("Green and Grey", "Nothing Touches" et son incroyable pont d'oiseau tombé du nid : "Please take me home/ I am very young/ Please take me home"). Témoin les rythmiques, basse et batterie d'inspiration post-punk et militaire (échos manifestes du U2 de "War"), les guitares à l'attaque avec une virtuose sobriété, le chant, évidemment, primordial, couilles en avant du prolo ébahi, rendu enragé par l'absurdité du monde et nous prenant à témoin à chaque couplet désenchanté. À ce titre, le sublime "225" fait figure de référence quasi-vériste, campant une travailleuse paumée devant son écran d'ordinateur, le ballet de chasseurs de combat en manoeuvre au-dessus de sa tête, et l'incompréhension de Sullivan, ponctuant chaque fin de couplet : "She stares at the screen, at the little words of green/ Tries to do remember what to do next/ There's a trace of frustration that crosses her face/ Searching for the key she should press/ And I would help her if I only knew how/ But these things are a mystery to me too/ And it seems that the Corporate eyes they are watching/ She fears for her job and the moments are passing/ I stare at her nametag and I think to myself/ "Both you and I, we never asked for any of this".
Matt Johnson avait fait inscrire cette année-là sur la pochette d'un autre chef-d'oeuvre d'ambition rock ("Mind Bomb", de The The) ces conseils à l'auditeur : "À écouter très fort, très tard, très seul, et avec les lumières très faibles."
On ne saurait mieux conseiller aux bienheureux qui découvriraient aujourd'hui, un oeil attentif sur le livret, "Thunder and Consolation".
Tout le travail de New Model Army, en particulier de Justin Sullivan, bien sûr, parolier inspiré, de la race des véritables poètes de la working class à l'anglaise, est tendu, angoissé, nerveux, lyrique sans affectation, jamais : tout est incroyablement ressenti et colle régulièrement à tout auditeur attentif des frissons, voire de vraies larmes aux yeux ("Green and Grey", "Nothing Touches" et son incroyable pont d'oiseau tombé du nid : "Please take me home/ I am very young/ Please take me home"). Témoin les rythmiques, basse et batterie d'inspiration post-punk et militaire (échos manifestes du U2 de "War"), les guitares à l'attaque avec une virtuose sobriété, le chant, évidemment, primordial, couilles en avant du prolo ébahi, rendu enragé par l'absurdité du monde et nous prenant à témoin à chaque couplet désenchanté. À ce titre, le sublime "225" fait figure de référence quasi-vériste, campant une travailleuse paumée devant son écran d'ordinateur, le ballet de chasseurs de combat en manoeuvre au-dessus de sa tête, et l'incompréhension de Sullivan, ponctuant chaque fin de couplet : "She stares at the screen, at the little words of green/ Tries to do remember what to do next/ There's a trace of frustration that crosses her face/ Searching for the key she should press/ And I would help her if I only knew how/ But these things are a mystery to me too/ And it seems that the Corporate eyes they are watching/ She fears for her job and the moments are passing/ I stare at her nametag and I think to myself/ "Both you and I, we never asked for any of this".
Matt Johnson avait fait inscrire cette année-là sur la pochette d'un autre chef-d'oeuvre d'ambition rock ("Mind Bomb", de The The) ces conseils à l'auditeur : "À écouter très fort, très tard, très seul, et avec les lumières très faibles."
On ne saurait mieux conseiller aux bienheureux qui découvriraient aujourd'hui, un oeil attentif sur le livret, "Thunder and Consolation".